Tout a commencé lorsque sa mère, lasse de le voir jouer en pleine rue avec une bande d’amis, l’inscrit, sur les conseils d’une voisine, au club pour le voir s’épanouir. Si l’objectif était atteint, leur déménagement à Nouvelle-France, d’où il est originaire, peu de temps après, viendra compromettre son évolution au sein de la MCB Football Academy à St-Hilaire. «Pendan 1 an Sufyaan ti pe ale vini depi vendredis St-Hilaire, ale ress dan mosquee parski mo missie ti enkor imam. Se kan li finn arret travay ki lerla mo ti pe rode enn lot club lor Rose-Belle», explique Nafizah Jungeer. Or, ne voulant pas qu’il abandonne l’équipe, une des coach proposa à ses parents de l’y emmener tous les samedis matin.
Celui qui fait tout pour ne pas rater un match de foot à la télévision est aux anges depuis la confirmation de ce voyage. Un rêve qui lui semblait jusqu’ici inaccessible. À la question de savoir quel est le pays qu’il voulait visiter, Sufyaan répond Rodrigues. Sa mère explique alors que la famille projetait de se rendre à l’île Rodrigues; histoire de voyager en avion. Demeurant silencieux, pendant l’entretien, Sufyaan ne cache pas pour autant sa joie de s’envoler pour la Coupe du monde. S’il a toujours la tête dans les étoiles, et se dit «kontan» de cette opportunité, Sufyaan se garde toutefois de dire à quoi il s’attend, ou encore à quoi le match de foot ressemblera. D’ailleurs, raconte sa mère, depuis la confirmation du voyage, il est «très distrait à l’école ek nek rode badiner meme.»
Fan de Chelsea et de Ronaldo, l’écolier fait tout pour suivre un match à la télé: «Ena enn fois line ale dormi 1h du matin, ek mone fer colere ek li», rajoute sa mère.
Si c’est surtout ses résultats scolaires, avec trois A et un A+ qui lui ont valu d’obtenir ce voyage, le foot après les heures de classe lui est interdit, sauf en week-end. Et contrairement à St-Hilaire, où Sufyaan jouait avec ses amis, cette fois il s’adonne à sa seule passion avec ses cousins qui, ont pour la plupart 16 ans, 17 ans et 20 ans.
Depuis qu’il fréquente la MCB Football Academy, ses parents notent chez lui un épanouissement personnel et un enfant qui a appris le sens de la discipline et de la rigueur. Il nourrit le rêve de devenir policier.
Le voyage est tous frais payés et comprend les billets d’avion, l’hébergement, l’argent de poche, les billets d’entrée au match Espagne/Pays-Bas et une excursion.
Les raisons         derrière cette         récompense
La MCB Football Academy récompense Sufyaan avec ce voyage pour ses efforts non seulement sur le plan footballistique, mais aussi scolaire. Il s’est révélé être un exemple pour ses petits camarades de la MCBFA. Non seulement ceux de St-Hilaire, mais aussi de toutes les autres académies du pays, à savoir Camp-Levieux, Pailles, Poste de Flacq, Patate Théophile, Rodrigues, et prochainement à Petite Butte, également à Rodrigues. Le Groupe MCB a voulu donner la chance à un enfant de l’académie de rester connecté aux événements mondiaux et de pouvoir réaliser son rêve, quelles que soient les difficultés de la vie.
En effet, pour l’académie, cette initiative est en ligne avec la philosophie de la MCBFA qui estime que l’environnement d’un enfant façonne son avenir. Si un jeune vit et grandit dans un milieu caractérisé par la pauvreté, la désorganisation de la cellule familiale ou la violence, ses chances de réussite dans la vie sont nettement réduites. La MCBFA utilise donc le football comme un langage universel capable de véhiculer des messages et, dans ce cas, d’assurer l’intégration sociale de ses jeunes membres. Sur le terrain, le coaching permet de tisser un lien entre l’encadreur et l’enfant. Ainsi, il devient plus facile de lui inculquer des valeurs. Le football permet de forger des attitudes positives. Entre les mains du coach, le ballon rond prend une toute nouvelle dimension et dispense des valeurs telles que la discipline, l’intégrité, l’esprit d’équipe, la confiance et le respect entre autres.
Il est également important de noter que l’éducation est un autre volet important de l’académie. Tous les membres de la MCBFA doivent obligatoirement être scolarisés. Un suivi de leur éducation est effectué sur une base permanente grâce à un partenariat avec les institutions que fréquentent ces enfants. L’éducation est, après tout, le passage obligé pour un avenir meilleur. Les parents sont également accompagnés via une formation dédiée, et des experts interviennent dans des situations spécifiques.