Les magistrats Renuka Dabee et Vijay Appadoo ont rendu ce matin un ruling en faveur de la poursuite l’autorisant à continuer l’exercice de « refreshing of memory » du témoin Amina Rojoa dans l’affaire MCB/NPF afin qu’elle puisse procéder à son interrogatoire. Les magistrats ont statué que c’est à la Cour d’apprécier le témoignage de l’ancienne Principal Accountant du ministère de la Sécurité sociale et de déterminer sa véracité. D’autre part, alors que Me Rashid Amine de la poursuite a voulu questionner le témoin sur un document qui avait été produit par la défense lors du contre-interrogatoire lors du premier procès, Me Maxime Sauzier a fait part de son désaccord, plaidant pour « unfairness towards defence party ».
Lors de la séance de mardi, la défense menée par Me Maxime Sauzier (SC), Me Eric Ribot (SC) et Me Ribot Jr avait logé une motion pour contester le fait que la mémoire de la Principal Accountant Amina Rojoa soit ravivée à chaque question lors de l’interrogatoire par la poursuite. En effet, le témoin devait à maintes reprises dire à la Cour qu’elle ne se souvenait plus des événements, poussant la poursuite à lui lire ses dépositions données à la police en 2003. Dans leur ruling rendu aujourd’hui, les magistrats ont souligné qu’il n’y a aucune loi qui limite le nombre de fois qu’un avocat peut raviver la mémoire d’un témoin pour le bénéfice de l’interrogatoire. La Cour a tenu compte du fait que cette affaire remonte à plus de dix ans et qu’il est normal que l’ancienne Principal Accountant ne se souvienne plus de certains faits. La Cour a ainsi autorisé la poursuite à continuer l’exercice de « refreshing of memory », vu qu’elle le fait dans les paramètres prescrits par les juridictions britanniques. Les magistrats ont statué que c’est à la Cour d’apprécier le témoignage d’Amina Rojoa.
Alors que Me Rashid Amine allait questionner le témoin sur le rapport annuel de la MCB, lui demandant d’identifier le document, Me Maxime Sauzier a fait part de son désaccord car ce document avait été produit par la défense lors du contre-interrogatoire lors du premier procès. Pour rappel, le procès intenté par l’ICAC à la MCB a a repris le 4 décembre devant un nouveau panel de magistrats. Me Sauzier a soutenu que si de telles questions sont permises durant l’interrogatoire, cela constituerait une « unfairness towards the defence part ». Il a demandé à ce que la poursuite ne rectifie pas ce qui avait été dit lors du contre-interrogatoire lors du premier procès. Me Amine a pour sa part avancé que vu que c’est un nouveau procès, la Cour ne devrait pas s’attarder sur ce qui s’était passé dans le premier et que la poursuite peut produire de nouveaux documents. Les magistrats leur ont alors demandé de se concerter pour trouver un accord sur ce sujet car la défense n’a pas avancé d’objection formelle. La séance a repris dans l’après-midi.
Appelée à la barre des témoins, Amina Rojoa a une fois de plus répondu aux questions de la poursuite avec beaucoup d’incertitudes, poussant la seconde à lui lire de temps à autre ses dépositions données à l’ICAC en 2003 car à un certain moment elle devait se contredire. L’ancienne Principal Accountant a relaté ce qui s’est passé après qu’elle eut appris que Robert Lesage était parti à la retraite. Elle avait pu l’avoir sur son téléphone portable et ce dernier lui avait garanti que l’argent était là et qu’elle ne devait pas se soucier. Elle lui avait demandé une lettre pour garantir que la somme représentant les fonds du NPF/NSF était bel et bien en banque. Une lettre en ce sens a bien été reçue, mais elle ne portait pas d’en-tête de la MCB, ni de signature ni de date. Reshad Hosany, alors PS à la Sécurité sociale, avait refusé d’accepter une telle lettre et insistait pour avoir une lettre en bonne et due forme. L’ancienne Principal Accountant n’avait jamais reçu d’autre lettre.