Dans un mémorandum contenant ses propositions en marge du Budget 2013 qu’elle a soumis à la fin de la semaine dernière au vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, la MCCI invite ce dernier à considérer l’opportunité d’un allègement du fardeau fiscal des entreprises, d’un assouplissement de la politique monétaire à travers une réduction du taux directeur (de 4,9 % à 4,5 %) et des mesures en vue d’augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs sous forme de réduction du taux d’imposition des revenus des ménages ou des taxes indirectes. La MCCI, qui fait également des propositions pour stimuler le développement dans divers secteurs de l’économie, soutient dans son mémorandum, que le budget 2013 doit contenir de nouvelles politiques et mesures pour renforcer la résilience de l’économie nationale.
L’appel de la MCCI aux autorités pour aider l’économie mauricienne à exploiter tout son potentiel, voire à se réinventer face à l’adversité, a pour toile de fond l’aggravation de la situation économique globale, en particulier chez les principaux partenaires commerciaux de Maurice. La MCCI considère que l’estimation d’un taux de croissance de 4 % en 2013 « is looking increasingly unachievable in the current situation and with the existing set of policies ». La Chambre a, lors d’une conférence de presse tenue vendredi, laissé entendre qu’elle anticipe un taux de croissance de 2,9 % pour l’année prochaine contre 3 % en 2012. Elle pense que la présente stratégie économique du pays contient des éléments de base pour une croissance solide mais qu’il y a lieu d’apporter des retouches eu égard aux récents développements au plan international.
La MCCI est d’avis que le gouvernement dispose d’un fiscal space adéquat pour proposer de nouvelles incitations fiscales aux entreprises tout en maintenant un niveau de dépenses budgétaires raisonnable. Elle estime que la taxe uniforme de 15 % sur les profits des entreprises et les revenus des individus ne devrait pas être alourdie. Bien au contraire, la MCCI plaide pour une réduction de la Corporate Tax de 15 % et/ou l’abolition des autres types de taxes (taxe de solidarité sur les hôtels, les banques et les compagnies de télécommunications). Une telle démarche, ajoute-t-elle, « will send a strong signal that the growth agenda is very much prominent for the Government ». La Chambre croit qu’on peut même dans certains cas exceptionnels pratiquer des « negative tax rates » sous forme de subvention à des entreprises. Elle estime que le régime fiscal applicable aux sociétés opérant dans les secteurs du Global Business et du port franc doit être maintenu.
Au niveau de la politique monétaire, la MCCI soutient qu’une baisse du taux directeur à 4,5 % ainsi qu’un engagement que ce taux ne dépassera pas 5 % pour un minimum de deux ans « would provide local businesses and consumers with greater certainty about the availability of low-cost borrowing as they consider making investments or major purchases and investment ». Une telle politique va donner l’impulsion voulue à l’activité économique.
Par ailleurs, la MCCI considère que l’objectif à long terme de la politique de taux de change est d’assurer la stabilité de la roupie, de préférence vis-à-vis d’un panier de devises, alors que dans le court à moyen terme, il faut que la roupie retrouve son niveau d’avant 2009 (ce qui corrigera son appréciation de ces dernières années).