Après un recul de 12 points au cours du trimestre précédent, l’indicateur synthétique du climat des affaires établi par la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) a repris légèrement son mouvement à la hausse au quatrième trimestre 2011, progressant de 1,1 point pour se fixer à 100,1 points, soit un niveau tout juste supérieur à la moyenne de base (100 points). Pour les dirigeants de la Chambre, l’amélioration de l’indice résulte du double effet d’une évolution favorable des affaires et d’une gestion plus rigoureuse des stocks. Le budget 2012 a apporté un « feel good factor » chez les entrepreneurs mais ces derniers appréhendent toujours l’avenir au vu d’une conjoncture internationale difficile, estime la Chambre.
Pour la MCCI, les facteurs clés derrière l’amélioration du climat des affaires peuvent être résumés ainsi : a) l’approche des fêtes de fin d’année devrait contribuer à une progression des ventes par rapport au troisième trimestre ; b) une amélioration de la conjoncture en particulier pour les grandes entreprises qui se répercute sur leurs sous-traitants de par l’interdépendance de notre tissu économique ; c) une diversification antérieure des activités qui commence à payer des dividendes ; d) la capacité des entreprises à s’adapter rapidement aux changements externes ; et e) la mise en place de nouveaux outils de marketing et de prospection commerciales s’est avérée payante.
Lors d’une conférence de presse ce matin, Mahmood Cheeroo et le Dr Renganaden Padayachy, respectivement secrétaire général et manager designate de la division d’analyse économique de la MCCI, ont indiqué qu’environ 39 % des sondés ont affirmé que la situation des affaires s’est améliorée comparativement au trimestre précédent, que 17 % ont estimé qu’elle s’est dégradée alors que 43,8 % ont constaté une stabilisation. Une analyse sectorielle des indicateurs de confiance fait voir qu’à l’exception des services, la situation a évolué positivement. S’agissant du secteur commercial, après une baisse de plus de 8 points au troisième trimestre, l’indicateur repart légèrement à la hausse pour s’établir à 70,9 points (+1 %) mais du fait que le niveau reste toujours sous la moyenne de base de 100 points, la Chambre considère que ce secteur est très fragile. Le solde des chefs d’entreprises du secteur commercial est positif à 14,3 %. Quatre sondés sur dix affirment que leur situation économique et financière s’est améliorée au cours du quatrième trimestre. Toutefois, on remarque que les perspectives dans les court et moyen termes semblent être défavorables, le solde des anticipations étant négatif de 34,3 points. Nombre de commerçants ont indiqué à la Chambre qu’ils envisagent de diversifier leurs activités et on note que le solde est positif concernant l’emploi dans ce secteur.
Possibles licenciements
Pour ce qui est du secteur manufacturier, l’indicateur de confiance a gagné 4,1 % pour atteindre 96,2 points. Le solde d’opinion des chefs d’entreprises sur la situation actuelle est positif de 43,9 points. Au moins un chef d’entreprise sur deux annonce une amélioration de la situation économique et financière de son entreprise. Mais, on constate également que 53,7 % des sondés dans ce secteur sont pessimistes concernant l’avenir et que 39 % ne s’attendent pas à une amélioration des affaires au cours du premier trimestre 2012. On relève par ailleurs que 85 % des entreprises ont l’intention de maintenir leurs effectifs.
Dans le secteur des services, l’indicateur du climat des affaires continue à se dégrader au quatrième trimestre, se chiffrant à 149,9 points (-2,8 %), après une chute de 20 points au troisième trimestre. Le sondage de la MCCI établit que 36 % des opérateurs de ce secteur anticipent une baisse des affaires au cours des trois prochains mois alors que 47,2 % n’entrevoient aucune amélioration. Pour la MCCI, cette perception pourrait avoir des incidences sur l’emploi, environ 11 % des opérateurs annonçant de possibles licenciements à moyen terme.
La MCCI est d’avis que ce sont les secteurs du commerce et de la manufacture qui ont créé la dynamique qui a permis d’enregistrer une légère augmentation de l’indice général au dernier trimestre 2011. L’enquête de conjoncture ayant été menée entre le 16 novembre et le 6 décembre, la Chambre croit que les mesures budgétaires 2012 ont redonné un peu de confiance aux chefs d’entreprise. Mais, les entrepreneurs ont une mauvaise perception quant à l’évolution future des affaires. « Il est à noter que plus de 60 % des panélistes jugent la situation économique du pays et son évolution comme inquiétante et que seulement 5 % la jugent favorable », affirme le Dr Padayachy.
La Chambre estime, en fin de compte, que les résultats de son enquête viennent confirmer que la conjoncture serait plus difficile en 2012 car « il y a des craintes d’une rechute des économies occidentales dans la récession, ce qui pourrait brider les perspectives de croissance à l’échelon national ».