Le ministre des Affaires étrangères a mis l’accent sur le potentiel « immense » que représente l’Afrique pour Maurice ce matin lors du MCCI Breakfast sur le theme « Regional Market : Opportunities and Challenges ». Arvin Boolell s’est prononcé pour le développement d’une synergie entre public et privé pour dégager une stratégie visant à mieux exploiter ce potentiel. Il a aussi déploré « le peu d’intérêt » des hommes d’affaires locaux à investir dans les terres mises à la disposition de Maurice par le Mozambique. 
« High risk high reward ! » C’est ce qu’a lancé le ministre des Affaires étrangères aux investisseurs mauriciens présents ce matin au MCCI Breakfast. Cependant, a précisé Arvin Boolell, les risques diminuent et les autorités mauriciennes multiplient les initiatives en vue de permettre non seulement au secteur manufacturier mais aussi au secteur des services à s’y installer. 
M. Boolell a reconnu la nécessité d’avoir un encadrement régulateur notamment pour le secteur des services. « Les occasions sont là cependant il faut les saisir », a dit le ministre. Ce dernier a fait remarquer que « les pays moins avancés n’ont pas les mêmes ambitions que nous »
« Il ne faut pas que les problèmes nous empêchent de démarrer. Dans quelques années, environ 150 millions de personnes auront le pouvoir d’achat… » a déclaré Arvin Boolell. Et d’ajouter : « Maurice est un net importing country. Nous disposons de terres au Mozambique et le gouvernement facilite la tâche des Mauriciens. Nous souhaitons que les entrepreneurs en prennent avantage. Certaines compagnies se sont manifestées mais ce n’est pas suffisant. Nous voulons produire ce que nous consommons dans la région. »
Le ministre a observé qu’avec l’agrandissement du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa), les exportations de Maurice s’élèvent aujourd’hui à Rs 20 milliards. Celles vers les pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) tournent autour de Rs 9 milliards. Il y a aussi un marché au sein de la Commission de l’océan Indien (CoI). « D’où l’importance de Madagascar, et ce malgré ses difficultés. » La Grande île dispose d’un marché de Rs 22 millions. « L’accès au marché n’est pas un problème. Les problèmes non tarifaires sont en voie d’être résolus. Nos entrepreneurs doivent s’intéresser au secteur de la construction, au développement structurel et aux autres secteurs des services… L’Afrique dispose d’un potentiel immense pour Maurice », a soutenu M. Boolell. Le ministre s’est aussi prononcé en faveur d’une synergie gouvernement / secteur privé. « Nous devons travailler dans un élan national avec un esprit patriotique. »