La Mauritius Chamber of Commerce and Industry a relevé très légèrement son estimation du taux de croissance de l’économie mauricienne pour cette année, la fixant à 3,9 % au lieu de 3,8 % comme prévu en novembre dernier. « Cette révision à la hausse ne doit pas occulter les défis qui demeurent, du fait de plusieurs facteurs dont la crise de la zone euro », ont prévenu Mahmood Cheeroo et le Dr Renganaden Padayachy, respectivement secrétaire général et macro-économiste de la MCCI lors d’une conférence de presse ce matin.
S’étendant sur la méthodologie utilisée et les différentes hypothèses tenues en compte en vue de l’établissement d’une estimation du taux de croissance pour cette année, les dirigeants de la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) ont indiqué que les principaux variables considérés sont : un taux d’inflation de 5,5 % (6,5 % en 2011), un taux de chômage de 8 % (7,9 % en 2011), une variation en termes réels des investissements totaux de -1 % (0 % en 2011), un accroissement en termes réels des importations de biens et services de 5 % (contre 6,7 % en 2011), une hausse en termes réels des exportations de biens et services de 5 % (par rapport à 6,4 % en 2011), l’arrivée de 950 000 touristes (964 642 l’année dernière) et une baisse de la valeur moyenne de la roupie en 2012 par rapport à la moyenne de 2011.
« Nous constatons par rapport à notre estimation de novembre dernier que les perspectives de l’économie mauricienne s’améliorent à la marge. Toutefois, la croissance devrait être faible, en dessous du seuil de 4 %, loin de notre potentiel et de notre objectif de 6 % », a déclaré le Dr Renganaden Padayachy. Poursuivant son analyse, le macro-économiste de la MCCI attribue la révision à la hausse du taux de croissance à la combinaison favorable de trois facteurs : a) de meilleures perspectives de l’économie mondiale comme souligné par le Fonds Monétaire International (FMI) dans ses prévisions rendues officielles le mois dernier, b) la baisse du taux d’intérêt directeur en mars 2012 influera positivement sur la croissance économique, « toutes choses étant égales par ailleurs », c) une perception positive des entrepreneurs quant à l’évolution future de leurs affaires comme indiqué dans la dernière enquête de conjoncture réalisée par la Chambre il y environ deux mois.
Se référant d’abord à l’économie mondiale, la MCCI observe que, selon le dernier rapport du FMI sur les « Perspectives de l’économie mondiale », le redémarrage de l’activité laisse espérer une amélioration progressive de la croissance mondiale à 3,5 % en 2012 au lieu de 3,3 % comme annoncé initialement alors que pour 2013, on s’attend à une croissance de 4,1 %. « Une amélioration même légère de la conjoncture sur nos marchés clés, en particulier dans la zone euro et les États-Unis, favorisera la demande extérieure, contribuant ainsi à une meilleure performance de l’économie mauricienne pour 2012 », fait ressortir le Dr Padayachy.
Pour qui est de la baisse du taux d’intérêt directeur, la MCCI est d’avis qu’elle aura des incidences positives sur la consommation, l’investissement, la valeur de la roupie et les prix des biens et services. « Cette baisse allégera les charges d’intérêts et diminuera ainsi le poids de l’endettement », soutient la Chambre. Elle ajoute que la réduction du Key repo rate provoque à terme une dépréciation du taux de change à condition qu’il n’y ait pas d’intervention sur le marché. « C’est une variable favorable à la compétitivité et à la production locale de biens et services », analyse le Dr Padayachy.
La MCCI a également pris en considération dans ses prévisions économiques des données récentes sur la perception des entrepreneurs concernant l’évolution future des affaires. Il y a amélioration de la perception générale quant à une évolution positive de la conjoncture. « Ainsi, nous pouvons penser que nous nous trouvons, de nouveau, dans une phase de reprise, même si cette dernière peut être considérée comme progressive », font remarquer les dirigeants de la MCCI. Ils ont cependant mis en garde contre un optimisme démesuré car, comme l’a souligné le FMI, les progrès dans les économies développés et émergentes sont très fragiles. Il y a toujours des risques d’une rechute de la zone euro et d’une éventuelle crise pétrolière. « Ces risques font qu’il sera difficile pour Maurice de répéter le chiffre de 2011, à savoir un taux de croissance de 4 % », ajoute la MCCI.