Le climat de confiance des affaires dans le pays continue à se détériorer avec l’enregistrement d’une baisse de 3,1 % de l’indicateur synthétique de la MCCI pour le quatrième trimestre de 2012. Sur la base des données recueillies lors d’une enquête réalisée entre le 19 novembre et le 7 décembre, la MCCI constate que l’indice a perdu plus de 2,7 points (3,1 %) entre octobre et décembre de cette année et s’établit, désormais, à 85,4 points, soit le niveau le plus bas depuis le lancement de cet indicateur.
« Nous constatons que presque toutes les variables utilisées dans l’estimation de cet indicateur sont défavorables. Que ce soit le niveau des commandes fermes, les anticipations des entrepreneurs sur l’évolution future des affaires, ou encore les perspectives d’embauches, elles sont toutes défavorables actuellement », relève Mahmood Cheeroo, secrétaire de la MCCI. Il n’y a que la variable de la gestion des stocks qui a été favorable à l’estimation de l’indice.
Ce résultat est d’autant plus préoccupant que cette période de l’année est généralement marquée par un certain dynamisme de l’activité économique, dû aux fêtes de fin d’année. « Que ce soit en 2010 ou en 2011, l’indice du climat des affaires à Maurice avait connu des hausses significatives au quatrième trimestre », constate Renganaden Padayachy ? « Cela démontre que la durée de cette crise est en train d’affecter les capacités de réaction de notre tissu économique et qu’il devient urgent de revoir certains éléments de l’accompagnement des entreprises face à la crise qui perdure », souligne-t-il.
Environ 23 % des entreprises sondées ont indiqué avoir constaté une dégradation de leurs situations économiques et financières ainsi qu’une baisse de leurs niveaux de commandes fermes au cours des trois derniers mois. Toutefois, environ 21 % ont constaté une amélioration et pour le reste des panélistes, il n’y a eu ni amélioration ni détérioration des affaires au cours de ce trimestre.
Sur l’évolution future des affaires, les anticipations des entrepreneurs sont plus négatives (-11,9 points). Plus du quart des sondés indiquent qu’ils prévoient une détérioration des affaires au cours du premier trimestre 2013 et environ 61 % ne prévoient ni amélioration ni détérioration. « Nous constatons une corrélation entre la détérioration du climat de confiance, d’une part, et la montée des appréhensions des entrepreneurs quant à la conjoncture économique locale, d’autre part », relève Renganaden Padayachy
À la question concernant la conjoncture économique locale, le solde des opinions est négatif. Plus de 28 % des panélistes jugent la situation économique du pays et son évolution comme défavorables et seulement 5 % des sondés jugent favorable la situation économique locale. Quant à la différence, soit 66 % du panel, ils répondent : « Ni bonne ni mauvaise. »
« À partir des données recueillies, nous pouvons identifier les arguments expliquant la détérioration du climat des affaires, à savoir : une conjoncture toujours aussi difficile. Cela fait cinq ans que le monde est entré en crise, l’économie mondiale est malade, d’ailleurs certains entrepreneurs n’entrevoient pas de guérison complète de sitôt ; tenant compte de notre degré de dépendance vis-à-vis de l’Europe s’agissant de nos exportations de biens et services, la dégradation de la conjoncture économique sur cette zone a eu des répercussions sur certaines entreprises mauriciennes ; une demande locale stagnante ou en baisse due à la frilosité d’une grande partie des consommateurs, plus prudents dans leurs achats ; l’absence de visibilité à moyen terme désoriente les entrepreneurs. »