Presque un an après les révélations des dessous des commissions de 4 % sur le chiffre d’affaires de la Mauritius Duty Free Paradise Ltd (MDFP), rapportant Rs 100 millions à l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam et son entourage, de nouveaux développements sont attendus dans les prochains jours au niveau de l’enquête du Central CID. De sources bien informées, un ex-Top Gun, basé à l’époque au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport, qui a pu passer à travers les mailles du filet, pourrait être inquiété sur la base de nouveaux éléments à charge sous la forme de « Damning e-mails ». Toutefois, dans l’immédiat, soit dans la journée de demain, les yeux seront tournés vers la Cour d’appel de Bologne, la requête des autorités mauriciennes pour l’extradition de Nandanee Soornack figurant de nouveau sur le Roll de cette instance judiciaire en Italie. À ce stade, il est considéré comme prématuré de faire un pronostic sur la décision des trois juges italiens siégeant en appel.
Des recoupements d’informations auprès des sources concordantes indiquent que l’enquête du Central CID dans les commissions de Rs 100 millions versées par la société Dufry, basée en Suisse, avec Navin Ramgoolam déjà inculpé provisoirement, devra être relancée dans les prochains jours. Les limiers du Central CID sont en présence d’une série d’e-mails compromettants et engageant la responsabilité d’un responsable à l’aéroport, que ce soit au niveau de la Mauritius Duty Free Paradise Ltd ou encore d’Airports of Mauritius Ltd, qui aurait été une des plus importantes courroies de transmission des directives venant de l’ancien Premier ministre.
À ce jour, cet ex-Top Gun n’a pas été encore inquiété par l’enquête criminelle sur les commissions, représentant 4 % du chiffre d’affaires de la Mauritius Duty Free Paradise Ltd sous la forme d’un Sales Agency Agreement avec le tandem Rakesh Gooljaury et Nandanee Soornack. Toutefois, des vérifications dans les archives et autres fichiers informatiques à la Mauritius Duty Free Paradise Ltd, entreprises ces derniers temps, ont permis de découvrir une série d’emails émanant de ce responsable au sujet des négociations de cet accord avec la Mauritius duty Free Paradise Ltd et la société Dufry de Suisse ouvrant la voie à des commissions. Ces e-mails remonteraient à la fin du troisième trimestre de 2013 quand le renouvellement du contrat de la société Dufry pour la fourniture des produits hors taxes et la gestion des boutiques hors taxes était à l’ordre du jour.
Des sources contactées par Le Mauricien ont résisté à la tentation de révéler la teneur de ces messages e-mails pour ne pas entamer l’intégrité de ce volet de l’enquête du Central CID. Mais les destinataires de ces « petits messages » n’étaient nuls autres que celle qui est désormais connue comme Madam Ou Kone Ki Mwa, la femme la plus puissante à Maurice jusqu’à sa fuite en Italie le 11 décembre 2014, et Rakesh Gooljaury, le patron de Fashion Style, devenus sous le gouvernement de Lalians Lepep « l’homme le plus protégé (dans tous les sens du mot) et plus écouté ».
La convocation de cet ex-Top Gun à l’aéroport devra intervenir prochainement, une fois que les enquêteurs du Central CID auront bouclé l’examen de ces éléments. Il devra être confronté à cette Documentary Evidence au sujet de son implication dans les dessous des commissions de Rs 100 millions avec pour Ultimate Beneficiairy Navin Ramgoolam. La version des faits de Rakesh Gooljaury au sujet de ces discussions devra également être consignée en vue de donner du poids à ces preuves.
Force est de constater que dans un premier temps, le duo Gooljaury et Soornack, les anciens favoris de l’ex-Premier ministre, avaient servi de paravent pour des comptes bancaires en Suisse avec les virements de ces commissions, avec une participation à parité au sein de Frydu, société incorporée par Nandanee Soornack en Suisse. Toutefois, après octobre 2013, avec la signature de l’accord sur les commissions à 4 %, soit les Rs 100 millions, un changement était intervenu avec Nandanee Soornack et Rakesh Gooljaury remplacés par la société Wigan Associates, basée à Chypre avec en tête de liste l’Irlandais Frank Gleeson, l’homme de confiance de Navin Ramgoolam, et également Laurent Obadia, dont les entrées et sorties au sein du gotha politique socialiste en France sont connues.
En parallèle, des démarches initiées au niveau de l’Attorney General’s Office sous la Legal Mutual Assistance avec la Suisse ont débouché sur des échanges de correspondances en vue d’obtenir l’autorisation pour retracer les Rs 100 millions de commissions versées comme suit :
À la VP Bank (Schweiz) AG à – 24 octobre 2012 : 431 000 euros
– 2 mai 2013 : 211 351 euros
– 21 octobre 2013 : 464 179 euros
Puis à Union Bancaire Privée, UBP SA, Rue du Rhône, Genève :
– 6 février 2014 : 389 558 euros
– 16 juillet 2014 : 337 134 euros et
– le 16 janvier 2015, bien après la déroute électorale de Navin Ramgoolam : 296 477 euros.
Zurich au nom de Frydu :