Une grève de la faim à partir du 19 juillet au Jardin de la Compagnie, Port-Louis, pour forcer leur réintégration ainsi que le remboursement de leurs arrérages. C’est ce qu’ont annoncé hier les 14 des 23 licenciés de la Mauritius Duty Free Paradise Ltd (MDFP) lors d’une conférence de presse au Centre social Marie Reine de la Paix, Port-Louis. Jack Bizlall a lui aussi signifié son intention de participer à ce mouvement de contestation.
Le 1er juin, 23 employés de la Mauritius Duty Free Paradise Ltd (MDFP), recrutés en septembre 2013, ont été licenciés, et ce après presque trois ans et demi de service. Des 23 licenciés, neuf ont accepté une compensation de trois mois par années de services. Les 14 autres ont toutefois refusé, estimant que leurs droits ont été lésés et qu’ils sont « victimes de discrimination ».
Le problème, dit Jack Bizlall, « c’est que ces licenciements ont été effectués en violation de plusieurs dispositions de l’Employment Rights Act (ERiA) ?! ». L’activiste social explique que le syndicat a réclamé, le 3 mars dernier, que les employés ayant un contrat à durée déterminée et 24 mois de service continu bénéficient d’un contrat à durée indéterminée, suivant la Section 5 de l’ERiA. « Un représentant du ministère du Travail a contacté le CEO de la MDFP et celui-ci a promis de donner une réponse. Mais au lieu d’agir selon la loi, le CEO a décidé de licencier les employés concernés, ce qui est contre la loi », poursuit notre interlocuteur.
Des caissiers recrutés sous le nouveau gouvernement de l’Alliance Lepep (c’est-à-dire après décembre 2014) touchent un salaire de Rs 17 000 tandis que les 23 recrutés en septembre 2013 touchent, eux, un salaire de Rs 10 000. « Le plus révoltant, c’est que ces 23 employés ont été licenciés sous aucune autre raison que leur affiliation politique alléguée. Notre république ne peut tolérer cette discrimination flagrante et cet ostracisme politique », ajoute t-il.
Les licenciés ont décidé de saisir l’Equal Opportunities Commission et la National Human Rights Commission. « Sans compter que la MDFP viole le principe d’equal remuneration for work of equal value, comme stipulé dans la Section 20 de l’ERiA », ajoute-t-il.
Jack Bizlall se dit d’autant plus « révolté » que la MDFP a fait publier le 8 juillet dans la presse un avis de recrutement pour le poste de Sales Assistant. « Zot pe tir 23 anploye pou zot ranplas par 23 lezot dimounn. Li inakseptab ! » a-t-il fait comprendre.
Jevina Ramasawmy, porte-parole des licenciés, a annoncé qu’ils ont décidé d’entamer une grève de la faim à partir du 19 juillet pour réclamer leur réintégration et le remboursement de leurs arrérages. « Avan nou koumanse, nou pou fer enn manifestasion divan biro Premie minis ?! » a-t-elle annoncé.