Les problèmes des employés de la Mauritius Duty Free Paradise Shop (MDFPS) perdurent. Après les changements drastiques intervenus depuis l’entrée au pouvoir de la nouvelle direction, avec notamment des suppressions de poste et des transferts défi ant la logique, le management s’attaque cette fois aux horaires de travail. C’est ce qui ressort de l’assemblée générale qui s’est déroulée vendredi dernier, en présence d’un grand nombre d’employés qui contestent les nouveaux règlements émis récemment, dont le nouveau roaster imposé sur les beauty consultants et les supervisors. La direction refusant de revenir sur leur décision, les employés ont déclaré litige et compte servir ce lundi, une mise en demeure au management. Ils ont également saisi le ministère du Travail de cette affaire, estimant que les décisions qui sont prises par le nouveau CEO vont à l’encontre de l’Employment Relations Amendment (ERA) Act et du contrat de travail qu’ils ont signé en intégrant la MDFPS.
“Le management est en train de bouleverser tout le système de travail à l’aéroport”, disent les employés. Pour cause, depuis l’arrivée du nouveau CEO, Simo Carevic, les décisions prises concernant le personnel attaché aux boutiques hors-taxes ne sont pas en conformité avec nos lois, disent les employés. Ainsi, outre l’exercice de musical chair auquel les employés ont eu droit – certains transférés du store ou du département des Ressources Humaines pour atterrir dans les boutiques – cette fois, c’est aux horaires de travail auxquels s’est intéressé le management. À partir de lundi, les beauty consultants et les supervisors devront opérer selon un nouveau roaster.
En ce qu’il s’agit des beauty consultants, le management a décidé qu’à compter de demain, elles devront travailler cinq soirs par semaine, alors qu’actuellement elles opèrent selon le roaster de la majorité du staff de la MDFPS, soit 2 journées de travail et deux jours de congé, étalés sur 40 heures de travail par semaine, avec dans certains cas, un maximum de deux soirs par semaine. En ce qu’il s’agit des supervisors, leur roaster comprenant deux shifts devrait aussi changer, le management ayant décidé que dorénavant, ils travailleraient sur un seul shift de 10h30 étalé, dépendant des semaines, sur 3 ou 4 jours. Or, disent ces employés de la MDFPS, ce n’est pas ce qui est écrit dans leur contrat de travail. “Le management est en train de prendre des décisions qui vont à l’encontre de l’ERA Act. Nous ne pouvons pas travailler dans ces conditions”, protestent-ils.
Modification des contrats overnight
Lors de l’assemblée générale qui s’est tenue vendredi dernier, cette question a été soulevée. Cependant, selon nos informations, la direction de la MDFPS refusant de revoir sa copie, les employés, à travers leur syndicat, ont déclaré litige. Ils ont consulté leur homme de loi et devraient servir, dès demain, une mise en demeure au management. Ils ont également saisi le ministère du travail de cette affaire, estimant que les agissements et décisions du management ces derniers jours vont à l’encontre des lois du travail à Maurice.
Les employés de la MDFPS déplorent de même qu’en ce qu’il s’agit du remaniement des postes dans les boutiques hors taxes, avec l’arrivée du nouveau CEO, la hiérarchie et l’ancienneté des travailleurs ne sont pas respectées. “Certains employés ont été downgraded “, disent-ils. A titre d’exemple, ils font ressortir que sans préavis, le contrat des “shift leaders” – responsables de la coordination du travail dans les différents départements et de la prise en charge si les opérations managers sont absents – a été modifié. Désormais, s’insurgent les employés de la MDFPS, les shift leaders sont emmenés à faire le travail des supervisors, soit un poste inférieur au leur. Outre ce downgrade, les employés déplorent que ceux disposant non seulement des qualifi cations mais aussi de plusieurs années d’expérience, qui méritent des promotions, sont lésés. “Le management est en train de miner les employés. La modification de nos contrats overnight, et les changements apportés, sans préavis sont des injustices faites aux employés. Ce n’est pas légal”, disent-ils.
Et de déplorer également que si d’une part, depuis l’arrivée de Simo Carveric, plusieurs employés ont été mutés du store dans les boutiques hors taxes alors qu’elles ne disposeraient pas des compétences nécessaires à ce poste – la direction supprimant les postes dans le store, en raison, selon elle, d’un surcroît d’effectif,- d’autre part, avec l’arrivée à terme du contrat d’une dizaine de stagiaires qui travaillaient dans le store, le 31 janvier, il y aura un manque accru d’effectifs dans ce département.
Transport : d’autres employés à bord
“Pour quelles raisons est-ce qu’on a supprimé des postes dans le store alors qu’il va falloir recruter pour pouvoir assurer le travail avec le départ des stagiaires?” se demandent les employés de la MDFPS. Ils font ressortir que le chamboulement ne concerne pas uniquement les boutiques hors-taxes mais aussi d’autres départements. Ainsi ils se disent étonnés que depuis peu, alors qu’ils disposaient de leur propre moyen de transport organisé par leur entreprise, les employés des autres boutiques hors taxes de l’aéroport voyagent par les vans que la MDFPS met à la disposition de ses employés. Ils avancent que ce sont surtout des employés de Fashion Style, dont l’un des propriétaire est Rakesh Gooljaury, qui bénéfi cieraient de cette nouvelle donne.
Les interrogations fusent également en ce qu’il s’agit du store de la MDFPS qui ne se désemplit pas des produits des boutiques Fashion Style mais au contraire qui s’accumulent alors que le mot d’ordre du nouveau CEO de la MDFPS est que tout doit partir. Selon nos informations, une réunion a eu lieu la semaine dernière entre les dirigeants de Fashion Style et la direction de la MDFPS pour trouver une solution à ce problème. Pour l’heure le statu-quo est de mise.
Entre-temps, les employés de la MDFPS disent travailler dans un climat de terreur. “Si ça continue, ce sont les passagers qui en pâtiront”, préviennent-ils.
Ces employés soulignent que depuis la hausse exhorbitante des prix déjà, de nombreux passagers se sont plaints avec les sales assistants, estimant que le mot duty free ne devrait pas s’appliquer aux produits vendus dans les boutiques hors taxes de l’aéroport de Maurice car leur prix est jugé trop excessif. Si le management a été mis au parfum de ces réactions de la clientèle, jusqu’ici, le mot d’ordre reste “tout doit partir”. Dans ce climat délétère et avec les agissements de la direction, nombreux sont-ils, avec plus d’une quinzaine d’années de service, à craindre pour leur emploi.