Le nouveau conseil d’administration de la Financial Services Commission (FSC) présidée par le secrétaire financier, passe actuellement par une période de turbulences. Selon certaines informations, Me Antoine Domaingue a soumis sa lettre de démission de la FSC cette semaine suite à une réunion au cours de laquelle il aurait eu l’occasion de mettre les points sur les «i». Par la suite, il a fait parvenir une autre lettre au ministre de tutelle pour dire à quelles conditions il serait disposé à réintégrer le conseil d’administration de la Financial Services Commission.
C’est une déclaration du ministre Ivan Collendavelloo dans Le Mauricien d’hier qui a rendu publique la décision de Me Domaingue de se retirer du conseil d’administration de la FSC. La déclaration du ministre des Services publics se lit comme ainsi : «J’en appelle publiquement à mon ami Antoine Domaingue, qui a malheureusement démissionné du conseil d’administration de la FSC, à reconsidérer sa position. Le pays a besoin de lui.»
Invité à commenter cet appel, Me Antoine Domaingue nous a fait la déclaration suivante hier après-midi : «Je suis d’accord avec la déclaration du ministre Collendavelloo. Je suis disposé à donner un coup de main à l’avancement du pays en siégeant comme membre de la Financial Services Commission surtout en ces moments troublés pour l’économie du pays. Je suis disposé à aider mais pas à n’importe quelles conditions. J’ai fait savoir à qui de droit pourquoi je suis parti et à quelles conditions je suis disposé à revenir au sien de la FSC. Si ces conditions ne sont pas remplies, je ne retournerai pas à la FSC. Cela étant, la demande du ministre Collendavelloo publiquement exprimée apporte une nouvelle donne à la question. Je vais donc la reconsidérer à tête reposée et communiquer ma décision aux ministres concernés d’ici dimanche soir. Je souligne que cette décision sera prise dans l’intérêt supérieur du pays, comme cela m’a été instamment demandé.»
Quelques heures plus tard, Me Domaingue nous demandait d’ajouter le texte qui suit à sa déclaration : «Ce qui s’est passé aujourd’hui à la Bail and Remand Court sera aussi pris en compte dans ma réflexion de ce que requiert l’intérêt national. Je dis aussi publiquement à mon cher ami Ivan Collendavelloo, dont j’ai jusqu’ici pensé le plus grand bien ce qui suit : «The deliberate filing by police of three provisionnal charges, under three different informations and the deliberate feet dragging of the Police in bringing up a detainee, former PM, to court, an attempt by one of his members at digging up through a PQ a long burried 1 May 2011 withdrawn complaint of assault and NFA police file against a learned friend who is the chairman of EOC are they consonant with the rule of law, and are not sufficient eye openers to HIM as a Senior Councel and leader of the Muvman Liberater ? Is this in line with the rule of law and is it reasonably justified in a democratic society ? In so far as I am concerned, as Chairman of the Bar, I am looking after my own and the mood of the members of the Mauritius Bar Association, to which he and a majority of his colleagues in cabinet belong, is NA PAS TOUCHE NOU MAM !»
Selon nos informations, la décision de Me Domaingue de step down de la commission a été prise mardi dernier après une réunion «houleuse». Le légiste se serait opposé à des décisions sur certains dossiers sensibles en cours. Il se serait fait entendre sur le non-respect de certaines normes et aurait évoqué des rapports de l’institution fait en 2014 et qui seraient restés sans suite. C’est après cette réunion qu’il a rédigé une lettre pour dire qu’il allait step down de la commission et a fait retourner tous les documents et les instruments de travail qui lui avaient été remis.
Les conditions de Me Domaingue seront-elles satisfaites ? C’est la question que se posent les acteurs du secteur financier qui vit depuis quelques semaines une période de fortes turbulences qui pourrait se transformer en cyclone intense.