Notre invité de ce dimanche est l’avocat Roshi Badhain, acteur principal – à son corps défendant – d’une saga qui occupe la une de l’actualité policière depuis quelques semaines. L’avocat arrêté et accusé provisoirement par la CCID, cette semaine, se dit victime d’un complot. Il décrit la chronologie de cette affaire aux multiples rebondissements digne d’une série télévisée.
Les arrestations et accusations provisoires contre les avocats se multiplient ces temps-ci à Maurice. Est-ce qu’il existerait une guerre ouverte entre les avocats et la police ?
Je ne peux parler que de mon cas dans lequel il y a eu un abus extraordinaire de la part de la police. J’ai eu des renseignements selon lesquels un ancien client faisait des fausses allégations contre moi à la police. J’ai attendu qu’il ait terminé ses accusations le 26 novembre. Deux jours plus tard, je suis allé au bureau de la CCID pour faire une déclaration, ce qui m’a été refusé. J’ai alors donné une precautionnary statement et déposé des documents pour démontrer que les allégations faites contre moi par mon ancien client étaient fausses. La police a ignoré ma déclaration et les documents. Suite à ça, j’ai poursuivi mon accusateur en justice et je suis allé devant un juge en chambre pour démontrer que la police n’est pas impartiale dans cette affaire.
En dépit de toutes ces démarches légales, vous avez été interpellé, arrêté et accusé provisoirement. Pourquoi ?
Pour moi, le chef de la CCID, M. Vadamalay, a agi dans cette affaire de façon illégale. Il avait toutes les preuves nécessaires et, malgré cela, il a décidé d’aller de l’avant dans cette affaire « led by motive » plus que « led by the evidence ». Mieux encore, suite à ma saisie de la Cour suprême, le juge Caunhye avait convoqué le chef de la CCID pour qu’il vienne expliquer, le 14 janvier, en présence du commissaire de police et du DPP, pourquoi il ne doit pas, selon ma demande, être déchargé de l’enquête. Malgré cela, j’ai été arrêté cette semaine.
Vous êtes en train de dire que la CCID ne respecte pas les directives de la Cour suprême ?
C’est énorme, mais c’est vrai. La CCID aurait dû, par déférence pour la Cour suprême, attendre le 14 janvier avant de poursuivre l’enquête. D’autant plus que les allégations faites contre moi remontent à plus d’une année après les faits.
Résumons cette affaire pour que les lecteurs puissent bien comprendre ce dont nous allons parler. Il y a un an, M. Nitesh Ramdhary retient vos services pour prendre possession d’une somme d’argent bloquée dans une banque à Singapour.
Il m’avait montré un document concernant une affaire de terrain en Inde. Un certain M. Hemant Bangaleea lui devait de l’argent et lui avait donné un chèque de 3.8 millions de dollars singapouriens – qui fait environ Rs 95 millions – qui avait été refusé par la banque pour un problème de signature. Il voulait que je fasse un «civil recovery» de cette somme.
Quel est le métier que pratique votre ancien client ?
Il disait qu’il était un businessman qui va à Bali en Indonésie où il achète des tableaux et des objets artisanaux qu’il revend à des touristes à Maurice. Il participe, comme son père, aux foires et salons de la maison organisés à Maurice.
Vous ne vous êtes pas inquiété quand à la provenance de la somme qu’on devait à votre ancien client ?
Non. Moi, je me suis contenté d’agir sur le chèque qui était légal puisqu’authentifié par une banque singapourienne. Avec mes collaborateurs, nous avons fait des recherches, monté un dossier et finalement nous avons obtenu un jugement de la Cour suprême de Singapour en faveur de M. Ramdhary en janvier de cette année. Nous avons donc gagné notre affaire mais quand la banque a été invitée à payer mon client, elle est venue nous informer qu’il n’y avait plus d’argent sur le compte de M. Bangaleea. Mon client avait gagné juridiquement mais perdu financièrement.
Et, du coup, il vous en veut ?
Non, mais il a un autre problème. Il avait fait des déclarations à la police et à la presse sur cette somme d’argent, qu’il avait, je ne sais pourquoi, réduit à Rs 40 millions, et la Mauritius Revenue Authority avait ouvert une enquête sur sa provenance. Avec les pénalités et les intérêts, M. Ramdhary doit plus de Rs 10 millions à la MRA. Il me demande de le représenter devant la MRA le 25 janvier 2013.
Est-ce qu’il vous avait payé pour votre précédent travail pour son compte ?
Quand il était venu me voir, je lui avais proposé de prendre un expert financier pour la partie singapourienne de l’affaire, ce qu’il avait accepté et a payé une somme de Rs 100,000 et un billet d’avion. Il a été assisté dans ses déclarations à la CCID par mon collègue Yash Badhain qu’il a payé directement. En ce qui me concerne, il m’a payé Rs 50,000 après le jugement obtenu à Singapour.
Quelle est la suite des événements ?
Après la réclamation de la MRA, je ne vois pas M. Ramdhary jusqu’au mois de mai. Puis, il arrive avec une lettre soi-disant envoyée par M. Bangaleea, qui était en détention provisoire à la prison de Beau-Bassin, et contenant des menaces de mort. Cette lettre « de menaces» avait été écrite sur un ordinateur, était signé et contenait une copie de la carte d’identité de M. Bangaleea !
On peut à la prison de Beau-Bassin écrire une lettre de menaces, la signer et la faire parvenir à son destinataire avec une copie de la carte d’identité de son expéditeur ?!
C’était manifestement une fausse lettre et j’ai dit à M. Ramdhary que je ne le représentais plus. Entre-temps, la CCID le recherche et il se rend en Grande-Bretagne pour aller se faire soigner. Du moins, il le prétend. Il en profite pour entrer une affaire en Cour contre un certain M. Nowbuth pour lui réclamer Rs 40 millions. Plus tard, le même M. Nowbuth viendra faire une déclaration à la CCID contre M. Ramdhary ! A Maurice, en l’absence de M. Ramdhary, l’ICAC demande au père de ce dernier de venir expliquer la provenance de ces Rs 40 millions qu’il avait déclaré avoir prêté à M. Bangaleea dans des déclarations à la CCID et à la presse. D’après mes renseignements, c’est là que l’histoire contre l’avocat, en l’occurrence moi, commence.
Vous êtes en train de dire que cette histoire aurait été mise au point à l’ICAC ?
Vous n’avez qu’à suivre la chronologie des événements pour le constater. M. Ramdhary entre en contact avec son fils en Grande-Bretagne qui lui donne un dossier médical qui est transmis à l’ICAC. Et c’est à partir de ce moment que l’histoire des Rs 40 millions fait surface. Pour moi, c’est quelqu’un de l’ICAC qui a décidé de faire l’avocat porter le chapeau
Pourquoi quelqu’un de  l’ICAC aurait-il agi ainsi selon vous?
Ce doit être quelqu’un qui a définitivement un compte à régler.
Et ce quelqu’un a un nom ?
Je ne révélerai pas son nom pour l’instant. Je peux vous dire, cependant, que la personne dont nous parlons est un très bon ami à un ex-ministre contre qui j’ai eu à me battre légalement dans un passé pas très lointain. Ils font partie de la même équipe.
Nous étions en train de parler de quelqu’un et voilà que vous évoquez maintenant toute une équipe
C’est une équipe qui s’est agrandie. Le 10 septembre, M. Nitesh Ramdhary, qui est recherché par la CCID pour plusieurs cases, par la MRA et l’ICAC, revient tranquillement à Maurice. Le lendemain, il se rend avec ses parents chez M. Bangaleea qui, par la suite, va faire une déclaration à la police l’accusant de l’avoir menacé avec une arme à feu. La police arrête les trois Ramdhary, fait une perquisition à leur domicile et découvre l’arme à feu. Dix jours après, c’est ce même Nitesh Ramdhary qui va jurer un premier affidavit contre moi et devenir la star witness de M. Vadamalay dans l’affaire. Cet affidavit a été concocté par des hommes de loi.
Attention : vous êtes en train de dire que cette affaire a été montée à l’ICAC, soutenue par des hommes de loi et par la police ! Tout le monde complote contre Roshi Badhain !?
Suivons la chronologie des faits. Le 25 septembre les hommes de loi dont je vous parlais atterissent à la CCID et remettent le premier affidavit de M. Ramdhary à M. Vadamalay.
C’est courant que des avocats aillent remettre un affidavit au CCID ?
Bien sûr que non et c’est une des raisons qui me font parler de complot. L’affidavit prétend que j’ai demandé à mon ex-client d’aller dire des choses fausses à la police, que j’ai gonflé une somme qui était de Rs 8,7 millions pour la faire devenir Rs 40 millions. Je l’aurai fait pour impressionner Pravind Jugnauth ! L’affidavit est remis à M. Vadamalay le 25 septembre et rien ne se passe jusqu’au 14 novembre 2013. Avec le recul, je m’étonne que la CCID, qui a connaissance de plusieurs affaires impliquant M. Ramdhary, accepte un affidavit dans lequel il fait des accusations contre un avocat. Le 14 novembre, M. Ramdhary revient à la CCID avec un deuxième affidavit qui contient d’autres accusations incriminant des membres de mon cabinet. Il dit aussi que je lui ai demandé d’incriminer des ministres travaillistes, alors qu’il avait déjà fait cette déclaration des mois avant dans une déposition à la police et dans une déclaration à la presse. M. Vadamalay tombe d’accord avec les avocats de M. Ramdhary pour qu’il vienne faire une déclaration suite à ses affidavits. Je m ‘étonne que cela n’ait pas été fait lors de la présentation du premier affidavit. Un tapis rouge est déroulé pour M. Ramdharry quand il vient faire sa déclaration à la CCID du 22 au 26 Novembre.
Que se passe-t-il après les dépositions de M. Ramdhary ?
Le 28 novembre, je suis allé à la CCID pour faire une déclaration contre tout ça. Comme je vous l’ai déjà dit, je n’ai pas été autorisé à le faire.
Comment étiez-vous au courant de ce que M. Ramdhary disait dans sa déposition ?
On m’avait prévenu qu’un ex-client était en train de faire des accusations frivoles contre moi. Je suis allé faire une déclaration contre M. Ramdhary avec les preuves voulues. J’ai discuté pendant deux heures avec le chef de la CCID : il ne m’a pas laissé faire ma déclaration, alors que la police n’a pas le droit de refuser de prendre une déclaration comme cela est stipulé dans les standing orders et le Police Act.
Quelle a été la raison avancée par M. Vadamalay pour refuser d’enregistrer votre déclaration ?
Il m’a dit que M. Ramdhary est venu, avec ses hommes de loi, faire une déclaration contre moi et qu’il allait prendre une defense statement de moi et que, du coup, je ne peux pas faire une déclaration. C’est pour cette raison que j’ai fait une precautionnary statement et que je suis allé devant un juge de la Cour suprême.
Si tout ce que M. Ramdhary a dit est faux, et que vous pouvez le prouver, pourquoi faire une precautionnary statement et faire appel à la Cour suprême ?
Parce que dans cette affaire je ne suis pas protégé par la police. J’ai eu raison de penser dans cette direction parce que malgré l’ordre du juge de la Cour suprême, j’ai été arrêté.
C’est une affaire personnelle entre vous et la police ?
J’aimerais dire ici que tous les officiers de la CCID que j’ai rencontrés et qui ont parlé à mon avocat, Me Antoine Domingue, sont tous convaincus que M. Ramdhary est un «pathological liar» et que j’ai raison.
Les officiers de la CCID sont convaincus que vous avez raison et c’est vous qui êtes interpellé et provisoirement accusé ?
Je parle des enquêteurs, de ceux qui travaillent les dossiers. Mais il semble que M. Vadamalay est d’un autre avis.
Vous avez, ces temps derniers, traité des affaires qui ont fait grand bruit. Vous avez été l’avocat de Pravind Jugnauth dans l’affaire de sédition ; celui de Mario Jeannot dans l’affaire Varma ; celui de Mme Suda Singh dans l’affaire MITD pour ne citer que quelques-unes. Ces affaires ont dérangé. Est-ce que vous croyez que ce qui vous arrive aujourd’hui est, en quelque sorte, un «batté rendé» contre l’emmerdeur que certains pensent que vous êtes ?
Je n’ai rien fait de répréhensible
Tous les prévenus l’affirment aussi.
Attendez. J’ai travaillé à l’étranger, j’ai été le directeur des enquêtes de l’ICAC, j’ai combattu la fraude et la corruption pendant mes quinze ans de carrière et on va faire croire que j’ai fabriqué de faux reçus. Je suis un avocat, fidèle à son serment, et qui a toujours agi de façon professionnelle dans tous les cas que j’ai traités. Il n’y a rien dans ce que M. Ramdhary dit contre moi qui puisse être considéré comme étant vrai par quelqu’un de raisonnable.
Comment expliquez-vous cette manière de fonctionner de la CCID dans cette affaire ?
Je n’ai pas d’explication. C’est pour cette raison que j’ai demandé la démission de M. Vadamalay. J’ai vu dans le passé comment certains dossiers, celui de Pravind Jugnauth, celui de la MITD, celui de Varma/Jeannot ont été traités par la CCID. Tous les enquêteurs  sont allés voir M. Vadamalay, chef de la CCID, pour lui dire qu’on ne peut pas aller de l’avant avec ce dossier sans preuves, sans témoins indépendants. Il ne les écoute pas.
Il y a donc, selon vous, un complot de la police contre vous ?
Pas tous mais certains qui auront des comptes à rendre devant la justice. Quand ils seront dans le box des accusés et que je leur poserai des questions en tant qu’avocat, ils auront à s’expliquer. Savez-vous que le jour de mon arrestation, l’ex ministre sur sa page Facebook a écrit que c’était le plus beau jour de sa vie, que mon arrestation était un magnifique cadeau d’anniversaire ! Savez-vous en plus qu’un haut officier du bureau du DPP a «like» cette page sur Facebook.
Il y a un complot national contre vous. Et pour vous protéger de la police vous annoncez votre entrée dans la politique active. Vous pensez que les politiciens sont mieux protégés que les avocats ?
A Maurice, les droits constitutionnels ne sont plus respectés ! A Maurice, les institutions ne travaillent plus comme il le faudrait. Je parle de l’ICAC, de la police et de plusieurs autres institutions et autres corps para-étatiques. J’ai produit des rapports sur les mauvaises pratiques et les irrégularités financières de certaines d’entre elles. A partir de mon expérience professionnelle, j’ai une visibilité totale de ce qui se passe dans le pays. Je dis haut et fort que nous sommes arrivés dans un stade de l’évolution de notre pays où tout est en train de dégénérer d’une façon irréversible
Et c’est votre entrée dans la politique active qui va changer tout ça ?
Pas mon entrée, celle de jeunes de ce pays qui doivent prendre conscience de ce qui est en train de se passer. Après ce qui m’est arrivé le 17 décembre, mon arrestation en présence de mon avocat, personne n’est en sécurité à Maurice. Si la police agit comme ça maintenant, que va-t-il se passer quand tous les Mauriciens auront la nouvelle carte d’identité ? Si on peut arrêter un avocat sur les déclarations d’un de ses ex-clients qui a toutes une série d’accusations contre lui, que va-t-il se passer quand la police disposera de toutes les empreintes digitales des Mauriciens ? Tout ça ne vous fait pas peur ?
En tout cas, il semblerait que vous, vous ayiez peur. A tel point que, selon un journal, vous avez même versé des larmes lors de votre conférence de presse. La police a réussi à faire pleurer le dur à cuire du barreau !?
La «journaliste» qui a écrit ce papier n’était même pas présente à la conférence de presse. Par ailleurs, cette conférence de presse a été filmée et postée intégralement sur You Tube et je mets quiconque au défi de montrer mes soi-disant larmes. J’étais en colère, j’étais émotionné, mais je n’ai pas pleuré.
Vous confirmez que vous allez faire de la politique active ?
Absolument. Je vais faire mon entrée dans l’arène politique.
Au sein de quel parti ?
Je le dirai en janvier 2014. Et ce ne sera pas forcément au sein d’un parti existant.
Vous dites que cette affaire a été concoctée par des personnes venant de plusieurs institutions. Quel est l’intérêt de ces personne de s’en prendre à vous ?
Je crois qu’il faut remonter dans les affaires que j’ai traitées, les clients que j’ai eus, les affaires qu’on a gagné et les gens qui ont perdu. Cela va de l’affaire de sédition, jusqu’à l’affaire MITD, que j’ai prise malgré le fait que mon oncle était impliqué dans cette affaire en passant par l’affaire Jeannot/Varma, l’affaire Boskalis, l’affaire des secrétaires des juges. Moi, j’ai fait mon travail mais il semblerait que dans le processus, certains aient laissé des plumes et ne sont pas contents.
Vous seriez victime de votre succès professionnel ?
A Maurice, nous avons un système ou les avocats sont des adversaires dans les affaires. Quand vous défendez quelqu’un, celui que vous attaquez pour gagner votre affaire devient votre ennemi. Surtout si c’est quelqu’un de high profile, qui ne sait pas perdre, qui a des contacts bien placés et qui est rancunier. Tous ceux qui s’assoient dans les institutions et qui pensent qu’ils ont une autorité, un pouvoir quelconque qu’ils peuvent utiliser contre des citoyens doivent comprendre une chose : nous avons dans la Constitution un système qui permet de poursuivre quelqu’un pour une faute et une action personnelles. Il y a une différence entre la faute de service et la faute personnelle. Que ceux qui sont au sein des institutions qui ne respectent pas les lois et règlements sachent qu’ils seront appelés un jour ou l’autre à rendre des comptes devant une cour de justice.
Comment toute cette affaire va se terminer selon vous ?
Je vais gagner parce que la vérité finit toujours par triompher et dans cette affaire, elle est de mon côté. Ça peut prendre du temps, mais je ne peux pas perdre. Je reviens à une question posée. Mon entrée dans la politique n’est pas liée avec ce qui vient de se passer, de ce qui se passe encore. Je veux participer de façon significative pour faire bouger les choses dans mon pays, le faire aller dans la direction que j’estime souhaitable. Le pays est en train d’aller dans une direction que j’estime dangereuse. Si on ne prend pas les mesures nécessaires, ce mouvement va devenir irréversible. Il faut que les jeunes se décident à faire quelque chose maintenant. Si nous ratons la prise de conscience et l’engagement pour le changement maintenant, demain ce sera trop tard. Il faut que les institutions fonctionnent normalement, que les gens ne soient plus persécutés, il faut offrir plus d’opportunités aux jeunes, créer une ambiance saine pour le développement du pays. Je fais un appel à tous les jeunes pour venir donner un coup de main.
A qui ? A quel parti ?
Je le dirai en janvier de l’année prochaine. Il faut que les jeunes entrent dans la politique pour changer le système qui est en train de pourrir. Dante Alighieri, le philosophe italien, a dit que « the darkests places in hell are reserved for those who remains neutral in times of moral crisis. » C’est pour cette raison que je fais mon entrée en politique et j’invite tous ceux qui se sentent concernés par la situation dans le pays à me rejoindre.
Une question un peu plus personnelle pour terminer. Vous sortez de cette affaire, de ce feuilleton politico-judiciaire, blessé, fragilisé ?
If it doesn’t kill you, it makes you stronger. Ce n’est pas dans mes habitudes de pleurnicher, je suis un fighter et c’est pour ça que l’on me choisit comme avocat. Ce qui m’est arrivé n’a fait que renforcer mon désir de me battre à tous les niveaux. Ce n’est pas dans mes habitudes de pleurnicher et je peux vous donner la garantie que je ne vais pas boire du poison, moi !