Comme annoncé dans notre édition d’hier, Me Rouben Mooroongapillay a obtenu en début d’après-midi sa remise en liberté conditionnelle. La cour de troisième division de Port-Louis, présidée par le magistrat Prithiviraj Balluck lui a imposé le versement d’une caution de Rs 10 000 ainsi qu’une reconnaissance de dettes de Rs 50 000.
Deux charges provisoires ont été logées contre Me Rouben Mooroongapillay : 1) possession d’objet volé, et 2) il n’aurait pas émis de reçu après avoir réceptionné de l’argent sous forme d’honoraires comme conseil légal des Kotoaroo, somme que lui aurait remise Sadek Kotoaroo, père de Younous Kotoaroo, banquier impliqué dans le détournement de Rs 80 millions au préjudice de la Bramer Bank.
Interrogé après sa comparution devant le tribunal, Me Mooroongapillay nous a déclaré qu’il est clair qu’une section de la police a pris une mesure de représailles contre lui, après ses confrères Mes Rama Valayden et Ravi Rutnah, qui avaient tous deux paru pour la défense dans l’affaire Michaela Harte.
Ce qui l’attriste le plus, c’est que les policiers concernés aient choisi mardi, le 10 décembre, soit le jour marquant la Journée internationale de la Défense des Droits humains pour le convoquer aux Casernes centrales le lendemain, c’est-à-dire hier. « Cette section de la police cherche à nous casser le moral, à couper les moyens d’agir en tant qu’avocats criminalistes. Elle veut installer un climat de frayeur dans la profession alors que nous faisons notre travail correctement… Cette section opère de manière méthodique ; à chaque fois qu’il y a un high profile case, elle distille dans la presse des informations disant que tel avocat sera interrogé under warning dans le but de prévenir le public », dit l’avocat.
Quant aux charges provisoires logées contre lui, Rouben Mooroongapillay trouve qu’elles ont été choisies sans que les enquêteurs aient pris la peine de vérifier les documents. « Si ces policiers font une Forensic Analysis des données, ils sauront que nous prouverons beyond reasonable doubt que nous n’avons fait rien de répréhensible », ajoute-t-il. Il reproche aux enquêteurs de n’avoir fait aucun cas de l’affidavit juré et soumis par Sadek Kotoaroo, un Hajee qui n’a aucun casier judiciaire. « Si ce genre de traitement m’a été infligé, I fear for the citizens of the Republic of Mauritius, en d’autre mots je crains pour ceux qui n’ont pas les moyens de se défendre contre de tels abus », conclut Me Mooroongapillay.
Soulignons que lors de l’audience d’hier en Cour de Port-Louis, Me Gavin Glover SC, qui assure la défense du suspect, a déposé une motion visant à contester l’Objection to departure de la police qui est appliquée à Me Mooroongapillay depuis son interpellation. Les débats sur cette motion ont été fixés au 7 janvier.