La revanche du Maiden n’a pas eu lieu. Vettel a profité de l’inertie de ses adversaires pour s’approprier une deuxième victoire consécutive sous la conduite de Kevin Ghunowa. Ce succès ajouté à celui d’Evergreen et de cinq accessits, permet à Ramapatee Gujadhur de réussir la meilleure moisson de la journée avec Rs 605 000 de gains remportés. Ce qui lui permet d’accentuer légèrement son avance sur Gilbert Rousset qui s’est aussi offert un précieux doublé. Alain Perdrau ne fit pas en reste puisque Kaafel et Power Dive lui ont permis de fouler la grande piste. Imran Chisty s’est signalé sur Torotino, tandis que Rye Joorawon a mis fin à six journées de disette grâce à Billy Bojangles.
On espérait assister à la revanche du Maiden dans The Mecom Fleetguard – MTC 175th Anniversary Cup, disputée sur 2100m, on fut sous l’impression que tous les adversaires de Vettel, qui avait profité de la tactique controversée d’un concurrent la dernière fois sur 2400m pour créer la surprise, avaient déjà abdiqué dès qu’il mit le nez devant. La course fut réglée comme du papier à musique et réduite à un sprint sur 600m où le meneur, sans vouloir diminuer ses mérites, ne fut jamais rattrapé. Le modeste chrono de 2.10.24 pour les 2200m est évocateur.
Tous étaient conscients que Vettel serait difficile à rattraper s’il avait eu le loisir de dicter son propre rythme dans cette épreuve. Vu qu’il avait hérité de la huitième ligne, on s’attendait à un peu de combatitivité de ses adversaires sur la partie initiale pour essayer de déjouer ses plans. Love Struck et Ice Axe se montrèrent plus véloces, et Independence presqu’aussi rapide que Vettel, mais on fut surprit du manque d’initiative de leurs jockeys respectifs sur le premier furlong. Ghunowa en profita pour prendre les choses en main, et ce, sans sortir de son pas. Diamond Light tira également parti de ce manque de rythme et de son deuxième couloir pour se positionner dans le sillage des meneurs.
Après environ 500 mètres de course, Ghunowa prit le soin de réduire l’allure. Independence fut le premier à montrer que le manque de rythme ne lui convenait pas, mais Imran Chisty choisit de constamment le reprendre au lieu de le laisser courir dans son pas. Ice Axe fut également repris en plusieurs occasions dans la montée vu que Vettel avait considérablement ralenti. Love Struck également se montrait ardent, mais son cavalier choisit de le garder lans le dos du meneur. On s’attendait que Vettel durcisse le pas à mi-course, mais nullement inquiété, Ghunowa continua à garder les réserves pour le sprint qu’il lança à 600 mètres de l’arrivée. Ce n’est qu’alors qu’on vit ses adversaires bien s’exprimer. Chisty attendit les derniers 300m pour se mettre en évidence. Pour Independence, c’était perdu d’avance, car vu qu’il semble être un onepacer — si l’on se base sur son racing patern—, il aurait du attaquer plus tôt pour avoir une chance de faire l’arrivée. Le représentant de Rameshwar Gujadhur versa même à l’intérieur sous les coups de cravache, poussant Ice Axe sur Diamond Light. Ce dernier est celui qui se montra le plus dangereux, mais il ne put combler tout son retard. Love Struck demeura sans accélération et il se fit même coiffer pour la troisième place par son compagnon d’entraînement Skippyjon Jones.
Auparavant, les couleurs de la famille Gujadhur avaient brillé grâce à Evergreen. Malgré ses deux récentes victoires, ce dernier était délaissé au niveau des paris vu qu’il montait de classe, tout comme les récents vainqueurs, Catwalk Model, Roventas et Roman Express, et vu qu’il avait hérité d’un couloir extérieur. Colour Of Courage et Hancock’s Dynasty étaient, eux, alignés dans une valeur inférieure par rapport à leur dernière sortie. Le handicap de sa septième ligne, Evergreen le surmonta moins facilement que prévu avec Joe’s Legacy et Hancock’s Dynasty, qui tirèrent profit de leur meilleur numéro pour le forcer à évoluer à l’extérieur dans le virage. Et vu qu’il était de notoriété que Mister Brightside serait celui qui imprimerait le train dans ce lot, il n’insista pas pour le commandement. Bardottier garda son sang-froid et il profita du fait que le meneur accéléra en début de descente pour se positionner côté corde. Colour Of Courage était cinquième sur les barres. Il fut rejoint sur son flanc au bas de la descente par Roman Express, qui avait trébuché au premier passage du but lorsque Hancock’s Dynasty se rabattit à la corde. Colour Of Courage et Catwalk Model furent également gênés lors de cet incident. Bussunt fut sanctionné d’une suspension de deux journées après qu’il eut plaidé coupable. Evergreen prit le first run dans la dernière courbe et sous la monte énergique de Bardottier, il repoussa le finish de Hancock’s Dynasty, qui aurait pu lui offrir une meilleure réplique si son jockey n’avait pas perdu sa cravache à 200m du but. Catwalk Model aurait également pu terminer plus près s’il avait obtenu le passage sur la fin.
Derreck ?seeking Angelique
De retour après une courte lune de miel, Derreck David n’a pas raté le coche. Le Sud-Africain fit mouche sur Seeking Angelo que certains supertitieux associaient au prénom de son épouse, Angélique. Cet alezan, il faut le rappeler, n’avait jamais été surclassé cette saison, mais il lui manquait ce petit plus pour atteindre le cap des dix victoires sur notre turf. Les feux étaient au vert hier avec une deuxième ligne et son léger handicap. Seeking Angelo parvint à vite trouver la corde avant de se laisser déborder par Not Liable et Captain Firth. Cependant, il dut être repris au premier virage lorsqu’il se retrouva sur les talons du cheval de Bhaugeerothee que David choisit de contourner. Ainsi, il se retrouva le nez au vent dans le tournant. Toutefois, il parvint aux abords du Tombeau Malartic à s’installer à la corde dans le dos du meneur, qui imprima une allure régulière. Cela servit les desseins de son compagnon d’écurie, Bastille Day, que dirigea judicieusement Bardottier à l’intérieur dans la ligne droite finale. Seeking Angelo avait déjà démaré et bien accompagné par son cavalier, il maintint le rythme pour résister au finish de Bastille Day. Auteur d’une reprise remarquée, Desert Sheik ne se montra pas assez percutant pour disputer la victoire, dû probablement au fait qu’il s’est rapproché le nez au vent. Il est annoncé à seconder Top Jet dans la Coupe d’Or, où on est en droit de s’attendre à ce qu’il nous montre un meilleur visage s’il parvient à courir caché.
En l’absence de Donnie Brasco, qui l’avait dominé dans une valeur supérieure, Rear Admiral ne laissa pas passer sa chance pour s’approprier The René Maigrot Cup, réservée aux coursiers possédant un rating de 50 ou plus sur 1600m, et signer sa quatrième victoire de la saison. Ce fut une course sans histoire pour le gris, qui faisait figure d’épouvantail. Rear Admiral misa sur son bon pas initial et de sa troisième ligne pour déborder Soweto Slew et se placer dans le dos de Master Mascus. Ce dernier partit sur de bonnes bases et il montrait déjà des signes de faiblesse à 400 mètres de l’arrivée. Rear Admiral avait déjà déboité afin de ne pas se laisser enfermer par Silver Bluff. Ce dernier fit illusion à l’entrée de la ligne droite, mais lorsque David se mit en évidence, Rear Admiral accéléra à nouveau pour contrer son attaque avec assurance. Les 1600m furent couverts en 1.37.43, ce qui constitue une performance honorable.
Trois doublés
L’épreuve d’ouverture vit la confirmation de Kaafel à l’issue d’une sage course d’attente de Sunil Bussunt qui avait eu le first call d’Alain Perdrau en l’absence de Vinay Naiko, qui purgeait sa suspension d’une semaine après avoir perdu son appel sur Seven Fountains. Le vainqueur se retrouva dans un premier temps dans le dos d’Ek Tha Tiger, mais ce dernier dut être repris à l’extérieur lorsqu’il se retrouva dans les talons de Please To Progress, qui avait été repris lorsqu’Iniside Out se rabattit à la corde. Goomany plaida coupable de monte négligeante, et il écopa d’une suspension d’une journée. Cet incident permit à Kaafel de se rapprocher à la corde. Il améliora encore son rang lorsqu’Aucharuz déboita sa monture à 600 mètres de l’arrivée avant de bénéficier d’un boulevard à l’intérieur après qu’Inside Out eut été lancé à l’extérieur de Mo Ichi Do. Ce dernier se montra très accrocheur et on peut penser qu’il aurait pu tenir jusqu’au bout s’il n’avait pas été contraint de surmonter le handicap de sa ligne extérieure afin de s’emparer du commandement.
Alain Perdrau ramena son deuxième vainqueur de la saison avec Power Dive, confié cette fois à Swapneal Rama. Ayant déjà fait la course à l’avant sur ce parcours, Power Dive opta pour cette même tactique, surtout qu’il n’y avait pas de réel front runner dans ce lot. Cependant, il dut compter avec Social Network, qui profita de sa première ligne pour conserver l’avantage de la corde. Rama n’insista pas et garda sa monture en one off avant de faire son effort dans la dernière courbe. Smitten et Yoda Man se montrèrent dangereux sur la fin, mais le but arriva trop tôt pour eux. Le représentant de la casaque bleue électrique fut le plus malchanceux, car il dut être repris à quelques foulées du but à l’intérieur de Power Dive, qui versait sur sa gauche, afin de pouvoir prolonger son effort jusqu’au bout.
S’il avait dû puiser dans ses réserves pour venir à bout d’Elite Class, Torotino le fit plus facilement dans The 10th Anniversary Yes Solutions Cup où Polar Palace, Al Capitano et Gameloft étaient également très chuchotés. Malgré le handicap de sa neuvième ligne, on espérait voir Freedom aux avants postes. Il trouva la corde après 300 mètres de course pour se placer devant Al Capitano, qui en se rabattant, gêna Esteco. Goomany admit sa faute et fut sanctionné d’une amende de Rs 25 000. Une fois les choses en main, Holland laissa souffler sa monture. Kevin Ghunowa profita de la baisse du tempo dans la descente pour demander un effort à Gameloft, qui contourna ses adversaires pour attaquer le meneur au poteau des 600m. Chisty il suivit le mouvement sur Torotino, tandis que Al Capitano et Polar Palace furent surpris par cette offensive pour perdre leur position. Torotino accrocha Gameloft dans la dernière courbe et mit le nez à la fenêtre après quelques foulées. On pensait qu’il allait payer sa débauche d’énergie au sprint final, mais sous les sollicitations de Chisty, il accéléra à nouveau pour déposer ses adversaires.
Il n’avait plus visité la winner’s enclosure depuis la vingtième journée lorsqu’il s’imposait sur Bandido Caballero. Rye Joorawon a mis fin à une série de 38 montes grâce à Billy Bonjangles, qui s’était montré régulier pour les accessits cette saison. On s’attendait à voir Roving Consort aux avants postes, mais Big Lion insista de sa ligne intérieure pour prendre la direction des opérations. Neisius fila les rênes à sa monture qui creusa l’écart dès le premier virage. A mi-course, il comptait déjà une quinzaine de longueurs sur son plus proche poursuivant. Il était évident qu’il n’allait pouvoir maintenir le rythme jusqu’au bout. Le peloton mené par Roving Consort et Billy Bojangles refit une partie de son retard dans la dernière courbe avant de foncer sur le fuyard dans la ligne d’arrivée. Big Lion vit son avance fondre comme neige au soleil sur Billy Bojangles, qui l’emporta assez facilement devant Roving Consort. Le récent vainqueur, Eastward Bound, termina bon dernier de la course.