La grosse majorité des turfistes s’attendait à une revanche du Maiden et il faut dire qu’elle a été bien déçue à cet effet. Alors que le nom de Love Struck était une  fois de plus très chuchoté du côté de l’entraînement Merven, c’est à nouveau le « Black Beast » de Ramapatee Gujadhur qui a franchi le but en premier, confirmant par la même occasion sa supériorité sur les épreuves de distance cette année. Victorieux aussi avec Evergreen (2e course), l’entraîneur à la casaque bleu électrique compte à présent Rs 536 000 d’avance sur son dauphin à huit journées du terme.
Après leur confrontation dans le Ruban Bleu le 6 septembre dernier, d’aucuns s’accordaient à dire que la distance réduite plaiderait cette fois en faveur de Love Struck, d’autant que Vettel avait hérité du plus mauvais couloir qui soit, le huitième, tandis que la monture de Neisius s’élançait, elle, de la corde. La présence du véloce Independence – qui avait tapé dans l’oeil lors de ses derniers galops – à l’intérieur du porte-drapeau de l’entraînement Gujadhur dans les boîtes, laissait aussi présager une entame de course compliquée pour le lauréat 2015 de la Maiden Cup. La réalité fut cependant tout autre avec Vettel s’élançant telle une flèche pour s’installer aux commandes avant même l’amorce de la ligne d’arrivée pour la première fois.
Ice Axe, qui avait très bien sauté, se retrouva sur le flanc de Love Struck qui était deuxième côté corde mais on remarqua surtout Independence qui se montrait quelque peu ardent sous la conduite de Chisty. A cet effet, il faut reconnaître qu’on fut assez surpris de voir l’Indien retenir ainsi sa monture, d’autant qu’il paraîssait avoir une belle carte à jouer eu égard de son faible handicap. Diamond Light était cinquième côté corde, suivi de Skippyjon Jones, Dustan et Tube Wave. Pour le reste, on eut droit à une copie quasi-conforme de la course du Maiden de la part de Vettel, le hongre bai brun se contentant d’un canter en toute quiétude sur la majorité du parcours avant de durcir le ton à la route.
Les choses sérieuses débutèrent aux 400m avec Independence et Skippyjon Jones qui avaient déboîté tandis que Love Struck attendait patiemment la fin des falses rails pour passer à l’attaque. L’entourage de ce dernier flaira sans doute le bon coup quand la monture de Neisius donna l’impression de revenir sur le meneur mais Ghunowa redoubla d’efforts sur Vettel. Diamond Light s’était entre-temps fait remarquer au milieu de la piste sous la conduite de Bhaugeerothee. Skippyjon Jones qui avait tourné complètement en épaisseur, n’avait pas encore dit son dernier mot. Malgré toute la pugnacité des deux cavaliers mauriciens, Vettel ne fut jamais menacé et il rallia d’ailleurs le but en vainqueur avec une confortable avance.
Vettel boucla les 2100m dans le modeste chrono de 2.10.24, de quoi donner encore un peu plus de regrets à ses adversaires. Il prouva toutefois par la même occasion qu’il demeure un os dur à croquer sur les épreuves de distance quand on le laisse faire à sa guise aux avant-postes. Après cette nouvelle partition parfaite signée du tandem Ghunowa-Vettel, on voit mal qui pourrait lui damer le pion dans la Coupe des Présidents prochainement.
Dans la course au titre d’entraîneur champion, Gilbert Rousset n’a pas encore jeté l’éponge. Le recordman de victoires au Champ de Mars s’est ainsi signalé par un doublé (Seeking Angelo et Rear Admiral) tandis que l’autre doublé de la journée est à mettre à l’actif d’Alain Perdrau (Kaafel et Power Dive). Rye Joorawon a, lui, retrouvé le sourire grâce à Billy Bojangles dans l’épreuve de clôture, le Mauricien retrouvant le box des vainqueurs après 38 montes infructueuses.