Après une manifestation des élèves vendredi dernier pour protester contre la fermeture de leur établissement, c’était au tour des parents le lendemain de faire entendre leur voix contre cette décision lors d’une assemblée générale spéciale de la PTA. Les parents apprécient la discipline au sein de l’école et craignent que le transfert de leurs enfants donne lieu à des changements de comportement chez ces derniers. Alors qu’ils ont voté samedi dernier pour un sit-in fixé pour demain, l’administration de MEDCO (Mauritius Educational Development Company Ltd) leur a fait savoir hier dans l’après-midi qu’elle se proposait de les rencontrer aujourd’hui.
Depuis le début de ce dernier trimestre scolaire, les parents d’élèves de MEDCO Trinity multiplient les initiatives pour faire entendre aux autorités leur désaccord à cette fermeture qui prendra effet en janvier prochain. Jusqu’ici les différentes lettres qu’ils ont envoyées aux autorités concernées, notamment le ministère de l’Éducation, la Private Secondary School Authority et le Board de MEDCO, sont restées sans réponse. Et c’est précisément cette indifférence des autorités que les membres de la PTA ont voulu dénoncer samedi dernier lors d’une assemblée générale spéciale consacrée à cette fermeture. Les parents sont amers que les autorités aient fait la sourde oreille à une demande de rencontre faite depuis le premier trimestre. « Wadire pe tret nou kouma enn third class citizen. Si nou lekol ti dan enn lot rezion eski nou ti pou gagn enn meyer tretman ? » D’ou la décision prise pour un sit-in.
Les dirigeants de la PTA ont cependant été informés hier après-midi par la direction de MEDCO de la tenue d’une réunion pour aujourd’hui à son quartier général à Port-Louis pour « discuss the matter » avec la PSSA et le ministère de l’Éducation. « Depi mars nou pe kriye e nou pe dir bann otorite ekout nou bann propozision ki nou finn anvoye. Il a fallu cette menace de sit-in pour que les autorités acceptent de nous rencontrer », commente un membre de la PTA.
Dans cette lettre d’invitation à cette réunion d’aujourd’hui, les responsables de MEDCO disent qu’ils souhaitent discuter avec la PTA des « proposals for non-closing of the school and alternative use ». Or il est peu probable que le ministère revienne sur sa décision de fermeture car MEDCO Trinity ne figure pas sur la liste officielle des établissements pour l’admission en Form I en janvier 2016, distribuée depuis quelques jours déjà aux parents concernés.
Par ailleurs, après l’heure de récréation hier, les élèves ne sont pas rentrés en classe et ont manifesté dans la cour de l’école jusqu’à la fin de la journée scolaire. Sur les pancartes qu’ils ont brandies, on pouvait lire : « nou lekol pli bon ki enn ta lezot lekol » ; « nou lekol ed bann zelev defavorize, ki pou ariv nou dime » ; « eski nou pou gagn mem tretman dan lezot lekol dime » ; « nou bann profeser konpran nou, nou konpran zot »…
Si les parents veulent que l’école reste ouverte, c’est parce qu’ils sont satisfaits, disent-ils, de la discipline qui règne dans l’établissement. Ils craignent qu’un changement d’école n’ait des répercussions négatives sur le comportement de leurs enfants. « Ena tigit zanfan dan sa lekol-la e profeser ek bann responsable pran bien kont. Ena kontrol. Nou per ki zot gagn move frekantasion si zot al ayer. Nou pe tande kouma ladrog finn rant dan boukou lekol me dan MEDCO nou santi ki zot an sekirite », témoigne une mère de famille dont l’enfant est dans la filière Prevocational. Lors de la réunion d’aujourd’hui les dirigeants de la PTA feront part aux responsables de différentes autorités de l’Éducation de l’inquiétude de ses membres.