Une école d’acupuncture pour médecins mauriciens verra le jour pendant la période de septembre-octobre dans les locaux du Patrick Sana College of Health Sciences à la City Clinic de Port-Louis selon les termes d’un partenariat entre cet établissement et l’école d’acupuncture de la Faculté de médecine de Montpellier. Le programme des cours a été approuvé par le Mauritius Qualification Authority (MQA) et la formation dura deux ans.
C’est le Dr Jean-Marc Vian, médecin acupuncteur français, qui exerce à Grand-Baie depuis 2008 et également à La Réunion, qui assurera la formation. Il sera secondé par un Chargé de cours de l’Université de Montpellier qui viendra à Maurice pour les cours pratiques. Les cours d’acupuncture pourront accueillir une quinzaine à une vingtaine de médecins mauriciens. Le Dr Vian a indiqué à la presse hier après-midi aux côtés du Dr Patrick Chui Wan Cheong, directeur de la City Clinic, que « les médecins mauriciens seront capables de traiter une partie de leurs patients pour des douleurs lombaires ou rhumatismales dans un premier temps, et ensuite d’autres patients souffrant de troubles digestifs, gynécologiques et d’insomnie notamment ». Des consultations en acupuncture avec des médecins mauriciens auront lieu à la City Clinic sous la supervision du Dr Vian à l’issue de la formation.
Le projet d’école d’acupuncture mauricienne s’inspire du modèle français, explique le Dr Vian dans la mesure où il existe en France 3 000 médecins généralistes qui pratiquent également l’acupuncture. Le diplôme d’État d’acupuncture est dispensé par cinq facultés de médecine à Paris, à Lille, à Nantes, à Montpellier et à Strasbourg à l’issue d’une formation d’une durée de trois ans. « Beaucoup de médecins généralistes en France ont abandonné la médecine occidentale pour pratiquer exclusivement l’acupuncture afin de mieux répondre à la demande de leurs patients », indique le Dr. En France, en effet, il est obligatoire d’être un médecin ou sage-femme pour avoir le droit de pratiquer l’acupuncture, fait ressortir le Dr Vian. Le coût de la formation des médecins mauriciens, approuvé par le MQA, précisent Parmesh Palanee, responsable du Patrick Sana College of Health Sciences et le Dr Michael Ah Tow, administrateur de la City Clinic, est de Rs 75 000.
Les effets de l’acupuncture sont principalement analgésiques, anti-inflammatoires, décontracturants, antispasmodiques et tonifiants. Par ailleurs elle améliore la circulation sanguine et lymphatique et agit sur certains troubles physiologiques. Il y a une cinquantaine d’indications médicales pour l’acupuncture, affirme le Dr Vian. Les principales sont les douleurs, les allergies, les problèmes nerveux, la pathologie cardio-vasculaire (hypertension, palpitations), les troubles digestifs (gastrite, colite, douleurs abdominales), l’oto-rhino-laryngologie (bourdonnements d’oreilles, vertiges, rhinite, sinusite), la gynécologie, la pédiatrie, les dépendances tabagique et médicamenteuses (anxiolytiques, antidépresseurs) et les cures d’amaigrissement. « En stimulant le 67e point de la vessie il y a 8 chances sur 10 qu’un bébé qui se présente par le siège pourra être retourné ce qui permettra d’éviter une césarienne », explique le Dr Vian. L’acupuncture, ajoute-t-il, majore les résultats de la fécondation in vitro. L’acupuncture traite également les nausées causées par les traitements du cancer et a donné de bons résultats dans les cas de paralysie faciale et les sciatiques et a permis aux malades de récupérer plus vite. Et au Dr Vian de préciser : « Dans les pathologies graves je dis au patient d’aller voir le chirurgien ou de faire une IRM (imagerie par résonance magnétique). C’est une grosse erreur pour un médecin acupuncteur d’embarquer un patient dans un traitement qui ne sera pas efficace et de lui faire perdre la chance de guérir d’un cancer par exemple. Il revient au médecin acupuncteur de chercher le traitement le plus efficace pour un patient à un moment donné ».