Des pharmaciens qui « remplacent des médicaments originaux par des médicaments génériques, et souvent, parce qu’ils ont des deals et des bonus avec des représentants médicaux » ; et des « médecins, surtout de l’État, qui gribouillent leurs prescriptions sur des bouts de papiers au lieu des ordonnances légales ». Voilà qui ne manque pas de susciter « la colère et les inquiétudes » d’un groupe de médecins généralistes du privé, qui tirent la sonnette d’alarme.
Ces généralistes sont « très en colère ! Trop, c’est trop ! Nous, notre but, notre mission, c’est de guérir les patients en leur prescrivant des médicaments qui vont les soigner, et non pas les garder dans un état qui perpétue les pathologies dont ils souffrent. Or, il existe, malheureusement, à Maurice, un groupe de pharmaciens qui opèrent avec un tout autre agenda ! » De fait, soutiennent ces médecins, « ces pharmaciens ne donnent pas aux patients les médicaments originaux, mais des génériques ; qui n’ont pas les mêmes effets, d’une part, et qui peuvent ne pas convenir aux autres pathologies dont souffrent les patients, d’autre part. Donc, au lieu de guérir, ils peuvent développer d’autres complications… »
Par ailleurs, notent nos interlocuteurs, « ces pharmaciens n’ont même pas la décence de nous appeler pour nous informer qu’ils changent les médicaments que nous avons prescrits. C’est un très gros manquement professionnel ! » Ces médecins sont d’avis que « ces pharmaciens sont de mèche avec des représentants médicaux. Ils ont des deals et décrochent des bonus quand ils vendent davantage tel médicament générique plutôt que l’original… »
En ce faisant, continuent-ils, « ces pharmaciens prennent des risques avec la santé des patients. Quand un médecin prescrit un médicament spécifique à un malade, c’est en connaissance de cause ; ayant fait un historique de ses pathologies diverses. Et donc, on ne prescrit pas des médicaments qui peuvent provoquer des complications supplémentaires. Or, en remplaçant des médicaments par des génériques, ces risques sont plus grands… »
Ils réclament « plus de contrôle de la part des agences de l’État qui sont mandatés pour exercer cette vigilance ». Ces médecins du privé souhaitent aussi attirer l’attention sur « la pratique qu’ont certains médecins de l’État de gribouiller leurs prescriptions sur des bouts de papiers qui sont loin d’être des prescriptions officielles ! C’est un manque total d’éthique ! » Selon nos interlocuteurs, « un certain nombre de médecins de l’État, peut-être trop pressés, ne prennent pas la peine de rédiger des ordonnances en bonne et due forme. Ils trouvent n’importe quel bout de papier à leur portée ; cela peut être un bout de papier à lettre ou de kleenex ! Et le patient se présente cela au pharmacien… Évidemment que ce dernier ne va pas lui donner ses médicaments ! Un tel bout de papier ne peut se substituer à une prescription ! »
Par ailleurs, ce groupe de médecins du privé rappelle aussi que « toujours en ce qu’il s’agit des pharmaciens, il y en a un certain nombre qui vendent des antibiotiques sans prescriptions. À long terme, c’est un danger car le patient qui prend des antibiotiques sans avis médical fragilise et affaiblit sa constitution. Il développe, de même, plusieurs types d’infections qui deviennent résistantes aux antibiotiques. À la longue, cela va créer de nouveaux virus que l’on ne pourra traiter… »