Leur savoir-faire est très utile et, pourtant, nombreux sont les Mauriciens qui ne connaissent pas encore l’importance des physiothérapeutes et qui, donc, ne font pas appel à eux. « Notre rôle est d’améliorer la qualité de vie des patients. Nous sommes sur tous les fronts : enfants avec difformité physique, handicapés, personnes âgées, athlètes, département d’urgence… » souligne le président de l’Association des Physiothérapeutes à Maurice, Manish Rughoo. C’est ainsi qu’il parle d’un manque de physiothérapeutes à Maurice (80 pour toute la population) mais, en même temps, paradoxalement, « il y a un manque d’ouverture, justement parce que beaucoup de Mauriciens ignorent encore notre rôle ». Le point dans le sillage de la Journée mondiale des Physiothérapeutes, observée le 8 septembre dernier.
Kinésithérapeute, physio, “physical therapist”. Les appellations varient selon les pays. En quoi consiste précisément le métier de physiothérapeute et quelle est son importance ? « Le physiothérapeute fait partie de l’équipe paramédicale. Il est appelé à travailler avec plusieurs types de patients de tout âge. Le rôle du physio est de faciliter la mobilité, de promouvoir la santé à travers les exercices », explique Manish Rughoo. Depuis 2009, l’Association des Physiothérapeutes de Maurice n’a eu de cesse de sensibiliser sur l’importance des physiothérapeutes car « nombre de personnes ne savent pas à quoi servent les physiothérapeutes, même si cette tendance commence à changer ». Quel est leur rôle justement ? « Souvent, lorsque l’on se blesse, on ne sait pas où aller. Blessure, entorse, douleur aux joints, au dos… Le physiothérapeute est là pour tout cela. Nous intervenons aussi après un AVC (accident vasculaire cérébral) dans la rééducation neurologique du patient, ou encore suite à une fracture, mais aussi à la prévention de chutes chez les personnes âgées car, dès qu’il y a chute dans ce groupe d’âge, il y a fracture. Côté pédiatrie, on s’occupe des enfants qui naissent avec une difformité physique et on assure la thérapie auprès des enfants atteints de dystrophie musculaire car leurs muscles se dégénèrent au fil des années. Et nous, on est là pour améliorer leur qualité de vie. Nous nous occupons aussi des athlètes. » Un éventail de patients aussi large qui explique le manque de physiothérapeutes dans le pays.
Quelle formation pour devenir kiné ? Selon Manish Rughoo, il faut compter quatre ans d’études à l’Université de Maurice ou à l’étranger. « A l’UoM, l’étudiant suit quatre ans d’études et est appelé à accomplir plus de 1 200 heures de pratique sous la supervision d’un médecin ou d’un kiné, que ce soit dans un hôpital, une clinique ou une maison de retraite. Il y a aussi la possibilité de se spécialiser, mais pas à Maurice. »
Et après la formation, le nouveau titulaire trouve-t-il facilement de l’emploi ? « C’est très dur pour un jeune qui débute, surtout les deux premières années. Il faut qu’il se fasse un nom d’abord. Et les recrutements dans les hôpitaux et cliniques ne sont pas fréquents. Le mieux, c’est que le jeune se mette à son compte », estime Manish Rughoo, qui a pour sa part commencé à son compte avant d’être employé par le ministère de la Sécurité sociale et d’aider dans les maisons de retraite et à la MDA (Muscular Dystrophy Association).
Dans le cadre de la Journée mondiale des Physiothérapeutes, observée le 8 septembre dernier, l’Association des Physiothérapeutes à Maurice avait organisé des sessions de travail de même qu’une campagne de sensibilisation le 12 septembre avec la Muscular Dystrophy Association. Toujours dans le sillage de cette journée, l’association poursuit avec sa campagne de sensibilisation ce samedi, cette fois avec un autre groupe, soit les personnes âgées, et ce en collaboration avec la GRF. Une session de travail est prévue avec les membres de l’Université du Troisième Âge samedi au Bahai Convention Centre, à Rose-Hill. « On expliquera l’importance des exercices avec des démonstrations. Il faut savoir que la physiothérapie est importante dans la prévention ou le contrôle de bien des maux, comme l’ostéoporose et le diabète. Les exercices aident à retarder ces problèmes et à améliorer la qualité de vie des patients. ».
L’Association des Physiothérapeutes de Maurice prévoit par ailleurs, pour le mois de novembre, une campagne de sensibilisation sur le diabète. « On aide le patient à contrôler son poids, à préserver ses genoux. » Un médecin généraliste ne peut-il pas prodiguer ces conseils ? « Le physio, lui, fait une consultation complète du diabétique et établit un programme sur mesure par rapport à ses difficultés. Souvent, les patients nous disent qu’ils ne peuvent pas faire d’exercices parce qu’ils ont mal aux genoux. On leur recommande alors une hydrothérapie à l’hôpital Victoria, à Candos. L’hydrothérapie est aussi utile après une opération car on ne peut mettre du poids sur l’articulation. »
L’Association des Physiothérapeutes a été créée en 2009 et a été affiliée en 2011 à la WCPT (World Confederation for Physical Therapy). Elle a récemment été invitée à Singapour, où elle a été représentée pour la première fois sur une plateforme internationale en ce qui concerne la physiothérapie. Quelque 84 pays y avaient participé.