Réélu à la présidence de la Private Medical Practionners’ Association (PMPA), le Dr Patrick How ne change pas son fusil d’épaule. Le médecin n’en démord pas et dénonce à nouveau « la pratique de certains spécialistes, surtout dans le domaine de l’orthopédie, est révoltante ! Ils pourrissent la vie des médecins mauriciens qui, par incidence, n’arrivent pas, eux, à gagner leur vie en pratiquant leur métier. Cette situation perdure depuis quelques années maintenant et il serait grand temps que les autorités arrêtent de faire la sourde oreille ! » Dans le même ordre d’idée, le président de la PMPA lance un appel aux jeunes professionnels de la médecine pour rejoindre l’association « afin de donner un souffle nouveau à la PMPA et de l’inscrire dans une optique moderne ».
« On ne compte plus les médecins mauriciens qui ont étudié à l’étranger et qui, de retour au bercail, ne peuvent pratiquer. Cela parce que certaines cliniques ont fait appel à des spécialistes étrangers, surtout dans le domaine de l’orthopédie, et ces derniers ravissent ainsi la place des Mauriciens. C’est une situation totalement injuste et déplorable ! »
Le Dr How se dit « conscient que cette situation n’est pas une nouvelle ni inédite. Cela fait plusieurs années que cet état de choses perdure sans que les autorités ne réagissent. Il serait temps que l’on prenne les mesures qui s’imposent afin que les médecins mauriciens ne soient plus pénalisés ». Il rappelle que « nombre de cliniques font appel à des spécialistes étrangers qui viennent et se font de l’argent sur le dos des patients et médecins mauriciens. Ces spécialistes se vantent, via les médias, par le truchement d’avis publicitaires, entre autres, — et ce qui est d’ailleurs, contre notre déontologie — d’être “excellents”, “ayant les meilleures compétences”, entre autres ». Or, continue notre interlocuteur, « un médecin n’a pas le droit de se “vendre” de la sorte ! Tout au plus, il peut inclure un petit avis publicitaire avec son nom, le numéro de téléphone de sa consultation et ses horaires. C’est tout ce qu’il doit communiquer et non se livrer à des exercices de publi-reportages sur ses prouesses ! »
Pire, ajoute le président de la PMPA, « beaucoup de ces spécialistes sont approchés pour des interventions dites très pointues, mais en réalité, ces types d’interventions qu’ils réalisent sont à la portée des médecins mauriciens qui sont, au final, tout aussi qualifiés qu’eux ! » L’association dénonce, de ce fait, « une manière de faire déloyale qui non seulement pénalise nos médecins locaux, qui, il convient de le rappeler, ont sacrifié leur temps et investi énormément dans leurs études pour devenir de bons professionnels, mais aussi les patients qui sont, en quelque sorte, bernés par ces spécialistes qui pratiquent des tarifs exorbitants ! »
L’actuel président de la PMPA renchérit : « Je fais ressortir que je suis un patriote et que je ne suis pas réfractaire à la présence des compétences étrangères dans mon pays. Cependant, ce que je ne peux accepter, c’est que des étrangers empiètent sur la vie de mes compatriotes et les empêchent de bien vivre leur vie ! »
Dans un autre temps, avance le Dr How, « à la PMPA, nous saluons le travail abattu par l’ancien président du Medical Council, le Dr Boodhoo. Il a exigé que tous les médecins étrangers qui viennent pratiquer à Maurice soient détenteurs d’un permis de travail en bonne et due forme. À un certain moment, il y a eu certains abus de la part de certaines institutions qui octroyaient des facilités de travail et des passeports sans vraiment respecter les procédures d’usage. Cela causait un certain malaise dans le métier ».
De même, poursuit le président de la PMPA, « nous souhaitons que le Dr Babloo Servansingh, l’actuel responsable du Medical Council, puisse mener à bien son mandat. D’autant qu’avec la nouvelle règle qu’avant de pratiquer, désormais, tout médecin doit impérativement être détenteur de 3 C au HSC (ou équivalent), cela ramènera certainement de l’ordre dans le métier ! »