Art martial interne faisant partie de la Médecine traditionnelle chinoise (MTC), le Qi Gong  (prononcé Chi Kung) est une méthode considérée comme étant de la pratique énergétique. Il existe plusieurs formes de Qi Gong, chacune développant ses propres mouvements. Au Centre culturel chinois (CCC) à Bell Village, les élèves de Fang Yifa, professeur chinois de taï-chi chuan pratiquent le “Soft” Qi Gong, une forme simple pratiquée comme échauffement ou intégrée aux séances de taï-chi, permettant ainsi d’entrer en contact plus étroit avec leurs énergies internes. Car, si la pratique du taï-chi met l’accent sur le travail physiologique, procurant un massage bénéfique à l’ensemble des structures du corps, le Qi Gong est au départ un entraînement de l’esprit, associant les mouvements lents, les techniques respiratoires, le pouvoir de l’intention, de l’attention et de la concentration. Pour mieux comprendre comment travailler avec le souffle vital et le faire circuler dans le corps à travers les méridiens (canaux d’énergie), Fang Yifa, 55 ans, originaire de Liaoning et formé au Wushu (désigne l’ensemble des arts martiaux) au Jinzhou New Area Cultural Center, nous en parle et propose même quelques exercices de prévention afin d’entretenir la forme et se maintenir en bonne santé.
Le Qi Gong nécessite de travailler sur plusieurs plans à la fois. «Il faut focaliser son attention sur la circulation de l’énergie interne, qu’on appelle le “chi”. Le Qi Gong travaille sur la concentration de la pensée, les mouvements, la respiration abdominale, la visualisation. Les mouvements n’étant pas complexes, n’importe qui peut le pratiquer», nous dit Fang Yifa que nous rencontrons au Centre culturel chinois. Celui-ci ne s’exprimant qu’en mandarin, c’est une de ses élèves, Alexandra Ng, qui nous servira d’interprète.
Fang Yifa insiste sur la détente, l’intention, l’attention, la concentration… Ce sont là les mots clés à retenir pour mieux bénéficier des bienfaits du Qi Gong. Mais avant d’aller plus loin, il nous faut savoir d’où provient ce fameux “qi”, “chi” ou souffle vitale. «On considère que l’homme, nourri par la terre et relié à l’univers, est énergie. Ce “Qi” qui vient du cosmos, de la nature, de l’air que nous respirons, souffle à l’intérieur du corps à travers les méridiens d’acupuncture. Les bénéfices sont innombrables lorsqu’il y a une bonne circulation du “Qi” dans le corps. Le tout est de savoir comment le mobiliser, l’absorber et le faire circuler harmonieusement dans le corps et l’esprit », dit-il.
Avant de commencer toute séance de Qi Gong, il est important de se détendre et de ne pas se laisser distraire par quoi que ce soit. «C’est mieux de le pratiquer tôt le matin à l’extérieur, dans votre jardin ou en pleine nature et ne pas se laisser distraire par les pensées. Les exercices ne doivent pas être effectués de manière mécanique. Le Qi Gong demande une grande attention, concentration et visualisation. Ce n’est pas la durée ou le nombre de séquences qui est important, mais le niveau d’attention», nous dit le professeur.