Ce lundi, à l’initiative du City Clinic Group, en collaboration avec l’ambassade de Chine, cinq spécialistes chinois de renom en médecine traditionnelle participeront à un symposium international à la clinique susmentionnée. Dans ce contexte, nous avons parcouru les textes préparés par le Dr Patrick Chui Wan Cheong sur la médecine traditionnelle chinoise, parus dans sa biographie en 2009. Pour rappel, la City Clinic compte depuis quelques années un département de médecine traditionnelle chinoise. Pour le président de la clinique, « la médecine orientale a une place très importante en complément de la médecine occidentale conventionnelle ». Et contrairement à la médecine conventionnelle, selon lui, la médecine traditionnelle vise « en premier lieu à aider plus de personnes à éviter d’avoir besoin de soins médicaux d’urgence ».
« Nous avons ignoré et négligé la qualité et les richesses que constituent les remèdes naturels, ces prescriptions qui ne vieillissent pas », écrit le Dr Patrick Chui Wan Cheong dans les cinq chapitres qu’il a consacrés à la médecine traditionnelle dans sa biographie. Or, selon lui, « les chercheurs ont trouvé que plusieurs maladies sont mieux traitées par une sorte de symbiose entre les deux méthodes thérapeutiques que par l’une ou l’autre fonctionnant séparément ». Faisant partie de la médecine traditionnelle chinoise, l’acupuncture aurait bien des effets positifs dans l’atténuation de douleurs physiques et dans le traitement d’autres maladies. Le mot vient du latin “acu” signifiant aiguille et “punctura” voulant dire piqûre. Pour donner un meilleur aperçu de cette méthode curative, le médecin revient sur une vieille histoire d’un soldat chinois qui fut blessé à la jambe par une flèche. « On raconte que lorsque la flèche fut enlevée, on constata qu’une douleur chronique dont il souffrait à l’épaule avant cette blessure avait soudainement disparu. Cet incident spectaculaire a stimulé une profonde réflexion parmi les médecins. Y avait-il un rapport entre la blessure causée par la flèche et le soulagement de la douleur ? Leurs recherches les menèrent à découvrir qu’il y a beaucoup de points, situés aux extrémités des nerfs, dont la stimulation provoque des effets thérapeutiques. Les recherches se sont poursuivies avec l’utilisation d’arrêtes de poissons ou tiges de bambous affilées et les résultats furent jugés excellents. Ce fut ainsi que débuta la pratique de l’acupuncture. » Selon le médecin, il y a plus d’un millier de points d’acupuncture sur le corps humain, situés le long de 12 voies ou canaux principaux dans chaque moitié du corps et de deux autres sur la ligne centrale du corps. La stimulation par l’aiguille peut être faite manuellement ou électriquement.
D’après les écrits du Dr Chui Wan Cheong, l’acupuncture a été soumise à nombre de tests scientifiques. « Ces tests ont démontré les effets neurophysiologiques qui semblent être additionnels à et indépendants de la production d’endorphine. » L’OMS a publié une liste de 41 maladies ou troubles susceptibles d’être traités par l’acupuncture, à l’instar du syndrome prémenstruel, la dysménorrhée (menstruations difficiles), les problèmes gastro-intestinaux, les affections respiratoires, le mal de tête, la névralgie du trijumeau, la paralysie faciale, le mal de dos, la sciatique, l’arthrite, etc. Par ailleurs, l’OMS a reconnu l’utilisation de l’anesthésie d’acupuncture dans 11 types d’opérations chirurgicales.
Le Dr Chui Wan Cheong se dit d’avis que « les Mauriciens ont été sous l’influence profonde de la culture occidentale et ses pratiques médicales pendant de très longues années et, malheureusement, aucun d’entre nous n’a jamais osé promouvoir la pratique des systèmes médicaux chinois et indiens à grande échelle ». Il poursuit : « Nous avons ignoré et négligé la qualité et les richesses que constituent les remèdes naturels, ces prescriptions qui ne vieillissent pas. Nous nous sommes assoupis sous les lumières tamisées de l’Occident pendant trop d’années, démontrant un manque de vision, de confiance et d’engagement. »
Il écrit sa conviction « que la médecine orientale a une place très importante en complément de la médecine occidentale conventionnelle ». Les systèmes de ces deux mondes médicaux « devraient fonctionner de pair ». Il estime que « l’avenir est brillant pour la phytothérapie de la médecine traditionnelle chinoise, particulièrement dans les domaines de l’immunité, dans le combat contre l’hyperlipidémie, les maladies cardio-vasculaires, le diabète, le cancer, l’obésité, l’impuissance et l’hyperplasia prostatique ainsi que l’arthrite et le vieillissement ».
Le médecin rappelle que la médecine traditionnelle et la médecine orientale « se réfèrent à deux pratiques médicales qui se sont développées dans des environnements historiques différents dans le cadre du combat de la race humaine » contre la maladie. « Chacune a des avantages et des désavantages que l’autre n’a pas. »
Durant les dernières décennies, poursuit-il, « les chercheurs ont tenté de combiner les deux pratiques médicales en puisant dans chacune d’elles ce qu’ils ont trouvé de plus efficace ». Résultats : « Ils ont trouvé que plusieurs maladies sont mieux traitées par une sorte de symbiose entre les deux méthodes thérapeutiques que par l’une ou l’autre fonctionnant séparément. Ils ont aussi trouvé que l’une peut traiter plus efficacement que l’autre dans le cas de certaines maladies. En médecine, cette combinaison de deux méthodes thérapeutiques constitue une grande première et offre même un nouveau mode de vie. »
En tant que médecin ayant plusieurs décennies de pratique à Maurice, le Dr Chui Wan Cheong dit avoir été témoin « des changements subtils et continuels d’attitude de nos patients sur le “pour” et le “contre” ainsi que les prétentions et les échecs tant du “nouvel âge” de la médecine alternative que de l’ère scientifique de la médecine conventionnelle ou orthodoxe ». Selon lui, la médecine conventionnelle « manque souvent de chaleur humaine dans son approche et c’est l’une des raisons pour lesquelles, entend-on souvent dire, la médecine dite parallèle s’est précipitée pour combler cette lacune ». La médecine parallèle, souligne-t-il, « ne se concentre pas sur “enlever la maladie”; elle vise essentiellement à traiter la personne entière, enseignant tout un art de vivre sainement pour atteindre un état de santé équilibré ». Il poursuit : « Il ne faut pas se leurrer : des millions de personnes à travers le monde suivent cette tendance et estiment que cela leur est bel et bien approprié, au détriment de ceux de la médecine orthodoxe. »
Reconnaissant l’importance de la médecine conventionnelle, il dit : « Certes, l’expertise technologique et chirurgicale incomparable, (…) particulièrement dans le secteur de l’imagerie radiologique, constitue la véritable magie des XXe et XXIe siècles, un avantage extraordinairement important pour notre civilisation moderne. » Cependant, l’accent mis par la médecine traditionnelle « sur la santé préventive et holistique – sur les traitements naturels, sûrs et accessibles, qui font appel aux puissantes et étonnantes facultés récupératrices et curatives étonnantes du corps de l’esprit de l’individu, aura pour effet, en premier lieu, d’aider plus de personnes à éviter d’avoir besoin de soins médicaux d’urgence ».
En définitive, le président du City Clinic Group estime qu’un « terrain d’entente doit être trouvé, avec des indicateurs précis et fiables, et établi d’une manière constructive, nous permettant à nous tous, praticiens des deux mondes, de tirer bénéfice des concepts et des pratiques validés de chaque médecine » respective. « Tant que des pratiques médicales alternatives sont basées sur des techniques franches et libres de tout occultisme, elles auront le droit d’être légitimement reconnues en tant que médecine complémentaire. »