Le Medical Council souhaiterait, « dès le début », guider les aspirants médecins qui vont étudier à l’étranger. C’est ce qu’a déclaré le président du MC, le Dr Kailesh Kumar Jagutpal, lors d’une conférence de presse hier après-midi. Répondant à certains commentaires au sujet de la nouvelle liste des universités proposée par le Medical Council à partir de 2017, il a lancé : « Si l’aspirant médecin a étudié dans une université ayant une bonne réputation, pourquoi devrions-nous l’évaluer à nouveau ? »
Le Dr Kailesh Kumar Jagutpal indique avoir informé la population de son intention de proposer une telle liste, il y a trois mois, par le biais d’un communiqué de presse. « Personne n’a pris cela en considération. Aujourd’hui, lorsque nous entreprenons un travail dans l’intérêt du public, et surtout des aspirants médecins, nou trouv tou kalite reaksion ». La liste du Medical Council, dit-il, a été faite en prenant pour appui des critères internationaux sur les lois mauriciennes, soit « la réalité de notre pays ». « Ce n’est plus comme 20 ans de cela. Les choses ont changé, il y a des examens maintenant. Est-ce un plaisir pour nous de venir dire que telle ou telle université n’est pas bonne ? Ce n’est pas un travail facile. Quelqu’un peut-il établir une liste idéale ? »
Le président du Medical Council estime que c’est ainsi que son institution devrait fonctionner « car nous avons constaté, à Maurice, que lorsque les régulateurs ne font pas leur travail correctement, ki kantite skandal nou trouve ». Il s’interroge aussi sur la raison pour laquelle certains médecins qualifiés quittent cette profession pour se faire recruter dans d’autres secteurs, tels les call centres. « Oui, il se peut qu’il n’y ait pas d’emplois disponibles, mais il peut y avoir d’autres raisons aussi. Ont-ils réussi aux examens pour devenir médecins ? Nous devons connaître les vraies raisons avant de faire certains commentaires ».
Le Dr Jagutpal indique qu’avant 2013, il n’y avait aucun examen pour les médecins qui revenaient à Maurice après leurs études. « Depuis quelques années, le Medical Council leur fait passer un examen ». Pour lui, tout cela est contradictoire : « D’un côté, le Medical Council publie une liste des universités et de l’autre, nous disons que les médecins qui reviennent de ces mêmes universités doivent prendre part à un examen. Cet examen est obligatoire, même si le médecin vient d’une université présente sur la liste du MC. Même chose pour les spécialistes qualifiés. Tout cela a été fait en 2012-2014 pour maintenir le niveau. »
Cependant, le Dr Jagutpal dit avoir constaté que des 117 médecins enregistrés en 2014 pour faire l’internat, « seuls 57 ont pris part aux examens en 2016, dont 55 venant de l’Université de Maurice, de Malaisie, d’Afrique du Sud et du Pakistan, entre autres, et qui ont réussi ». « Où sont les 60 autres ? Nous n’avons aucune idée. Ils ont peut-être abandonné, ou bien ils sont recalés quelque part et ne sont pas encore prêts à prendre part à cet examen après deux ans d’internat. » Il ajoute que, dans le cas des spécialistes, la moitié d’entre eux, ayant étudié dans des universités listées, ont échoué à cet examen. « Le Medical Council ne pouvant répondre à leurs besoins de formation, que doit-il faire ? Que les organisations qui parlent maintenant viennent nous dire comment faire pour les enregistrer comme spécialistes ou comment leur offrir une formation. Soit nous laissons les choses telles quelles, soit nous prenons notre responsabilité pour guider ces aspirants médecins », conclut-il.