Le Medical Council, déjà secoué depuis bientôt quinze jour est confronté à un autre contentieux: le cas du Dr Foondun. La réunion spéciale du Board prévue demain après-midi, avec pour agenda la nomination d’un Registrar temporaire, devrait se dérouler sur fond de tension.
Depuis quelques jours, le corps médical est en proie à un malaise. Cela, en raison des turbulences au sein de l’organisme régulateur, le Medical Council. Après l’annulation à la dernière minute par décision ministérielle de l’exercice de recrutement pour le nouveau Registrar, les événements de la semaine suscitent des interrogations dans la profession. Les dénonciations s’accumulent et les prises de position se dessinent. À la demande du MC, le ministère de la Sécurité sociale a ainsi confirmé l’emploi temporaire octroyé au Dr Aziz Foondun depuis octobre 2016 contre rémunération. Ce doyen du Board dont il fait partie à chaque élection depuis 2003 a pourtant été élu huit mois plus tôt comme représentant de ses confrères du privé. Ce qui est contraire aux règlements de la Public Service Commission (PSC), soulignent certains membres du Council ainsi que d’autres médecins qui estiment que le Dr Foondun, de par les allocations qu’il touche des fonds de la Sécurité sociale, est un fonctionnaire. D’autant qu’un jugement rendu en  juillet 2006 par le juge Domah fait état que les personnes “appointed by PSC or under the power delegated by the PSC are public officers.”
Or, si le Dr Foondun est en ligne de mire ces derniers jours, c’est surtout parce qu’il avait été choisi par le ministère pour assumer le poste de Registrar, mardi dernier. Le contrat du Dr Keshav Deepchand, qui a assumé ce poste pendant 12 ans, étant arrivé à terme, et l’exercice de recrutement du prochain Registrar ayant été annulé pour des raisons qui demeurent floues, le ministère a avisé le Board de son choix dans une lettre officielle, en indiquant que le Dr Foondun assumerait l’intérim. Ce qui a été un autre sujet de contestation de la part de certains membres du Board, estimant que le ministère n’a pas le droit de dicter la marche à suivre du MC. Si cette manière de faire du ministre n’est pas apprécié par les médecins, publics comme privés, d’aucuns brandissant la Medical Council Act pour rappeler qu’il revient au Board de nommer le Registrar p.i., d’autres rappellent que “the minister has the last say.” Principe qui a plusieurs fois été dénoncé par les médecins.
“I’m not a public officer!”
Pour sa part, le Dr Foondun, qui a le soutien de plusieurs de ses confrères du privé, clame : “I’m not a public officer!” Il fait ressortir qu’il a, à plusieurs reprises dans le passé, occupé le poste de Registrar p.i. sans qu’aucune personne n’ait eu à redire. “Pourquoi ce n’est qu’aujourd’hui qu’on vient dire qu’il travaille soi-disant pour le gouvernement?”, demandent certains de ces confères, faisant ressortir que le Dr Foondun siège sur le Board depuis deux ans et que depuis huit mois déjà, contre rémunération, il effectue des visites à domicile aux personnes âgées pour le compte de la Sécurité sociale. “Pourquoi depuis octobre dernier, il n’y a pas eu de contestation”, se demandent-ils, estimant que ce sont les lobbys pour le poste du Registrar qui poussent les détracteurs du Dr Foondun à agir ainsi. D’autant que dans le cas du l’ex-Registrar, outre son poste à Floréal, il a aussi travaillé pour le compte de la Sécurité sociale avec des rémunérations conséquentes. “Pendant tout ce temps, on s’est tu et aujourd’hui, dans le cas du Dr Foondun, on essaie d’élever la voix. Il y a anguille sous roche”, disent les proches du Dr Foondun.
Le doyen du MC se rendra-t-il demain à la réunion spéciale du Board pour défendre son siège? Il n’a pas encore décidé et attend l’avis de ses hommes de loi. Ce qui est sûr c’est que la réunion de demain au MC relative à la nomination du Registrar p.i. risque d’être très animée, apprend-on, le Board devant aussi prendre une décision concernant le cas du Dr Foondun. Cependant, la Commission électorale a déjà été avisée de ce cas et attend les directives du MC.
Des allégations contre un haut gradé de la Santé
Or, parallèlement, ce Board est en proie à d’autres secousses avec, entre autres, la décision du ministère de révoquer, sans crier gare, mardi dernier, cinq nominés de l’ancien ministre Gayan. Ce qui a provoqué le courroux de quelques-uns, l’un d’entre eux profitant de cette révocation pour faire état dans la presse de certaines affaires internes au Board. Il s’agit d’un autre sujet suivi de près par les membres de la profession, notamment en ce qui concerne une enquête sur un cas de négligence alléguée sur un nourrisson. Les révélations de cet ancien nominé sont estimées très embarrassantes car elles font état du déroulement d’une enquête interne menée par le Council. D’autant que dans sa lettre de dénonciation, cet ex-membre du Board allègue qu’un haut gradé du ministère de la Santé aurait tenté d’influencer un membre du Board s’agissant de cette affaire qui concerne un de ses proches. Cet haut gradé aurait, par ailleurs, le soutien d’un autre membre du Board qui, selon lui, passe beaucoup de temps au ministère de la Santé. Embarrassé par les propos accusateurs de ce dénonciateur dans le public et en raison de la gravité de ces allégations, le Council a décidé de suspendre l’enquête. Un avis légal a été sollicité et le Board devrait en discuter lors d’une prochaine réunion où tous les membres seront présents. Ce qui risque de prendre du temps, le ministre Anwar Husnoo, qui a ainsi désavoué son collègue du Mouvement Liberateur (ML), l’ex-ministre de la Santé, Anil Gayan, en révoquant ses nominés, devant à son tour passer par le Conseil des ministres pour nommer cinq autres personnes.