« Une promotion outrancière et illégale dans une trentaine de pharmacies. » Tel est le constat concernant un anticoagulant, en l’occurrence le Ticagrelor, produit par le laboratoire Astra-Zeneca et commercialisé sous la marque Brelinta, de la Consumer Advocacy Platform (CAP), qui a saisi le ministère de la Santé de même que la Competition Commission of Mauritius (CCM).
Selon la CAP, qui milite pour la défense des droits des consommateurs, un programme promotionnel lancé par Yes2Life serait en violation avec la Pharmacy Act de 1983. « La section 41 de cette loi interdit la publicité de tout produit pharmaceutique. La loi précise que nul ne peut “advertise any pharmaceutical product intended for human or veterinary use” à l’exception de publications spécialisées, et ce avec l’approbation du Pharmacy Board », souligne la CAP. Le porte-parole de la plateforme, Mosadeq Sahebdin, ajoute : « Yes2Life est, selon nos recherches, une compagnie sud-africaine qui, en collaboration avec des représentants du laboratoire Astra-Zeneca à Maurice, invite depuis peu les patients souffrant de déficiences cardiaques à devenir membres d’un programme promotionnel disponible dans une trentaine de pharmacies, principalement des grosses boîtes. » Et une fois enregistré auprès d’une des pharmacies participant au programme, selon la CAP, « le patient obtient un poster promotionnel » qui lui permet d’obtenir  gratuitement une boîte de 56 comprimés de ticagrelor à l’achat de trois autres boîtes. « Le poster précise que la boîte gratuite est obtenue au quatrième mois après l’achat mensuel des trois autres. Ce programme se poursuit sur une année. » Toutefois, selon Mosadeq Sahebdin, l’affiche ne mentionne aucunement le nom du médicament commercialisé, soit le Brilinta.
La CAP estime qu’on a affaire à « une publicité déguisée », le poster ne mentionnant pas qu’il s’agit d’un médicament mais indiquant : “Get a free box of treatment”. « Toutefois, un astérisque renvoie au bas du poster, où le ticagrelor 90 mg est mentionné. » Pour la plateforme de défense des consommateurs, « la limitation de ce programme à une trentaine de pharmacies pourrait être en infraction avec la Competition Act, pouvant restreindre la concurrence ou présenter une concurrence déloyale, incitant les patients à s’approvisionner auprès d’un nombre restreint de pharmacies ». Par ailleurs, selon la CAP, « la plupart des pharmacies qui pourraient être favorisées par ce programme appartiennent à de grands groupes ». Elle pointe aussi du doigt deux cliniques gynécologiques « qui font aussi partie du programme de promotion alors qu’elles ne disposent ni de pharmacie ni de pharmacien, conditions essentielles pour vendre des médicaments ».