Le Nursing Common Front, regroupant trois syndicats d’infirmiers, est monté au créneau pour dénoncer la décision « unilatérale » du ministère de la Santé de faire opérer les mediclinics sur une base 24/7. Ce front commun estime que les infirmiers sont parmi les premiers concernés dans cette décision et qu’ils auraient dû être mis au courant d’un tel projet. Après une rencontre avec des responsables du ministère la Santé hier après-midi, il a toutefois été convenu que propositions des syndicats seraient prises en considération.
« Nous ne sommes pas contre le projet de faire opérer les mediclinics et Area Health Centres 24/24h, mais nous regrettons le manque de communications. Cette mesure doit être appliquée dès lundi et nous ne sommes même pas au courant des services exacts applicables après 18 h, ni des dispositions prises pour permettre aux infirmiers de profiter de leur temps de pause, et ce conformément à la loi du travail. » Ram Nowzadick, président de la Nursing Association et du front commun, exprime ainsi la démarche des infirmiers qui, dit-il, ont essayé en vain, dans un premier temps, d’obtenir un rendez-vous avec le ministre de Santé ou son Senior Chief Executive (SCE). Toutefois, des représentants du front commun ont finalement pu rencontrer des responsables du ministère hier après-midi.
Le front commun – qui regroupe la Nursing Association, la Nurse’s Union et la Senior Nurses & Other Staff Association – est d’avis que l’ouverture des mediclinics sur une base 24/7 est une bonne initiative. « Cela permettra de donner un soin de proximité au public et de décongestionner les hôpitaux. C’est dans la mise en application du service que cela pose problème. À titre d’exemple, il est prévu qu’un infirmier et qu’une infirmière seront de garde chaque soir. Comment vont-ils s’organiser pour leur temps de repos, qui est de deux heures et 15 minutes, en plus des 30 minutes du repas ? Si un patient arrive pendant ce temps, va-t-on les faire attendre ? »
De même, Ram Nowzadick regrette que, selon le projet initial, les infirmiers doivent également distribuer les cartes et les médicaments. Ce qui ne relève pas de leurs responsabilités. « Une pharmacie comprend certains médicaments sensibles et nécessite des procédures. L’infirmier peut-il être responsable de tout cela, tout en prodiguant les soins ? Et, en cas de problème ou de perte, qui va en assumer la responsabilité ? » Le front commun est ainsi d’avis qu’un “dispenser” et un membre du personnel administratif devraient aussi être présents lors du service de nuit, tout comme la présence nécessaire d’un policier pour assurer la sécurité. Les infirmiers réclament de ce fait une meilleure planification du service pour éviter les cafouillages.
Le syndicat souligne qu’à ce jour, le modus operandi n’a pas été discuté. « Quels services devrons-nous donner après les heures normales ? S’agit-il uniquement des consultations urgentes, où devrons-nous également faire les pansements et autres soins dans le cadre d’un traitement ? » Dans une lettre adressée au ministre de la Santé, Anil Gayan, les syndicalistes font sept propositions pour ce projet. Ils suggèrent de prévoir quatre infirmiers – deux femmes et deux hommes – et un Health Care Assistant pour le service de nuit, afin de permettre d’organiser le “resting time” et les heures des repas. Les infrastructures nécessaires pour cela doivent aussi être prises en considération. De même, les termes du paiement des heures supplémentaires et la “meal allowance” restent aussi à définir. Finalement, le front commun invite le ministère à définir le modus operandi et de prévoir un policier pour la sécurité.
Lors de la rencontre d’hier avec le Permanent Assistant Secretary, en présence des Directors of Health et Nursing, il a été convenu que les demandes du front commun seraient prises en considération. Il a été décidé, entre autres, qu’un “supportive staff” serait également de garde pour permettre aux infirmiers de prendre leur “resting time”. Après la mise en pratique du nouveau système, des aménagements seront faits en conséquence. Le ministère ira cependant de l’avant avec l’ouverture des cinq mediclinics 24/24h à partir du lundi 16 février. Un agent de sécurité sera placé dans chaque établissement. Les mediclinics concernées par ces changements sont celles de Plaine-Verte, Belvédère, L’Escalier, Triolet et Goodlands.