La France a donné une importante impulsion au projet mauricien de création d’une plateforme régionale d’enseignement supérieur et de recherche lors de la présentation, cette semaine, du projet Medine Education Village en la résidence de l’ambassadeur de France, à Floréal. « La France, à travers l’ambassade et son service de coopération, est convaincue de la pertinence de la démarche mauricienne visant à développer un “knowledge hub” et du projet de Medine Education Village », a déclaré l’ambassadeur de France, Laurent Garnier, devant les invités présents, dont la ministre de l’Éducation Leela Devi Dookun.
L’ambassadeur de France avait organisé une soirée consacrée à des échanges sur le projet International Campus for Sustainable and Innovative Africa (ICSIA). Cette rencontre avait pour but d’évoquer les atouts de Maurice pour développer une plateforme d’enseignement supérieur et de recherche régionale (knowledge hub) pour attirer les élites des pays de l’océan Indien et des grands pays africains. Le projet de Médine consiste à créer, sur une période donnée, un campus universitaire intégré d’une superficie de quelque 50 hectares. Ce campus s’articulerait autour de six valeurs de base : la professionnalisation des cadres, l’excellence, une formation multidisciplinaire, le bilinguisme, le service et l’innovation. Pour Laurent Garnier, ce projet s’inscrit dans un modèle économique dans lequel le secteur tertiaire occupe une place croissante, où les emplois demandent de plus en plus de qualifications – requérant plus de diplômés –, de nouvelles technologies et une ouverture sur l’océan Indien et l’Afrique. Il s’agit pour Maurice d’apporter des services des valeurs économiques aux pays qui n’en disposent pas encore, notamment en Afrique. Un des points forts du projet, selon Laurent Garnier, est son bilinguisme. « Au-delà du cadre politique démocratique, de la solidité des institutions et des règles de gouvernance, le bilinguisme, voire le multilinguisme de Maurice, est un atout remarquable qui lui confère une spécificité que n’ont pas d’autres pays qui disposent d’un développement économique comparable », a-t-il déclaré.
Gilbert Espitalier-Noël, qui intervenait en tant qu’entrepreneur mauricien, s’est également dit convaincu par le projet de Médine. « Maurice est devenue pour l’Afrique ce que Singapour est pour l’Asie. On est déjà dans les services financiers. Le nombre de personnes qui utilisent déjà Maurice comme centre de services financiers est énorme. Son positionnement comme plateforme pour l’Afrique créera un besoin évident en personnes formées en cadres divers. Je ne crois pas qu’on pourra devenir le Singapour de l’Afrique en envoyant tous nous étudiants à l‘étranger », a-t-il souligné. Pour lui, Maurice a une carte majeure à jouer pour accueillir les étudiants africains dans la mesure où l’Afrique du Sud a rendu l’accès à ses universités extrêmement difficile, donnant la priorité aux étudiants locaux à travers la discrimination positive. Les atouts majeurs de Maurice sont : la proximité pour les étudiants d’Afrique de l’Est et de l’océan Indien, le bilinguisme, la sécurité et le sens de l’accueil des Mauriciens. Gilbert Espitalier-Noël estime qu’un campus comme celui d’ICSIA permettra de développer une collaboration plus étroite entre des entreprises et des institutions internationales présentes à Maurice.
L’administrateur de Medine, René Leclézio, a pour sa part fait ressortir que Maurice a su se diversifier cycle après cycle. « Partant de la production agricole avec la prédominance de l’industrie sucrière dans les années 70, elle s’est diversifiée dans l’industrie textile, puis du tourisme, des services financiers et des services externalisés en utilisant la technologie numérique. Il s’agit pour nous d’inventer le prochain cycle et de créer la croissance et les emplois que nous désirons pour nos concitoyens », a-t-il avancé. Il a rappelé que, durant ses 100 ans d’existence, Medine est devenu un groupe diversifié dans l’agroalimentaire, le tourisme et l’immobilier, ancré dans sa communauté de l’Ouest du pays. « C’est une véritable ville moderne que nous bâtissons dans la région de Flic-en-Flac. Elle sera pourvue de zones résidentielles de qualité, des aménités de culture et de loisirs, d’un pôle d’affaires, d’industrie, de commerce et d’art. »