Dans un communiqué adressé à Week-End, le vendredi 13 janvier et signé de son Supervising Officer, Premhans Jhugroo, ce dernier affirme « qu’à ce jour, aucun contrat n’a encore été alloué », alors que, dans une déposition faite à la police, le même fonctionnaire dit, cette fois, que « no FINAL decision has been taken yet », ce qui suggère qu’une décision de principe a été retenue, ce que nous avons exactement écrit la semaine dernière, soit qu’une option ferme a déjà été prise en faveur des compagnies d’agents politiques.
Le communiqué de Premhans Jhugroo est ainsi libellé : « Le ministère de la Santé et Qualité de la Vie déplore le fait que les informations probablement provenant de sources malveillantes ont été publiées sans vérification auprès du Ministère. Le ministère tient à apporter un démenti formel aux propos erronés et aux allégations non-fondées publiées dans cette article, plus particulièrement celui concernant l’octroi du contrat. A ce jour, aucun contrat n’a encore été alloué. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle aucune information n’a été affichée sur le Public Procurement Portal du Procurement Office du Ministère des Finances. »
Poursuivant, le Supervising Officer écrit que « le ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie tient à rassurer le public que les officiers du Ministère qui ont la charge de ce dossier ne sont guidés que par les critères établis par le document d’appel d’offres et par les normes d’intégrité et de légalité ».
Le communiqué de la Santé souligne par ailleurs pour la « connaissance du public que même avant l’allocation du contrat, toute entreprise qui considère que ses droits pourraient être lésés, pourra contester la décision du Ministère auprès de l’Independent Review Panel ou par voie judiciaire. Elle est aussi libre de référer l’affaire à l’ICAC si elle détient des preuves de corruption ou d’irrégularité dans le traitement de ce dossier ».
Et de conclure que, « le ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie réitère que toutes les procédures prévues par la loi ont été scrupuleusement respectées » et qu’il « se réserve le droit de prendre des actions légales si cela s’avère nécessaire ». On tremble déjà !
Dans une déposition consignée à la police ce même vendredi, Premhans Jhugroo réclamant une enquête sur l’article de Week-End, le fonctionnaire dit que « firstly no final decision has been taken yet on the tender exercice ans as such no contract has been awarded so far… the contract value of the recommended bidders is well below Rs 5 millions per month and the number of recommended bidders is not 2 but 3 ».
Sur ce dernier point, la Santé a, en effet, parfaitement raison, il y trois offres retenues mais on sait maintenant comment cela se passe. On en rajoute pour donner un semblant de crédibilité à l’exercice. Après MedPoint 1 et le fait que près de 50% des décisions du Central Procurement Board sont renversés par l’Independent Review Panel, les astuces procédurières n’ont plus de secret pour qui veut y regarder de plus près.
Week-End est particulièrement satisfait d’avoir fait oeuvre de salubrité publique en révélant au grand jour ce qui se tramait sur le dos des contribuables.
Imaginons que le contrat avait été déjà signé comme pour MedPoint l’affaire aurait été à l’ICAC, des personnes interrogées auraient perdu la mémoire, ne se seraient pas souvenues de l’identité de ceux qui auraient chaudement recommandé les compagnies favorisées, d’autres qui devaient en priorité être entendues l’auraient finalement été que sous la pression soutenue de l’opinion et cela aurait pris plus d’un an sans que l’on ne découvre jamais la vérité. Et une chose est sûre, nous continuerons dans la même voie. Nous aussi nous entendons contribuer au grand… nettoyage.