Avec l’épuisement de la liste de fonctionnaires de la Santé, des Finances, des Infrastructures publiques ou encore du Government Valuation Office à être entendus dans le cadre de l’enquête sur le rachat de la clinique MedPoint, l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) est engagée dans un véritable bras de fer avec Sunil Dowarkasing, Senior Adviser auprès du vice-Premier ministre et ministre des Finances Pravind Jugnauth. En principe, cet ancien parlementaire et membre du Politburo du MSM était attendu au QG de l’ICAC pour une séance d’audition quant à son rôle dans cette affaire. Mais il ne s’est pas pointé au rendez-vous fixé vu que son homme de loi, Me Rishi Bhadain, un ancien directeur des investigations de l’ICAC, réclame des précisions sur cette convocation.
En attendant la troisième inculpation provisoire d’un haut fonctionnaire de la Santé, présenté comme étant très proche de Maya Hanoomanjee, que ce soit au cours de sa carrière dans la fonction publique ou en tant que ministre de tutelle, l’ICAC s’apprête d’ici la fin de cette semaine à procéder à l’interrogatoire d’Ishwurlal Golam, l’homme qui a accompagné Krishan Malhotra le 29 décembre dernier pour la signature de l’acte notarié contre le chèque de Rs 144,7 millions.
« Je n’ai aucun commentaire à faire sauf que je demanderai à l’ICAC de bien suivre les procédures établies et prévues sous la Prevention of Corruption Act que ce soit pour les convocations ou le déroulement des enquêtes », a déclaré Me Bhadain au Mauricien, qui voulait obtenir confirmation officielle de la convocation servie au Senior Adviser au ministère des Finances. Il n’a pas voulu entrer dans les détails des contacts et échanges avec l’ICAC depuis la décision d’entendre Sunil Dowarkasing dans l’affaire MedPoint.
Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien de sources bien renseignées indiquent que Me Bhadain a écrit officiellement à la direction générale de l’ICAC pour demander pour quelles raisons  le Senior Adviser des Finances sera entendu et sous quelle section de la loi l’ICAC a-t-elle initié cette enquête. Dans l’entourage de Sunil Dowarkasing, l’on rejette la thèse selon laquelle il serait à la recherche d’une immunité sous la section 50 de la Prevention of Corruption Act avant de faire le déplacement à l’ICAC.