En marge de l’enquête de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) dans le scandale du siècle avec le rachat de la clinique MedPoint au coût de Rs 144,7 millions, la convocation formelle du leader de l’opposition Paul Bérenger pour interrogatoire par le Central CID dans l’affaire des allégations à l’encontre du Premier ministre Navin Ramgoolam occupe l’avant-scène de l’actualité en cette fin de semaine. Ainsi, comme annoncé dans l’édition du Mauricien de jeudi après-midi, le rendez-vous aux Casernes centrales a été confirmé pour lundi matin.
Malgré le jour férié d’hier, les Police Headquarters ont fonctionné à plein régime en vue de réitérer que la police n’a concédé aucune dérogation aux règles et procédures en vigueur quant au déroulement de ce prochain interrogatoire. La police prend à contre-pied trois quotidiens du matin aussi bien qu’une station de radio privée quant aux circonstances de ce rendez-vous en affirmant qu’en aucun cas les hommes de loi du leader du MMM auront accès « à la déposition du Premier ministre dans cette affaire ou encore à des preuves ». Le communiqué de la police souligne que le leader du MMM pourra exercer tous les droits qui lui sont conférés par la Constitution dans de telles circonstances.
« The enquiry is being conducted in line with the established Police procedures and the law does not impose any obligation on the police to communicate, or to allow a suspect to have actual sight of a statement made by a declarant at the stage of a police investigation », poursuit le commissaire de police Dhun Iswur Rampersad.
« The police wish to reiterate that counsel for the Honourable Leader of the Opposition has, both in writing on 30 August 2011 and at a meeting yesterday (Thursday) at the CCID office, Line Barracks, been unambiguously informed that counsel and the Honourable Leader of the Opposition would, at the meeting of 5 September 2011, be verbally informed of the gist of the allegations contained in the statements made by the Honourable Prime Minister and not, as incorrectly, be given documents or other preuves », souligne le commissaire de police en des termes sûrs, fiables et précis.
« The police wish to state that such statements (comme rapportés par les trois quotidiens du matin et la station de radio privée) may dangerously mislead suspects, whether accused of rape, murder, money laundering, doing trafficking or other serious offences, to believe that they are entitled to have access or to have copies of statements of declarants or witnesses at the investigation stage. If these statements, as reported in some sections of the media, were taken as legally correct statements, and acted upon, then grave prejudice could be caused to investigation of serious crimes and, ultimately, to law and order in the country », poursuit le commissaire de police, qui donne la garantie que « the police will ensure respect of the Constitutional rights of accused party and follow all established police procedures ».
Lundi, Paul Bérenger devra se rendre aux Casernes centrales en compagnie de ses hommes de loi, Mes Ivan Collendavelloo, Senior Counsel, Raj Nuckchady et Veda Baloomoody pour prendre connaissance des allegations portées contre lui par le Premier ministre et répondre aux questions des limiers du Central CID.
Dans une déposition consignée au Prime Minister’s Office en début de soirée le 14 juillet dernier, Navin Ramgoolam avait porté des allégations de « Publishing False News » contre Paul Bérenger dans le cadre du scandale MedPoint. Le leader du MMM avait fait état d’une rencontre alléguée entre le Premier ministre et le Dr Krishan Malhotra, le beau-frère de l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances et leader du MSM, Pravind Jugnauth, et des directives présumées pour un deuxième exercice d’évaluation de la clinique MedPoint après le 27 août 2010.
Cette affaire d’allégations a déjà fait l’objet d’une enquête au niveau de l’ICAC, avec le leader de l’opposition confirmant que ces détails avaient été refilés au MMM par le président du MSM, Showkutally Soodhun, alors qu’il était membre du gouvernement de l’Alliance de l’Avenir.