Sept mois après la déposition consignée au Prime Minister’s Office par le Premier ministre Navin Ramgoolam contre le leader de l’opposition Paul Bérenger dans le cadre de l’enquête sur le scandale du siècle de MedPoint, le Central CID a enregistré hier après-midi la version des faits de celui-ci. Avec cette étape franchie, le tandem Pregassen Vuddamalay-Heman Jangi, assistants commissaires de police (ACP), compte engager des consultations avec le Director of Public Prosecution’s Office en vue de déterminer la marche à suivre. Un obstacle majeur reste à franchir pour compléter le dossier : la déposition du Dr Krishan Malhotra.
Cette enquête policière, qui a vu l’inculpation provisoire du Dr Zubeir Joomaye du Politburo du MMM et de l’ancien ministre du MSM Showkutally Soodhun pour complot en vue de fabriquer des faits contre le chef du gouvernement, était restée en veilleuse pendant de longs mois. Hier en début d’après-midi, Paul Bérenger, accompagné par son homme de loi Me Ivan Collendavelloo (SC), s’est rendu au QG du Central CID pour donner ses explications sur les faits qui lui sont reprochés par la police.
Pendant environ une heure, le leader de l’opposition a soutenu qu’il n’avait aucune raison de remettre en cause les informations qui lui ont été communiquées par le Dr Joomaye au sujet des circonstances entourant le second exercice d’évaluation de la clinique MedPoint avec pour effet que le coût est passé de Rs 75 millions le 27 août 2010 pour atteindre Rs 125 millions au début de novembre de la même année.
Paul Bérenger s’est appesanti sur le fait que la source de ces informations était ministérielle, soit l’ancien ministre du Commerce Showkutally Soodhun. Il a donné des éclaircissements sur les précautions pour contre-vérifier ces mêmes informations subséquemment avant d’en faire état. Il maintient en avoir fait état de ces détails à un point de presse au début du mois de juillet de l’année dernière de bonne foi. C’est ce qu’a appris Le Mauricien de sources bien informées.
À sa sortie des locaux du Central CID vers 16 heures, le leader du MMM a déclaré aux journalistes présents que « mo ti ena enn statement pou done lor sa vie zafer Navin Ramgoolam-la. Depi lontan sa. Ou rapel dernier fwa mo ti vini mo pa ti donn statement. Ek nou ti tomb dakor ki eventuelma mo pou donn statement. Seki monn fer azordi. Mo pena pu satisfe ou pa : ti ena enn statement a done, mo finn donn mo statement. Pena naryen nouvo linformasyon. Se zis seki bann dimounn ki involved inn deklare dan zot statement. Mo statement se en reponse a seki lezot dimounn finn dir  ».
À ce stade de l’enquête, il manque au dossier du Central CID une pièce majeure : la déposition du Dr Krishan Malhotra. Jusqu’ici, celui-ci a fait parvenir à la police un affidavit où il nie les accusations du leader de l’opposition selon lesquelles il aurait rencontré le Premier ministre juste avant la décision sur la seconde évaluation de la clinique MedPoint fin 2010.
Les responsables de l’enquête policière comptent approcher le directeur des poursuites publiques et le State Law Office en vue de déterminer s’il n’y a pas lieu de dépêcher à Londres des enquêteurs pour consigner la déposition du beau-frère de l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances Pravind Jugnauth à ce sujet. Aux Casernes centrales, on cite à juste titre que l’Independent Commission Against Corruption s’est déjà rendue dans la capitale britannique pour un exercice similaire.
L’allégation du leader de l’opposition, se basant sur deux conversations du Dr Joomaye avec l’ancien ministre Showkutally Soodhun, est que vers la fin de 2010, le Premier ministre aurait reçu à son bureau le Dr Malhotra avant de donner des instructions pour cette nouvelle évaluation. Outre le Dr Malhotra, l’ancien Chief Government Valuer Yodhun Bissessur a catégoriquement rejeté cette version des faits.