À la 37e semaine d’enquête dans « le scandale du siècle », MedPoint, l’Independent Commission against Corruption (ICAC) a accouché d’une septième inculpation provisoire. Jeudi dernier, l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, s’est vu coller une charge de conflit d’intérêts dans cette affaire avec sa signature apposée le 23 décembre de l’année dernière dans le dossier du ministère des Finances autorisant le paiement de la somme de Rs 144 701 300 pour le rachat de la clinique MedPoint. Depuis, il se retrouve en liberté provisoire après avoir versé une caution de Rs 75 000 et une signé reconnaissance de dettes de Rs 200 000. Son passeport est également sous le contrôle du Passport and Immigration Office suite à une objection to departure logée contre lui.
Avec le winding-up de l’enquête dans le scandale MedPoint et l’ICAC se préparant à soumettre au Directeur des Poursuites publiques, Me Satyajit Boolell, Senior Counsel, un rapport complet portant sur les conclusions et les recommandations sur la « MedPoint tainted financial transaction », les yeux de l’opinion publique resteront braqués sur cette institution. Non seulement pour suivre le dénouement de cette affaire qui a défrayé, en dépit de tout, la chronique depuis la mi-janvier, mais également pour diverses autres raisons. Deux autres affaires, soit le dossier de Rose Garden Residences, et la Small and Medium Enterprises Development Authority (SMEDA), demeurent encore en suspens sans oublier des dénonciations qui continuent à affluer, et non des moindres, comme celle portant sur des allégations d’abus de pouvoirs au plus haut échelon de l’université de Maurice.
Alors que le leader du MSM n’a cessé de demander à l’ICAC d’effectuer son enquête dans le rachat de MedPoint par le commencement avec la présumée tailor-made bid, il s’est fait prendre dans les filets des enquêteurs pour une signature le 23 décembre 2010 à la pénultième étape du versement du chèque de Rs 144,7 millions aux anciens propriétaires de la clinique MedPoint. Pravind Jugnauth est devenu le deuxième ancien ministre de l’Alliance de l’Avenir sur le banc des accusés.
La séquence des événements de cette étape s’établit comme suit :
14 décembre 2010 : le Dr Krishan Malhotra, principal actionnaire de la clinique MedPoint, est informé by hand-delivered letter émanant du ministère de la Santé que sa cotation a été entérinée par le Public Procurement Office
22 décembre : le ministère de la Santé entame des procédures en vue d’obtenir l’autorisation pour le déboursement des fonds avec la signature de l’acte notarié fixée avant la fin de l’année
23 décembre : le Senior Financial and Management Analyst, Chanlokumar Ramchurn, sollicite le feu vert de ses supérieurs hiérarchiques au ministère en vue d’émettre un Departmental Warant à la demande du ministère de la Santé. Des changements interviennent dans les directives avec la décision du ministère des Finances privilégiant la réallocation de fonds sous le Capital Vote du ministère de la Santé au lieu des recettes en provenance du Loto comme il avait été indiqué par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, en réponse à la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Paul Bérenger, le 22 mars dernier.
Des spécialistes des procédures dans le gouvernement affirment que cet exercice de réallocation de fonds pour le financement d’un projet relève de la routine et de simples responsabilités des fonctionnaires au plus haut échelon du ministère des Finances aussi longtemps que tout est en règle au terme des « Règlements Virements ».