Catherine Boudet, politologue et docteur en science politique

« Le jugement du Privy Council dans l’affaire MedPoint permettra de crever l’abcès », indique Catherine Boudet, politologue et docteur en science politique, contactée par lemauricien.com pour une réaction sur l’affaire MedPoint, entendue cet après-midi au Privy Council. Les implications de cette affaire pour la destinée politique du pays, dit-elle, « seront considérables, car la légitimité du Premier ministre en poste est en jeu ».

Pour Catherine Boudet, « ce jugement devrait aussi marquer une étape importante dans la lutte contre la corruption à Maurice ». Et de préciser : « La saga MedPoint aurait pu être évitée si la PoCA (Prevention of Corruption Act) n’avait pas été un filet avec de grandes mailles. La question du DPP demandant si c’est la notion de preuve ou celle de perception qui doit primer dans l’interprétation juridique du conflit d’intérêts, est donc cruciale. C’est d’ailleurs le cœur d’un vieux débat éthico-juridique ».

La politologue trouve « dommage que Maurice soit obligée de recourir à une instance extérieure pour répondre à cette question que le Législateur mauricien aurait dû clarifier au moment de la rédaction et du vote de la PoCA ».

Aussi estime-t-elle qu’« au-delà de la résolution de l’affaire MedPoint, l’éclairage du Privy Council sur les possibles interprétations de la PoCA devrait encourager à un toilettage de la législation anti-corruption ». Ce qui « permettra aussi une certaine pédagogie sur la notion de conflit d’intérêts, qui reste encore très floue dans la culture politique mauricienne ».