Après un début de semaine marqué par une accalmie, l’enquête sur le « scandale du siècle » du rachat de la clinique MedPoint au coût de Rs 144,7 millions sans oublier une somme de Rs 2,4 millions de la Banque de Développement (BDM) sur des intérêts, a repris ses droits au QG de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC). L’invitée du jour n’est nulle autre que l’ex-ministre de la Santé Maya Hanoomanjee, dont l’arrestation et l’inculpation provisoire ont littéralement ébranlé les assises de l’Alliance de l’Avenir avec d’autres développements politiques majeurs à prévoir. À ce stade de l’enquête, tout semble indiquer que l’axe entre le secrétaire permanent suppléant Om Kumar Dabidin et l’ex-ministre Hanoomanjee, plus particulièrement dans le traitement du dossier MedPoint, devra être sous “close scrutiny”.
Sur le plan politique, le mot d’ordre au sein du Parti travailliste est la mobilisation sur le terrain en attendant le retour du leader et Premier ministre, Navin Ramgoolam.
En marge de la reprise de l’interrogatoire formel de Maya Hanoomanjee, l’ICAC compte mettre les bouchées doubles en vue de réunir les preuves irréfutables des liens étroits entre l’ex-ministre de la Santé et le secrétaire permanent, en liberté conditionnelle et interdit de ses fonctions depuis hier matin. Jusqu’ici, les dépositions et interrogatoires consignés par les enquêteurs, que ce soit des deux autres coinculpés, les Principal Assistant Secretaries à la Santé Jayraj Hauroo et Anil Kumar Utchanah, ou des autres fonctionnaires à titre de témoins, confirment le rôle de pivot assumé par le chef de Cabinet Dabidin dans la transmission des directives quant à la marche à suivre dans le traitement du dossier de la cotation de MedPoint.
Le rôle d’Om Kumar Dabidin dans le suivi du dossier MedPoint est présenté comme un élément essentiel dans les preuves retenues contre lui pour soutenir l’inculpation provisoire sous l’article 7 de la Prevention of Corruption Act. D’ailleurs, au tout début de ce scandale, le PS Om Kumar Dabidin s’était arrogé les prérogatives de garder dans des classeurs de son bureau tous les dossiers confidentiels de l’affaire MedPoint, alors que selon la pratique établie ces documents doivent rester sous le contrôle du responsable du Confidential Registry du ministère. Le syndicaliste Rashid Imrith, président de la Government General Services Union (GGSU), avait écrit officiellement au chef de la fonction publique Suresh Seeballuck pour dénoncer cette situation.
Avec la mise à l’écart du Top Management administratif et médical du ministère de la Santé dans la mise à exécution du projet de National Geriatric Hospital, l’ICAC veut établir avec preuves à l’appui la source des « instructions and directives from higher quarters » avec Om Kumar Dabidin comme principale courroie de transmission.
Lors de précédentes séances d’interrogatoire, le chef de Cabinet au ministère de la Santé s’est gardé d’incriminer directement les auteurs de ces directives. Néanmoins, l’ICAC, sur la base des Circumstancial Evidence recueillies au cours de ces 26 dernières semaines, devrait être en mesure de confronter Maya Hanoomanjee au sujet d’une sphère d’influence à la Santé en vue de favoriser, selon la charge provisoire, la cotation de la clinique MedPoint.