L’Independent Commission Against Corruption (ICAC) pourra-t-elle éviter une répétition du méga scandale politico-financier MCB/NPF ? Dans la conjoncture de l’enquête MedPoint, la question reste posée. En effet, malgré les assurances de coopération avec les limiers, la présence du Dr Krishan Malhotra à Maurice pour consigner sa version des faits reste encore problématique. Dans une tentative d’éviter que « the ultimate beneficiairy of the MedPoint tainted transaction » n’échappe à un interrogatoire comme Teeren Appasamy dans l’affaire MCB/NPF, l’ICAC se retrouve ces jours-ci avec trois options.
La direction générale de l’ICAC ne désespère pas pour autant de voir les tentatives d’une collaboration volontaire du Dr Malhotra se concrétiser. Néanmoins, des contacts ont été établis avec le principal concerné par le truchement de son homme de loi, Me Sunil Bheeroo. Mais les résultats escomptés se font toujours attendre.
Depuis son retour à Maurice le mois dernier, l’homme de loi, qui avait été prompt de transmettre à la presse un démenti sur la rencontre Ramgoolam/Malhotra, se le joue low profile. Week-End a essayé en vain d’entrer en contact avec lui. Mais l’entourage de Me Bheeroo affirme qu’en l’absence de toute instruction du client, il n’est pas en mesure de faire de déclarations au sujet d’un déplacement du Dr Malhotra.
Au cas où le flou persiste sur la possibilité d’une présence à Maurice, l’ICAC entretient également l’éventualité d’une audition de l’ancien propriétaire de la clinique MedPoint à Londres. Une escouade de limiers pourrait mener cette séance de Questioning dans les locaux de la haute commission mauricienne à Londres.
Mais une condition sine qua non s’impose : cette carte ne sera valide qu’avec l’assentiment express du Dr Malhotra. A ce stade, il est encore prématuré pour s’aventurer à une évaluation de cette option.
La dernière carte de l’ICAC se trouve au niveau du Mutual Legal Assistance avec la Grande-Bretagne. Avec ce recours à la voie diplomatique, l’ICAC se mettra en contact avec la Serious Fraud Office britannique ou toute autre autorité compétente pour mener l’interrogatoire du Dr Malhotra à Londres. Les questions devront être préparées au préalable par l’ICAC.
Pour cette dernière formule, il faudra compter un délai d’au moins deux mois alors que pour les autres, il sera davantage question de semaines. Entre-temps, l’ICAC a enterpris un exercice préliminaire pour obtenir confirmation du cheminement du chèque de Rs 144,7 millions remis lors de la signature de l’acte notarié, notamment si l’argent a été placé dans une banque ou institution financière à Maurice ou à l’étranger. La finalité de cette démarche est sujette à interprétation.
N’empêche qu’en l’absence de la déposition du Dr Malhotra, l’ICAC est habilité à soumettre au Directeur des Poursuites publiques, Me Ajit Boolell, Senior Counsel, un rapport complet sur le scandale MedPoint aussi bien que les recommandations pour des actions devant les tribunaux compétents sous le Prevention of Corruption Act.
Néanmoins, l’interrogatoire du beau-frère de Pravind Jugnauth aura l’avantage de permettre un autre éclairage sur l’Unsollicited Bid de janvier de l’année dernière, avec des e-mails destinés au ministre Jeetah et au secrétaire permanent suppléant, Om Kumar Dabidin, les contacts au niveau de la Santé pour la réalisation de son projet de vendre la clinique MedPoint au prix qu’il recherchait.
Dans l’e-mail de janvier 2010, le prix qu’avait proposé le Dr Malhotra était de Rs 143 870 923.42, tandis que le montant du chèque est de Rs 144,7 millions. Fallait le faire pour un tel Jackpot…