Le Central CID, qui s’est retrouvé embrigadé dans le scandale du siècle de la clinique MedPoint avec une déposition du Premier ministre, Navin Ramgoolam, consignée au PMO en début de soirée du 14 juillet, se retrouve ces jours-ci avec un véritable os dur à avaler. Depuis le début de la semaine, les limiers de l’assistant commissaire de police Pregassen Vuddamalay tentent de procéder à l’interrogatoire du leader de l’opposition, Paul Bérenger, pour le délit de « Publishing False News ». En marge de cette affaire, l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) met ces jours-ci la pression sur le ministère des Finances après avoir entendu le Deputy Prime Minister et ministre des Utilités publiques, Rashid Beebeejaun, et le ministre de l’Enseignement supérieur, Rajesh Jeetah.
Le rendez-vous de demain à 14 heures du leader du MMM au QG du Central CID reste incontestablement un point fort dans le scandale MedPoint, qui défraie la chronique depuis janvier dernier. En principe, le Central CID s’apprête à procéder à un interrogatoire de Paul Bérenger après avoir communiqué à celui-ci et à ses hommes de loi les aspects de la déposition du Premier ministre le concernant.
Mais le scénario prévu dans le camp du leader du MMM est différent. Paul Bérenger a clairement fait comprendre qu’il compte simplement prendre connaissance des allégations portées contre lui par Navin Ramgoolam et qu’il n’a aucune intention de répondre aux questions de la police. Le suspense demeure de mise quant à ce qui se déroulera après 14 heures dans les locaux du Central CID.
Le leader du MMM a également signifié son intention de ne pas accepter de payer de caution au cas où la police décide de mettre à exécution sa menace d’arrestation et d’inculpation provisoire. Il a même prévu une grève de la faim illimitée. C’est ce qu’il a confirmé à deux reprises mardi dernier devant des militants réunis au bureau régional du No 19 à Rose-Hill et au QG du MMM à la rue La-Poudrière et répété lors du point de presse hebdomadaire d’hier.
Du côté des Casernes centrales, les consultations avec le Director’s of Public Prosecution’s Office et avec le State Law Office devront se multiplier davantage en vue de décider de la marche à suivre dans la conjoncture. A ce stade, les deux parties campent sur leurs positions avec la police soutenant que le rendez-vous pour interrogatoire est pour lundi, à 14 heures, et Paul Bérenger affirmant se rendre aux Casernes centrales que pour être informé des allégations contre lui.
En début de la semaine dernière, cette enquête policière, qui avait démarré le 14 juillet dernier, a connu un sursaut avec un déplacement des hommes de loi du leader de l’opposition, Mes Ivan Collendavelloo, Senior Counsel, Raj Nuckchady et Veda Baloomoody en vue d’établir les modalités de cette audition. En parallèle, le Central CID devait décider de faire servir à Paul Bérenger une convocation pour mardi matin. La correspondance est déposée à la résidence du leader de l’opposition par Special Despatch sur le coup de 18 heures en l’absence du principal concerné.
La tension monte d’un cran avec les militants se mobilisant contre toute velléité d’arrestation du leader de l’opposition vu le refus de la police de communiquer les détails pertinents de la déposition de Navin Ramgoolam. Le doigté des hommes de loi du MMM, qui prennent contact avec la police, permet de désamorcer la situation avec un nouveau rendez-vous préliminaire fixé pour jeudi matin.
Par la suite, Me Collendavelloo, Leading Counsel, note un changement dans l’attitude de la police, qui concède de communiquer les aspects de la déposition ayant trait à Paul Bérenger en présence de celui-ci. D’où le rendez-vous de lundi à 14 heures. Que se passera-t-il après ? Difficile à prévoir.
Par ailleurs, sur le front de l’ICAC, le calme apparent de la semaine écoulée pourrait paraître trompeur. La pression s’est accentuée sur le ministère des Finances, d’autant plus que la demande d’injonction logée contre l’ICAC par l’ancien Senior Adviser du ministère des Finances, Sunil Dowarkasing, sera entendue en Cour suprême au cours de la semaine prochaine.
L’ancien Senior Adviser de Pravind Jugnauth objecte à sa convocation par l’ICAC intervenue depuis juin dernier. Dépendant des conclusions du juge siégeant en référé, l’ICAC pourra décider de mettre les bouchées doubles pour conclure la série d’interrogatoires dans le scandale MedPoint. A ce stade, très peu de détails sont disponibles quant aux prochaines assignations des représentants au plus haut niveau du ministère des Finances.
Mais les événements survenus en début de la semaine écoulée, soit la déposition de Rashid Beebeejaun consignée à son ministère à l’Hôtel du gouvernement, lundi dernier, au sujet de sa participation au capital de MedPoiint et l’audition d’au moins quatre heures, mardi, de Rajesh Jeetah, au QG de l’ICAC, sont des signes avant-coureurs d’un éventuel interrogatoire de Pravind Jugnauth au sujet du feu vert en date du 23 décembre 2010 pour le Departmental Warrant autorisant le paiement de Rs 144,7 millions au Dr Krishan Malhotra à la veille de l’entrée en vigueur de la Capital Gains Tax, annoncée dans le budget présenté par Pravind Jugnauth en novembre de l’année dernière