Le scandale politico-financier du siècle, avec le rachat de la clinique MedPoint au coût de Rs 144,7 millions, continue à faire des vagues une semaine après la condamnation du leader du MSM et ancien N° 5 du gouvernement de l’Alliance Lepep, Pravind Jugnauth, à douze mois de prison. Ainsi, le Legal Panel renforcé de la défense du Prime Minister-In-Waiting met actuellement la dernière main à la stratégie à être adoptée face au couteau à double tranchant du Community Service Order des magistrats Niroshini Ramsoondar et Azam Neerooa de la Cour intermédiaire. Par ailleurs, le leader du MMM, Paul Bérenger, a été entendu par les limiers du Central CID, hier après-midi au sujet de la campagne d’affiches de l’opposition ayant pour thème « Rendé Mam ! » Dans la matinée, le fils du propriétaire de l’imprimerie ayant réalisé ces affiches, Rudy Poinen, a été interpellé et interrogé depuis hier matin – avec en toile de fond le délit de « False News » – pour avoir fait état de la condamnation de Pravind Jugnauth dans le scandale MedPoint.
Des indications recueillies de sources dignes de foi avancent que les représentants du Probation Service devront prendre contact avec Pravind Jugnauth en vue d’établir les modalités des services communautaires. Ces consultations sont prévues dans les procédures mises en place par la Community Service Act. Ensuite, il est impérieux que l’assentiment du condamné soit obtenu pour commuer la peine d’emprisonnement de douze mois.
Dans l’entourage politique et légal du leader du MSM, l’on s’appesantit sur le fait que Pravind Jugnauth n’a qu’un choix : interjeter appel quant au fond du jugement de la Cour intermédiaire tout en refusant l’option des services communautaires. Lors de ce contact avec les représentants du Probation Service, qui devra intervenir incessamment, l’ancien ministre de la Technologie, de la Communication et de l’Innovation aura l’occasion de faire officiellement comprendre aux autorités compétentes que le Community Service Order n’est pas de mise.
Ce détail devra figurer dans le Probation Report, qui sera soumis aux magistrats de la Cour intermédiaire en prévision de la séance du 16. De leur côté, les hommes de loi de Pravind Jugnauth se penchent sur les Grounds of Appeal pour contester le verdict de culpabilité dans le scandale du siècle.
Un autre développement est intervenu hier dans l’affaire MedPoint. Paul Bérenger a été entendu par le Central CID au sujet des affiches « Rendé Mam » placardées à travers l’île pour réclamer le remboursement des Rs 144,7 millions payées par l’État à la veille de l’entrée en vigueur de la Capital Gains Tax le 1er janvier 2011. Le leader du MMM s’était rendu aux Casernes centrales pour protester contre l’interpellation de l’imprimeur des affiches du MMM et pour dénoncer la politique « dominer » du gouvernement.
Toutefois, vers les 15 h hier, alors qu’il se tenait dans les parages du QG du Central CID, Paul Bérenger a été invité par l’assistant-surintendant de police Hossenbaccus à répondre à des questions sur les affiches en question. Cette enquête porte sur une accusation de « False News ».
« Pou Central CID de Jangi, lafis-la li enn false news. Koumadir zame finn ena scandale du siècle ! Zame fine enan MedPoint ! Zame fine enan Rs 144,7 millions ! Zame fine enan kondanasyon ! C’est le comble du ridicule. Sa osi false news kan ine met coupab ! », a déclaré en substance le leader de l’opposition. Il a égratigné le nouveau commissaire de police, Mario Nobin, avec ce qui se passe au sein de la police.
« Mais la campagne de frayeur et d’intimidation des autorités ne passera pas. Sey fer dimounn per, sa pa pou passe. Tou sa la pou rann kont », a déclaré Paul Bérenger. Il a soutenu que la campagne « Rendé Mam » se poursuivra de plus belle et que le MMM commentera davantage cet épisode du scandale du siècle lors d’un point de presse cet après-midi.