Photo @Chris Ryan

Les armes s’affûtent, les avis divergent, un avenir politique en jeu, des zones d’ombres qui se dessinent autour de certains faits, une institution qui change son fusil d’épaule, la confiance égratignée en les institutions… L’appel du DPP au Privy Council dans l’affaire MedPoint tiendra le pays en haleine aujourd’hui. Zoom sur le point de vue de quelques jeunes.

 

Tania Diolle, Mouvement Patriotique : « Continuer à assurer l’indépendance des institutions »

« En tant que jeune, je trouve que c’est regrettable. Je suis inquiète que nous en soyons-là. C’est une première pour un Premier ministre et cela démontre les symptômes qui reflètent ce que notre classe politique est devenue. Il est temps de reformer nos institutions démocratiques, toutefois, j’ai espoir. Car le fait que le DPP a pu référer le cas au Privy Council démontre qu’il y a une indépendance et démontre aussi que nos institutions fonctionnent. Il faut continuer à assurer l’indépendance de nos institutions. Justice will prevail ! »

 

Kugan Parapen, Rezistans ek Alternativ : « Nos institutions sont dépassées »

« Peu importe le jugement, l’affaire MedPoint reste un des plus gros scandales de ces 15 dernières années. Fondamentalement, cette affaire démontre que nos institutions sont dépassées et que les magouilles à la tête de l’Etat existent toujours, car tout le monde sait que cette affaire est un « deal » taillé sur-mesure pour MedPoint et la famille Jugnauth. Et personne ne doit l’oublier. Même s’il y a un verdict positif, il ne faut pas oublier qu’il y a eu plusieurs zones d’ombres sur les faits. Il y aura de grosses répercussions politiques ».

Jenny Adebiro, MMM : « Cette affaire ne concerne pas que Pravind Jugnauth »

« Nous sommes tous dans une situation d’attente. Cette affaire ne concerne pas uniquement Pravind Jugnauth, mais c’est aussi l’image de notre pays qui est en jeu, car un Premier ministre va être jugé devant le Privy Council. C’est mauvais pour lui. Mais une chose est sure : les Mauriciens pourront le juger suite à cette affaire. Je lance un appel aux jeunes mauriciens et jeunes politiciens d’y réfléchir »

Nicolas Frichot, PTr : « Je pense qu’il remportera son procès »

« Je pense qu’en tant que ministre des Finances, Pravind Jugnauth n’aurait pas dû signer le mémo autorisant l’achat de la clinique MedPoint. Il aurait dû anticiper les risques de conflit d’intérêts, ou ne serait-ce même que la perception de conflit d’intérêts. Néanmoins, et pour être impartial, c’est le Conseil des ministres qui prend la décision s’il faut acheter ou non. En ce sens, je pense qu’il remportera son procès. Le judiciaire pour ma part a fait son travail en toute impartialité et l’action du DPP démontre que même un Premier ministre n’est pas au-dessus de nos lois. Quant à l’ICAC et son changement de position soudain, elle renforce encore plus cette image d’une institution politisée et non indépendante ».

 

Oliver Thomas, jeune entrepreneur : ‘Pravind Jugnauth aurait dû démissionner »

« Pravind Jugnauth ne respecte pas l’aspect éthique, il aurait dû démissionner. Je suis d’avis que c’est déjà perdu d’avance et, malheureusement, il a déjà gagné son coup. Il aura sûrement gain de cause et, au pire des cas, l’affaire sera renvoyée. C’est dommage qu’un homme qui vient dire avoir beaucoup de bons jugements reste au pouvoir tout en ayant une affaire en cour – et ce sont les fonds du peuple qui seront déboursés. Il est clair que nous perdons confiance dans notre leader ».

Giovanni Merle : « Cela ne me surprend pas du tout »

« Cela ne me surprend pas du tout si dans notre propre ambassade à Washington aux USA, les Jugnauth se permettent d’utiliser le sceau du gouvernement de Maurice et leurs signatures suite à des intentions raciste envers moi et, d’ailleurs c’est ce qu’ils font en général depuis longtemps. C’est un abus extrême du pouvoir. »