Le barème de la compensation salariale pour l’année 2014 a été accueilli avec surprise par les représentants des employeurs. « Si la situation économique s’améliore et que les entreprises arrivent à payer les compensations, ce sera très bien mais pour le moment nous craignons qu’il y ait des pertes d’emploi », a déclaré Vincent d’Arifat à l’issue de la réunion tripartite d’hier après-midi. Il a expliqué que la MEF n’est pas contre le fait que les employés se trouvant au bas de l’échelle bénéficient d’une compensation supérieure au taux d’inflation. « Cependant, pour les autres employés, nous avions proposé un taux pondéré qui tient compte de l’inflation et de la productivité. Ce qui nous avait amené à un taux de compensation de 2,8 %. Le gouvernement a décidé autrement. Nous nous interrogeons sur la formule utilisée pour calculer cette compensation. Le taux de compensation proposé et la hausse du seuil de salaire minimum font que le montant de la compensation s’élève à trois fois le montant que nous avions envisagé. Tenant compte des compensations directes et des compensations indirectes, nous estimons que le secteur privé devra trouver jusqu’à 2,6 milliards. Ce qui représente un montant conséquent. Nous sommes en faveur de la création d’une formule de référence qui donnera plus de prévisibilité à la compensation », a estimé Vincent d’Arifat. Le président de la MEF a exprimé des craintes quant à la capacité de certaines entreprises en particulier les petites entreprises à payer une compensation et qu’il y ait des licenciements faute d’avoir les moyens financiers nécessaires pour faire face aux nouvelles obligations. Or, tout le monde sait que les petites et moyennes entreprises (PME) sont les premières victimes de la crise économique et ont des difficultés à être compétitives sur le plan international.
Vincent d’Arifat observe que 390 000 employés sur les 450 000 en âge de travailler bénéficieront d’une full compensation de 3,7 %. Ce qui correspond au taux d’inflation prévu pour l’année 2014. Il considère que ce taux ne laisse aucune marge de manoeuvre aux employeurs et ne tient pas compte du taux de productivité. « Alors que la productivité est estimée à l,6 % comment pouvons-nous nous permettre de payer une compensation de 3,7 % », a-t-il ajouté. « Normalement, les employeurs auraient dû avoir la possibilité de récompenser les travailleurs les plus méritants. Malheureusement, avec le barème proposé par le gouvernement, les travailleurs productifs et ceux qui sont moins productifs sont placés sur un pied d’égalité, ce qui n’encourage pas l’effort », a-t-il dit.
De son côté, le syndicaliste Radhakrishna Sadien, représentant de Confederation of Free Trade Unions, déplore que rien n’a été prévu en termes de compensation pour la fonction publique, même si le ministre des Finances avait un mandat pour ne pas payer les fonctionnaires. « Il aurait pu avoir fait un effort », estime-t-il.
Cependant Radhakrishna Sadien a exprimé son appréciation sur la façon avec laquelle le ministre a dirigé les débats et sa volonté d’arriver à un consensus social. « Souhaitons qu’il ajuste le tir concernant les fonctionnaires lors de la présentation du budget », a-t-il dit.