2013 : l’année du sacre pour Aurélie Allet. Elle s’était emparée de l’or en double mixte du tournoi individuel des 11es championnats d’Afrique juniors de badminton en avril à Alger. Une médaille qui lui donne beaucoup d’espoir pour l’avenir d’une discipline qui cherche à s’affirmer davantage sur la scène continentale. « On s’en tirait toujours avec l’argent et le bronze. Mais depuis 2011 avec Kate (Foo Kune), puis cette année encore, l’or est à notre portée. Cela me fait vraiment plaisir », savoure toujours la badiste.
Le badminton mauricien aura donc relevé le défi chez les jeunes cette année. Mais ce succès revient aussi à Julien Paul, partenaire de double mixte d’Aurélie Allet, ainsi qu’au tandem Aatish Lubah-Julien Paul, médaillé d’or du double hommes, entre autres. Aurélie Allet n’aura toutefois qu’un seul regret, « celui de n’avoir pu jouer le simple dames, Car à l’époque, le coach malaisien (Nantha Kumar Tarbadas) voulait que je me concentre sur les doubles et le mixte. C’était vraiment frustrant car je voulais tellement bien faire en simple pour ma deuxième participation après 2011 où j’avais atteint les quarts de finale. Mais je n’ai pas eu cette chance. »
Toutefois, sa déception est vite oubliée lorsqu’on l’invite à nous parler d’elle-même et de ses débuts dans le giron à l’âge de 8 ans. Elle a toujours pris l’habitude de s’aligner dans des catégories supérieures. Si le fait d’être la fille de l’ancien champion du volant Gilles Allet justifie à plus d’un titre son choix pour ce sport, elle avoue cependant que c’est en accompagnant « papa » au gymnase qu’elle a contracté elle aussi le virus.
« Je l’accompagnais toujours à l’entraînement. Je le regardais taper et parfois entraîner les jeunes et je lui renvoyais le volant. À l’époque, il faisait encore des tournois. Finalement, j’ai voulu qu’il m’apprenne à jouer comme les autres enfants. Papa a toujours été ma source d’inspiration. Et ce désir de devenir à mon tour une joueuse est venu naturellement, en douceur. Les frictions (rires) … Au début on se bagarrait souvent ! Mais au fond de moi, j’étais contente de m’entraîner avec lui. Il m’a initiée jusqu’au l’âge de 11 ans, puis j’ai rejoint les autres », raconte-t-elle un brin nostalgique.
Aujourd’hui âgée de 16 ans, elle côtoie la sélection nationale tout en poursuivant sa progression avec l’équipe juniors. Plus jeune, elle avait toujours eu pour habitude de s’aligner dans des catégories supérieures. En juillet, elle avait crevé l’écran avec l’équipe mauricienne à Mahé qui enlevait six médailles d’or, trois d’argent et quatre de bronze aux Jeux de la Commission des la Jeunesse et des Sports de l’océan Indien (CJSOI). Mais loin de l’étourdir, cette razzia lui fait constater un « manque de d’échanges et de frottements avec le continent afin de progresser davantage. C’est ce qui fait toute la différence comparé à l’Afrique du Sud, par exemple. Et puis, nous sommes limités par le nombre de joueuses en U19. Il y a un grand vide entre les joueuses de ma génération et celles qui sont dans la tranche des plus de 25 ans. Mais en U15, c’est plus rassurant. »
Que faire donc ? « C’est très compliqué… Cela doit venir de soi-même. Vouloir c’est pouvoir. Si on est prêt à renoncer aux plaisirs et à faire passer le badminton avant tout, on peut y arriver. Je me prive moi-même souvent de sorties avec mes amis, préférant m’entraîner pour un but. On doit consentir parfois à de gros sacrifices. Mais c’est un choix de vie. Et quand on a réussi, on n’a aucun regret. »
Si les difficultés sont bien réelles, les revers apparents ne lui font pas baisser les bras. Au contraire. Elle avoue qu’elle n’arrêtera jamais de jouer. « Je ne veux pas arrêter car je n’ai pas envie. Mais si un jour je ne devais plus jouer pour mon pays, je continuerai malgré tout en famille, car j’aurais toujours la passion et le plaisir du jeu. »
Son avenir est donc tout tracé. À elle de le concrétiser. Aussi, ce titre de meilleur espoir sportif féminin qui lui est décerné valorise, dit-elle, « l’effort consenti par bien des jeunes qui, comme moi, ont choisi le sport comme un mode de vie. J’en suis très honorée. Cela me motive pour l’avenir. »