Loin des siens, le sprinter Jonathan Permal a choisi l’exil en poursuivant sa carrière au centre d’entraînement de haut niveau à Kingston, Jamaïque. Et l’avenir lui a donné raison. Sa belle chevauchée aux 100 m, 200 m et 4×100 m fin juillet-début août à Bambous avaient abouti à deux médailles d’argent et une de bronze aux championnats d’Afrique juniors. Et bien plus marquant aura été son passage à Nice aux Jeux de la Francophonie où il a récolté le bronze au 200 m. Symbolisant la relève du sprint mauricien, le jeune den19 ans se dit prêt à relever d’autres défis.
Le sprinter originaire de Bel-Air Rivière Sèche reste l’une des grandes révélations du sprint mauricien, le retrait des héros que furent les Buckland, Milazar, Chimier et Casquette ayant laissé un grand vide… Mais l’espoir semble renaître avec Permal, dont les résultats sont encore aux prémices d’une carrière. Et c’est avec une motivation renouvelée qu’il est retourné à Kingston début octobre pour une deuxième saison dont le point d’orgue sera les Jeux du Commonwealth (23 juillet -3 août 2014 à Glasgow) en passant par les championnats d’Afrique (10-14 août au Maroc).
Avec son coach Patrick Dawson, il espère ainsi titiller pour la première fois un sub 21″  au 200 m, « si tout va bien.» « Depuis mon retour à Kingston, je m’entraîne dur matin et après-midi, sauf les samedis. Mais je sais ce qui m’attends en 2014. Je suis prêt et j’espère me qualifier pour Glasgow (minima 200 m: 20″95)», confie-t-il. Pour les championnats d’Afrique, il fait déjà partie de la présélection et sera à la fois engagé aux 100 et 200 m.  
Avant sa première saison 2012-13 passée en Jamaïque, le sprinter y avait effectué avec succès quatre mois d’essai. Mais à la question pourquoi a-t-il choisi l’exil quand bien même Maurice abrite à travers le Centre d’entraînement de haut niveau de l’IAAF (CIAM) un centre  similaire en sprint placé sous les ordres de Stéphan Buckland lui-même depuis quelques années, il avoue : « On m’a envoyé là-bas et j’ai accepté. » « Mais je trouve que c’est pareil du moment que toutes les facilités sont disponibles, surtout s’agissant des soins et traitements appropriés. »
Revenant sur sa saison 2013, il estime qu’elle « aurait pu être meilleure au plan des performances si Nice ne tombait pas en fin de saison. J’étais un peu fatigué et moins en forme. Mais j’ai quand même atteint l’objectif pour lequel j’avais travaillé, à savoir être médaillé aux championnats d’Afrique juniors et aux Jeux de la Francophonie.» Car pour lui, il s’est passé quelque chose qui ressemble à un déclic en France. « Nice a sonné effectivement comme un déclic dans ma tête. Cette médaille m’a apporté plus de confiance en moi quant à mon avenir.»
C’est donc très déterminé qu’il envisage la suite de sa carrière à Kingston.  Conscient des attentes qui sont désormais placées en lui, il estime être capable de les combler. « Comment je vois l’avenir du sprint mauricien ? Je crois qu’il retrouve un peu sa valeur à l’échelon africain et même plus haut. Mais il faut encore travailler pour le maintenir parmi les meilleurs», fait-il valoir avec sa grande modestie.
Les objectifs chronométriques sont donc déjà fixés pour 2014. Il s’agit pour lui d’aller plus vite que 21″19 au 200 m où il détient la meilleure marque nationale de l’année et au 100m où il vaut mieux que 10″60. « Pour 2014, ma préparation va être aussi orientée sur 400 m afin de m’améliorer au 200 m. Et le plus tôt je m’adapterai au 400 m, le plus vite mes performances seront meilleures au 200 m. C’est ce que mon coach a décidé. J’espère que nous atteindrons ensemble cet objectif »,  
Lancé sur les traces de Stephan Buckland, Jonathan Permal affirme qu’il est sur la bonne voie. Repéré au collège Darwin, Flacq, alors qu’il était en Form II, il a par la suite connu une remarquable progression aux frottements des meilleurs tour à tour lors des Jeux du Commonwealth Jeunes à l’île de Man et aux mondiaux cadets à Lille en 2011, puis en 2012 aux mondiaux juniors à Barcelone et cette année à Nice. Et l’aventure ne fait que commencer.