Même si le Constitution (Amendment) Bill a été voté hier soir à l’unanimité, l’opposition a insisté ardemment que cette législation, favorisant une meilleure représentativité de la femme aux élections régionales, soit étendue aussi aux élections générales. Rejetant la motion proposée par le leader de l’opposition en ce sens, le Premier ministre, à l’heure du summing-up, a expliqué que la réforme du système électoral tiendra compte de l’impératif d’une plus large représentativité féminine au Parlement. « Attendons le rapport Carcassone », a soutenu Navin Ramgoolam.
La nouvelle législation votée hier soir garantit un « minimum number of candidates for election to local authorities to be of a particular sex, with a view to ensuring adequate representation of each sex on a local authority ». À l’heure des débats hier, députés de l’opposition et ceux de la majorité ont reconnu, avec un peu de honte, que le pays est à la traîne, en comparaison avec les pays de la SADC, en ce qu’il s’agit de la représentation des femmes au Parlement ainsi que dans les conseils municipaux et dans les conseils de district. Le Premier ministre, en présentant le projet de loi, a souligné que la participation des femmes en politique est « desperately modest », même si elles ont une contribution remarquable dans d’autres secteurs de la vie du pays. « There is a poor representation of women in local government. We can’t allow this state of affairs to continue », a souligné Navin Ramgoolam. Le Premier ministre soutient que cette nouvelle législation cadre avec la politique de justice sociale du gouvernement et s’aligne aussi sur le concept d’« equal opportunity ». Le chef du gouvernement a qualifié la nouvelle législation votée hier soir de « revolutionary step » par rapport à la présence des femmes en politique et a alors souhaité qu’il n’y ait pas de voix discordante. « We are making history and I don’t expect members of opposition to stop march of history. C’est une opportunité pour avoir plus de femmes en politique active. Il n’y a aucune raison pour que les partis politiques ne votent pas ce projet de loi », a déclaré Navin Ramgoolam.
L’opposition n’a pas manqué de souligner la contribution du MMM, depuis sa naissance en 1969, dans le combat pour le respect et la reconnaissance des droits de la femme, en rappelant les différentes décisions majeures prises par le parti dans divers domaines durant ces quarante dernières années. Si elle n’a aucune gêne, dit-elle, à voter ce projet de loi, puisqu’il s’agit d’une mesure de « discrimination positive » en faveur de la femme, l’opposition a déploré hier que la nouvelle législation ne couvre uniquement que les collectivités locales. « We have no problem to go along with this amendment but positive discrimination should be both in local elections and in general elections. If we really want to make history, why not extend the amendment to the general elections. Je ne vois pas pourquoi ce qui est bon pour les élections régionales ne le serait pas dans le cas d’élections générales », s’est demandé le leader de l’opposition, qui a alors proposé une motion pour un amendement au projet de loi. « Instead of taking a little step, we have the opportunity all together to make a huge step. » Paul Bérenger a alors demandé un vote sur sa motion, en ne manquant pas d’ajouter : « L’histoire jugera. »