Le procès qui a été instruit contre l’imam Moossa Beeharry, pour blanchiment d’argent, a été entendu hier en cour criminelle intermédiaire présidée par le magistrat Vijay Appadoo. Poursuivi sous huit chefs d’accusation, l’homme religieux a plaidé coupable sur toute la ligne. Le magistrat se prononcera sur la sentence à être infligée mardi prochain.
L’acte d’accusation présente les délits pour lesquels l’accusé a été poursuivi : 1) il avait en sa possession en janvier 2011 alors qu’il se trouvait à l’aéroport SSR 12 000 euros et était en partance pour l’étranger ; 2) en janvier 2012, il a été interpellé dans les mêmes lieux, toujours en possession de 12 000 euros ; 3) le mois suivant soit en février 2012, il voulait quitter le territoire avec sur lui 15 000 euros ; 4) en mai 2012, il voulait apporter avec lui une autre somme de 15 000 euros. Pour ces quatre premiers délits, l’accusé a indiqué en cour que les 54 000 euros lui ont été donnés par Ashish Dayal, qui était alors le chauffeur de Gro Derek, pour qu’il remette l’argent à des personnes se trouvant alors à Dubayy. Pour les autres délits, il aurait reçu en quatre fois la somme totale de Rs 690 000.
C’est suite à des allégations faites par le dénommé Seewoosing Dayal que la police a su que l’accusé était mêlé au réseau de Gro Derek. Le premier nommé avait dit à la police qu’il a remis de l’argent à un certain Rashid afin d’effectuer le paiement de la drogue importée de l’Afrique. L’argent était destiné à des proches de Seewoosing Dayal à Dubayy, a précisé l’imam qui a ajouté qu’il avait l’habitude d’effectuer des voyages d’affaires à Dubayy, en Arabie Saoudite et en Inde.
D’autres témoins ont été entendus hier lors du procès. Il y a eu entre autres le sergent Ismaël, de l’ADSU, qui a produit, outre celle de l’imam, les dépositions de Arjun et de James, deux personnes qui purgent actuellement des peines de prison à Beau-Bassin.
Me Siddarth Hawoldar, avocat assurant la défense de l’accusé, a fait ressortir dans sa plaidoirie, que son client a joué un rôle « très minime » dans cette affaire, ajoutant que l’imam a toujours des responsabilités familiales et professionnelles. Moussa Beeharry a lui-même, du banc des accusés, présenté ses excuses pour ce qu’il a fait. Selon ses dires l’on s’est servi de lui pour qu’il aille remettre de l’argent à des personnes ; « Mo ti krwar ki larzan la ti pou servi pou dimounn malad. Mo pa ti kone ki sa kas la ti pou Gro Derek pou ki li fer sa bann travay la », a-t-il déclaré.
La poursuite était représentée par Me Denis Mootoo, Acting Senior Assistant Director of Public Prosecutions.