Carina Gounden est la plus jeune membre de la Plateforme Sov Nu Falaise qui lutte pour contrer le projet de morcellement résidentiel, Le Domaine de Gris Gris. Cette femme de 22 ans apporte ainsi son soutien en vue de sauvegarder le sentier menant à la Roche-qui-Pleure. Rencontre avec une militante qui a su dépasser sa timidité pour sensibiliser les autres à cette cause.
Son engagement dans le combat que mène la Plateforme Sov Nu Falaise pour protéger le sentier conduisant à la Roche qui Pleure s’est fait « tout naturellement ». Au début Carina Gounden, ancienne élève du Collège Dr Maurice Curé, aidait à travers sa plume. Cette jeune femme, qui souhaite devenir enseignante, a ainsi fait passer des « messages de motivation » afin de « soulever les troupes ».
Petit à petit, Carina Gounden propose aussi des photos et vidéos pour mieux expliquer au public les « conséquences » qu’aurait le projet de morcellement résidentiel, Le Domaine de Gris Gris, dans la région. Plutôt timide et réservée, la jeune femme a su se dépasser pour sensibiliser les autres à la cause qu’elle défend. Outre sa participation à la marche de protestation de la Plateforme Sov Nu Falaise le dimanche 3 juin à Gris-Gris, elle est aussi présente aux différents meetings du mouvement. Elle n’hésite d’ailleurs pas à aller vers les gens pour les inciter à la découverte des lieux, dont Bain-des-Négresses.
« Les Mauriciens doivent être conscients de ce que représente cette partie de l’île », soutient Carina Gounden qui a grandi à Souillac. Et d’ajouter : « Mes racines sont là. Quand on touche à Gris-Gris, c’est à moi qu’on s’attaque. » La militante s’élève ainsi contre la manière de procéder de Sagiterra, promoteur du projet Le Domaine de Gris Gris.
« Que le promoteur construise sur ses terres me convient, mais pas qu’on nous enlève, à nous habitants de Souillac et de Maurice, un accès libre dont nous jouissons depuis plus de 100 ans pour qu’une petite poignée de nouveaux résidents puissent en bénéficier. C’est un manque de respect à notre égard », affirme Carina Gounden. Elle demande ainsi au promoteur de « respecter les droits des citoyens ».
La jeune femme, qui dit avoir été bien accueillie par les autres membres de la Plateforme Sov Nu Falaise, lance aussi un appel aux jeunes à se joindre au mouvement. « Certains sont intéressés mais hésitent à s’engager. C’est dommage », déplore-t-elle.
Carina Gounden a suivi durant deux ans des études de droit à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Elle a ensuite entamé une licence de lettres modernes parcours français langue étrangère et seconde à l’Université de Cergy Pontoise. Elle compte poursuivre avec un Master en recherche « littérature du monde francophone », puis un doctorat.