La récente décision du comité directeur de la Fédération mauricienne de cyclisme (FMC) de coopter des représentants de chaque club donne lieu à une polémique, même si personne ne s’est officiellement prononcé pour ou contre. Mais, déjà, les bruits laissent entendre que la réaction des clubs n’est pas celle escomptée, le droit de vote des membres cooptés faisant débat. Si la FMC ne se prononce pas, du moins pour l’instant, les clubs accueillent cette décision avec une pincée de sel.
« Le seul problème, c’est le droit de vote », laisse entendre un membre d’un club en vue. Comment ? Il faut savoir que les membres cooptés d’une fédération ne peuvent participer à aucun vote, quel qu’il soit. D’où la sourde colère parmi les clubs. « En fait, cela ne sert à rien de nous demander de venir, de proposer des idées, mais après, au moment du vote, d’être exclus de l’exercice », souligne-t-on du côté d’un autre club.
Pourtant, l’exercice partait d’un bon sentiment. Lors d’une conférence de presse qui se voulait avant tout un exercice de communication, le président de la FMC, Hervé Flore, avait annoncé cette décision en appelant de tous ses voeux une réunification du cyclisme. « Nous espérons que cela aplanira les choses. Nous invitons tout le monde à venir nous donner un coup de main », avait-il déclaré.
Mais plus que cette simple demande, certains voient là un moyen de rassembler tout le cyclisme local. Mais les interrogations ne cessent de pleuvoir. « L’exemple est simple. Si le comité prend des décisions controversables, tous les membres, cooptés ou non, vont casquer. Ce sera difficile à expliquer », explique un autre dirigeant.
D’autant que d’autres questions sont posées quant au timing de la décision. Si la Sports Act a été promulguée en janvier 2014, comment la FMC s’est-elle permise d’attendre plus d’un an pour se mettre au diapason de la loi sportive ? « C’est la question que l’on se pose. Pourquoi tout ce temps ? Pourquoi ne pas l’avoir fait avant ? »
Selon la FMC, un seul des cinq clubs non représentés a déclaré de manière officielle qu’il déléguerait son représentant. « C’est déjà un premier pas dans la bonne direction ». Similairement, un seul club a répondu négativement à la demande de la fédération. « Nous avons bien reçu le courrier », fait-on ressortir du côté de la FMC. Ainsi, seul le Goodlands Cycling Club a répondu favorablement, les autres ayant refusé ou n’ayant pas encore communiqué leur décision.
Mais d’autres personnes vont plus loin dans leur analyse de la situation. Déjà, la cooptation des membres ne veut pas dire que tout va changer du jour au lendemain. « En fait, c’est tout un système à revoir. Il y a un comité des sages qui sera mis sur pied. Nous souhaitons voir quelles seront les recommandations et la méthode de travail du comité pour nous prononcer ».
De plus, ce dirigeant argue que les critiques ne sont pas forcément pour détruire. « Il y a toujours deux façons de voir le même problème », rappelle-t-il.
D’ailleurs, il y a une chose que tout le monde reconnaît. Le microcosme local a longtemps été la théâtre de toutes sortes de critiques, sans qu’aucune action concrète ne soit jamais réalisée. « Tout le monde le sait. Il y a plein de choses à faire, mais on passe plus de temps à se taper dessus et à défendre sa montagne. Est-ce une aussi bonne chose finalement ? » s’interroge encore un autre responsable de club.
En outre, il est souvent reproché à la FMC son manque de communication. « C’est aussi un problème. C’est une des solutions urgentes à trouver ». La cooptation des membres pourrait justement être un pas dans cette direction. « Ce n’est pas faux. Mais il faut avant tout savoir si c’est la bonne solution », conclut-il.