Partout à travers le monde, l’hippisme est en arrêt. L’Île Maurice n’échappe pas à cette règle et il est vrai de dire que l’heure est grave et sans précédent pour notre île. Couvre-feu et Coronavirus obligent, la saison hippique 2020 est plus que jamais compromise et ne devrait pas reprendre de sitôt. Malgré tout, plusieurs acteurs de cette industrie sont au four et au moulin pour que les chevaux continuent à travailler que ce soit à Floréal ou à Port-Louis. Oui, beaucoup pensent que c’est risquant, et ce, à juste titre d’ailleurs, mais la réalité est différente et bien loin de ce que nous pouvons penser. Il ne faut guère se ruer à des conclusions hâtives et bien comprendre la situation. Les chevaux sont des athlètes et ils étaient arrivés à un stade dans leur préparation où ils étaient fin prêts à reprendre la compétition. Dans cette optique Le Mauricien a posé quelques questions à Ravi Rawa, assistant entraîneur au sein de l’établissement Shirish Narang.

Avant de venir aux déclarations de l’assistant entraîneur, il serait bon de bien de faire aussi ressortir que quand un sportif se prépare pour une compétition, cela ne se fait pas en quelques jours. Une course ne se gagne pas en un jour et une saison se prépare en plusieurs étapes. La campagne 2020, qui devait débuter le 21 mars dernier, a été repoussée à maintes reprises et beaucoup sont dans le flou total, la faute, à la pandémie du Coronavirus qui touche plusieurs pays du monde et qui a fait plusieurs morts. Ravi Rawa, ancien cavalier, et qui agit actuellement comme assistant entraîneur chez Shirish Narang après avoir exercé chez Vincent Allet et comme starter dans le passé, nous a expliqué la situation actuelle. Pour lui, plus que jamais, la solidarité doit être le maître mot et les chevaux doivent travailler pour diminuer les risques. Pour rappel, depuis la semaine dernière, l’entraînement a repris à Port-Louis. Beaucoup de turfistes et de track-riders, n’ont pas compris le pourquoi de cette décision. Pourtant elle est dans l’ordre des choses.

* Ravi Rawa vous êtes dans le circuit hippique depuis plusieurs années et vous êtes associés à l’entraînement Shirish Narang. Comment gérez-vous la situation au sein de cet établissement ?

— C’est une situation sans précédent. On doit bien là gérer et ne pas faire n’importe quoi. La panique n’a pas sa place en cette période. Plus que jamais, nous devons redoubler d’effort et donner du nôtre. C’est un team-work. Beaucoup sont dans le flou et ne savent pas quoi faire, mais nous devons rester solidaires.

* Beaucoup ne comprennent pas pourquoi on doit faire travailler les chevaux. Pouvez-vous être plus clair à ce sujet ?

— Vous savez qu’un cheval est un athlète. Il faut bien comprendre qu’on pensait que la saison débuterait la semaine dernière, que les compétiteurs ont été préparés en conséquence et certains étaient prêts pour courir depuis plusieurs semaines. C’est difficile de tout arrêter en un clic. Ou koner, souval la li pas koner kifer li pas pe galouper. Aussi, comme tout sportif, le cheval est traité en conséquence et il nous est impossible de faire marche arrière rapidement. Un cheval mange des aliments spéciaux à l’approche d’une compétition et doit s’exercer pour dépenser son énergie. Sinon, il y aura des risques de blessures. Vous savez, j’ai ma famille et je dois partir au travail quotidiennement. Tout cela, à mes risques et périls. Il faut bien comprendre qu’on n’a pas le choix.

* Peut-on savoir si vous disposez de la main-d’œuvre nécessaire en cette période difficile ?

— Ce n’est pas facile. L’association des entraîneurs et le MTC ont pris la bonne décision de formuler une demande pour un permis spécial à la police. Toutefois, avoir suffisamment de palefreniers pour faire le travail n’est pas chose aisée. Ils habitent dans tous les coins de l’île et, avec le couvre-feu il n’est pas évident qu’ils puissent obtenir un moyen de transport. Nous, entraîneurs et assistants entraîneurs, devons mettre la main à la pâte. On a pris toutes les dispositions nécessaires pour assurer le maximum de protection. C’est la raison pour laquelle j’ai pris la décision de faire diffuser des vidéos pour que les proches des palefreniers et track riders soient quelque part rassurés. Toutefois, si quelqu’un ne peut ou ne veut pas venir travailler, on ne peut le forcer. On comprend que la situation ne s’y prête pas.

Brandon Louis en action aujourd’hui

La réunion prévue sur l’hippodrome tasmanien de Launceston, mercredi dernier, n’a pu avoir lieu. Toutefois, elle a été repoussée à aujourd’hui (samedi) et le Mauricien Brandon Louis sera en principe en selle à l’occasion. Notre compatriote nous rappelle qu’il a aussi été sollicité pour être en action demain (dimanche) sur l’hippodrome de Hobart, toujours en Tasmanie.