Après avoir, le 15 mai à la State House, déclaré qu’il n’est pas d’accord avec la manière de faire de Xavier Duval avec sa campagne «c’est nous»autour du tourisme et de la zone franche et opposé un non catégorique aux 5% préconisés par le PMSD et invité même ceux qui ne sont pas d’accord avec ses propositions à «al rod enn poto pou anpadan», le Premier ministre a, cette semaine, sur un ton plutôt équivoque, affirmé qu’«il n’y a pas de guerre»entre lui et le PMSD. C’était mercredi dernier lors d’un échange avec la presse après l’inauguration de la ferme photovoltaïque de la famille du transfuge Jim Seetaram à Bambous.
Si, selon les dires de Navin Ramgoolam, il n’y a apparemment pas de problème entre les deux partenaires de l’alliance gouvernementale, la guerre des mots, elle, ne fait que s’amplifier entre, d’une part, le ministre Shakeel Mohamed et la nouvelle directrice de communication des bleus, Aurore Perraud, et, de l’autre, entre Xavier Duval et sa colistière, la présidente de l’aile jeune du PTr, Nita Deerpalsing, qui a sorti l’artillerie lourde vendredi contre les bleus dans le Mauritius Times.
Ce qu’a dit Nita Deerpalsing est dans un registre autrement plus frontal et violent que la passe d’armes, déjà bien tendue entre le ministre Shakeel Mohamed et Aurore Perraud depuis le week-end dernier. Dans cette interview au Mauritius Times, elle s’en prend très sévèrement au PMSD et sa campagne «idiotic» «c’est nous», à son leader, Xavier Duval, et à Aurore Perraud. Évoquant la campagne «c’est nous»qui avait précédé le congrès annuel des bleus du 18 mai, Nita Deerpalsing déclare dans la dernière édition du Mauritius Timesdu vendredi 30 mai que «what baffles me though, is that the PMSD seems unable to see that the ‘résultats’ of their puerile communication is that my good friend Xavier is being undermined in Quatre Bornes. The more Aurore lashes at Shakeel regarding the issues on which the latter is, in fact, fundamentally right, the more she alienates an important section of the electorale that gets Xavier the votes he needs to be in Parliament».
Allant plus loin dans ses critiques des méthodes du partenaire du PTr au sein du gouvernement, la présidente de l’aile jeune des rouges a eu ceci à declarer : «( ) and the more they went on about on that idiotic ‘c’est nous’ slogan, the more they provoked and irritated core staple voteswithout which Xavier cannot get elected». Et de révéler qu’il y a eu un movement au sein du N°18 pour riposter à la campagne du PMSD. «You know when these ‘c’est nous’ banners came out, I was swamped with phone messages and calls from people in my constituency. They were ready to pay for, and place banners like ‘enveloper nou pa oule, c’est nous». Others in vieux Quatre Bornes told me they were going to hold a press conference to say ‘l’exode de l’élite créole, c’est nous». I had to use persuasion, coercion and when even that didn’t seem to work, I had to put my foot down firmly to prevent people from going ahead with those kinds of base reactions !»
Le «fusil-delo» d’AurorePerraud
Concernant la situation à Belle Rose/Quatre Bornes, Nita Deerpalsing dira aussi que «those who are sur le terrain in Quatre Bornes can see how the actions are backfiring on Xavier. I suppose those who are sitting in the PMSD press conferences are unable to ‘constater’ just how much harm they are doing to their own leader». Concernant les sorties récentes de la nouvelle directrice de communication du PMSD, Aurore Perraud, sa collègue du PTr n’y va pas de main morte non plus.«What Auyrore says has absolutely no impact on the Prime Minister’s intention, actions and strategyto resolutely take our nation forward. I may not always agree with Aurore on ideas, but as a person, she’s a fine human being. However, I tend to think she’s being ill-advised in her new communication role. Some friends at my Sunday afternoon tea party opined that she’s coming across like a kid who’s been given a fusil-deloand is going around all trigger-happy».
Même réplique cinglante aux critiques d’Aurore Perraud sur la discrimination qui écarterait certains des postes dans la fonction publique : «I heard Mrs Perraud’s comments which she didn’t have the courage to substantiate regarding the public sector. Does she know that Navin Ramgoolam as PM had a Commissionner of Police by the name of Mr Feillafé ? And that the Head of civil service was Mr Yat Sin ? I need not go on about the various posts that women occupy today out of merit in the civil service and the judiciary. Can Mrs Perraud say the same about meritocracy for women in the private sector ? Where are the women CEO’s of the private sector in Mauritius ? Where are the women senior managers and board directors ? As a woman, does Mrs Perraud feel concerned about the persistent ‘invisibility’ of women in decision-making posts in the private sector ?»
Loin de se laisser démonter, Aurore Perraud a réagihier dans les colonnes du Défi-Plusen révélant avoir été l’objet d’une tentative de débauche de la part du PTr au début de l’année alors que des pourparlers étaient en cours entre les bleus et l’opposition alors unie autour du MMM et du MSM. Elle n’est pas non plus revenue sur ses propos concernant le recrutement dans le service civil et les organismes parapublics et a affirmé que«je suis triste pour le pays que la vérité fâche. Les problèmes de recrutement au sein de la fonction publique et de l’aéroport sont un fait. Au lieu de trouver des solutions à ces problèmes, on préfère se vexer. Mes propos sur le recrutement au sein de ces institutions sont partagés par des membres du public. Je me dois de soulever tous ces problèmes pendant que je suis au gouvernement».
«Une attaque contre le PM»
Lors d’une rencontre avec la presse mardi dès son retour de mission au Ghana où elle avait accompagné son leader qui, lui, a préféré poursuivre la route jusqu’à Monaco où se tenait le Grand Prix de F1, elle a sévèrementréagi aux propos du ministre du Travail sur le Youth Empowerment Programme. «Les propos du Junior Minister qu’est Shakeel Mohamed contre le YEP représentent une attaque contre le Premier ministre en personne. Le ministre critique le YEP, qui tombe sous leministère des Finances et qui est une mesure budgétaire valant Rs 330 millions a été approuvée par le Conseil des ministres et le Parlement. C’est grave. Il est en train de bafouer la solidarité et la responsabilité collective en agissant ainsi et en s’attaquant à l’autorité du PM.» «Sa proze la pe fer ban zalou», a-t-elle constaté.
Dans une ultime pique à son collègue Shakeel Mohamed sur sur le chômage des jeunes, elle a eu ceci à dire : « Nek pé stamp carte, san zamé koné kot éna travay ! »Le ministre qui, lui non plus, n’a pas sa langue dans sa poche a, dans un entretien à l’hebdomadaire Weeklycette semaine, traité les propos de Mme Perraud sur le recrutement dans la fonction publique de«ill-conceived, wrongly-inspired and despicable». Et le Premier ministre qui dit qu’il n’y a pas de guerre avec le PMSD! Quand faut-il le prendre au mot ? Lorsqu’il dit «mo pa dakor ar li»mais «péna la guerre»ou lorsqu’il laisse entendre qu’il «sembleraitque l’on soit partenaire, il fallait peut-être ajouter «encore partenaire». Jusqu’à quand?