Avec la baisse continue du prix du sucre et l’abandon des champs par les planteurs, Lalit prône une diversification agricole pour répondre aux défis de la crise alimentaire, pour créer des emplois stables et durables. Dans une lettre adressée au ministre des Finances et du Développement économique, Vishnu Lutchmeenaraidoo, hier matin, dans le cadre de la préparation du budget 2015, le parti fait une série de propositions dans ce sens.
Dans sa lettre, dont une copie a été envoyée à la presse et au ministre de l’Agro-industrie Mahen Seeruttun, Lalit rappelle que le 16 avril 2008, dans un contexte de crise alimentaire internationale aiguë, il avait envoyé un dossier volumineux au ministre des Finances d’alors concernant des mesures qui pouvaient être prises pour la diversification de l’agriculture et le développement de la production alimentaire. Cependant, il constate qu’il n’y a eu aucune suite. « Instead the then government plunged deeper into allocating resources to transform the sugar industry into a “cane industry”, with massive job destruction », poursuit-il. À cette époque, affirme Lalit, « we argued that the sugar/cane industry did not have much of a future, with the price of sugar on a slippery slope, hence the need to consider diversifying agriculture ». Effectivement, constate-t-il, le prix du sucre à continuer à dégringoler, poussant les planteurs à abandonner leurs champs sans qu’aucun plan stratégique pour le développement des cultures alternatives ne soit mis en place. Actuellement, le gouvernement se trouve dans une position où il doit subventionner les plantations à hauteur de Rs 200 millions par an, une ressource qui devrait être affectée à une culture alternative, à la transformation et à la préservation des produits alimentaires et au développement d’une industrie de la pêche durable.
Par conséquent, Lalit suggère qu’une attention particulière soit accordée aux développements des secteurs qui créeront des emplois stables à grande échelle. Il propose qu’un soutien financier et logistique soit accordé à ceux engagés dans les cultures vivrières, l’élevage et la pêche industrielle ; que l’Université de Maurice (UoM) organise des colloques et des conférences pour une intégration du savoir-faire traditionnel à l’agriculture scientifique moderne ; que des industries de transformation et de préservation des produits alimentaires soient créées à la fois pour la consommation locale et pour l’exportation ; et que des ressources adéquates soient allouées pour la recherche des marchés potentiels à l’exportation et la promotion de ces produits. Cette production locale favorisera aussi la stabilisation des prix, selon Lalit.
Pour répondre à ces propositions, Lalit recommande que le gouvernement vienne de l’avant avec une loi dont le but serait de garantir suffisamment de terres pour permettre le développement du secteur de la production alimentaire et de l’élevage d’animaux qui est appelé à croître. Il propose aussi que le gouvernement prévoie des ressources en vue d’encourager la création des coopératives.
Avec toutes ces propositions, Lalit estime que « if integrated into the economic development agenda, could create stable employment, assure food security in the long term, decrease dependance on sugar which has very limited viability ». Il souhaite que le ministre des Finances les prenne en considération lorsqu’il préparera le budget.