Dans un mémoire soumis au vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, la Confédération des travailleurs du secteur privé réclame une compensation salariale minimum de Rs 500 à tous ceux touchant un salaire mensuel de moins de Rs 8 000. La fédération syndicale s’est appuyée sur un Price Survey qu’elle a effectué pour déterminer ce montant. La CTSP réclame aussi le contrôle des prix.
Selon le Price Survey de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), « l’augmentation réelle » des prix des aliments de base de janvier à avril 2012 est de Rs 592 et d’avril à juillet 2012 de Rs 288. Dans le cadre de ce sondage sur les prix, 100 travailleurs manuels, membres de la confédération, ont été interviewés sur leur mode de consommation. « Dans ce panier, nous n’avons inclus que la quantité d’aliments de base nécessaire à une famille de deux adultes et deux enfants pour ne pas souffrir de malnutrition », peut-on lire dans le mémoire.
« C’est un fait aveuglant que le taux de compensation que votre ministère se propose d’accorder en fonction du taux d’inflation de 4,3 % comme l’estime Statistics Mauritius, est loin de refléter l’augmentation réelle du coût de la vie des familles mauriciennes ! » indique la CTSP.
La fédération syndicale précise n’avoir pas inclus dans ses calculs les « non-consumables », comme le service de la dette, les honoraires professionnels (médecin, avocats, etc…), le transport, le coût des activités de loisir et les obligations religieuses. « Si nous prenons tout cela en considération, la perte du pouvoir d’achat aurait été beaucoup plus élevée », observe-t-elle.
La CTSP exhorte par conséquent le gouvernement à introduire des « mesures réelles » de contrôle de prix abusif des aliments et produits de base. « Cela fait des décennies que les syndicats et les organisations de défense des consommateurs réclament que les prix des aliments et des commodités de base soient fixés et contrôlés. Mais c’est sans surprise que tous les gouvernements qui se sont succédé ont résisté avec véhémence à cette logique de contrôle des prix qu’ils considèrent comme étant archaïque et rétrograde, car ils sont tous des défenseurs des politiques économiques néolibérales », précise-t-elle.
La centrale syndicale dénonce par ailleurs les « fausses » promotions, « le cartel » des grandes surfaces et des détaillants ainsi que la transformation et le ré-emballage de certains produits (frais et frigorifiés) en vue de les revendre plus cher.
« Le gouvernement doit se persuader que le contrôle des prix est une nécessité si nous ne voulons pas de spirale inflationniste qui contribue maintenant depuis des années à l’endettement des foyers », exhorte la CTSP.
Par ailleurs, si d’une part les fonctionnaires bénéficient, selon la CTSP, d’une révision salariale régulière à travers le Pay Research Bureau (PRB) pour rattraper la perte accumulée de leur pouvoir d’achat des cinq dernières années, les travailleurs du secteur privé, eux, devront se contenter comme d’habitude de l’appel du gouvernement à leurs patrons, demandant « à ceux qui peuvent payer plus de payer ».
« Les entreprises qui peuvent payer plus doivent payer, mais cela ne peut être un appel à la charité », explique la fédération syndicale.
Dans ce contexte, la CTSP exhorte le gouvernement à introduire un « Profit Sharing Scheme », un minimum de 3 % des profits nets à être distribués à tous les travailleurs afin d’assurer un partage équitable des richesses que les travailleurs ont créées par leur travail.