La réplique de quelques habitations de Trou-Chenille sur la plage du Morne ouverte entre le 1er et le 10 février a accueilli 7 000 visiteurs, à raison d’une moyenne de 700 par jour et surtout des élèves du secondaire. C’est ce qu’a indiqué au Mauricien, le président du Morne Heritage Trust Fund Edley Chimon.
Selon Edley Chimon, le projet a eu un vif succès auprès des Mauriciens et des touristes. Le président du Morne Heritage Trust Fund (MHTF) souligne l’intention de l’organisme de mettre en place une structure permanente pour conter ce village jadis berceau des esclaves et ce, dès que le litige opposant l’État et une société privée concernant les terres autour du Morne soit résolu. Ce sera un des premiers projets qui sera développé, fait-il ressortir en précisant que le but est de créer un parcours culturel au Morne.
« Nous avons accueilli beaucoup de touristes durant ces dix jours. Nous avons discuté avec le ministère du Tourisme et c’est un projet qui pourrait s’inscrire dans le cadre de la promotion du tourisme culturel à Maurice », ajoute Edley Chimon. En attendant, poursuit-il, une galerie sera créée dans le bâtiment abritant les bureaux du MHTF qui se trouve dans le village du Morne, indique-t-il. Ainsi, tous ceux qui s’intéressent à ce patrimoine pourront visiter les objets trouvés lors des fouilles, tous les documents sur la vie des gens de ces lieux et les objets qu’ils utilisaient. Ce sera comme un mini-musée, avance notre interlocuteur.
La réplique de quelques habitations de Trou-Chenille avec pour but de faire vivre letan lontan aux visiteurs ou du moins qu’ils aient un aperçu de la manière dont vivaient les habitants de cette époque avec leurs valeurs, traditions et activités économiques. Pendant ces dix jours, les visiteurs ont eu l’occasion de suivre un parcours pédagogique et culturel. Au village reconstitué, ils ont eu l’occasion de voir des cartes indiquant la situation géographique de Trou-Chenille et du Morne, deux arbres généalogiques des familles Verloppe et Auguste qui ont pu jusqu’à une certaine mesure reconstituée le leur, une exposition archéologique montrant des boutons de nacres utilisés à l’époque, des bouteilles ou encore des pièces de monnaie. La tradition notamment médicinale était mise en exergue par le biais de la reconstitution d’une maison du guérisseur et d’un parterre de plantes qui a le pouvoir de guérir nombre de maux.
Le visiteur a aussi pu se familiariser avec les matériaux de construction de ces maisons de l’époque : bois d’oiseau, d’acacia et aloès. Les objets dont ils servaient : le moulin à maïs connu comme janta par les Mauriciens d’origine indienne ; le pilon et mortier pour piler le Café de Chamarel ; le four en tôle posé sur un réchaud ; le katiyya, un lit en bois avec un matelas de paille.
Pour rendre le village vivant, les femmes de la localité converties en guide le temps des visites étaient habillées en costume d’époque. Des hommes, pêcheurs pour la plupart donnaient quant à eux une démonstration de la fabrication des casiers. Même un parc à cochon avait été aménagé avec un cochon rose fouinant à l’intérieur. Le village a fermé ses portes dimanche en fin d’après-midi.